Incendie.
Jusqu’à présent, les enquêteurs n’ont pas réussi à trouver
le moindre indice permettant d’établir les causes du
sinistre.
L’enquête au point mort
Un
court-circuit électrique ? une cigarette mal éteinte ? Les
travaux de réaménagement ? Ou un acte criminel ? Telles sont
les questions que se pose l’opinion publique au sujet de cet
incendie qui a ravagé le maglis al-choura. Quatre scénarios
donc qu’envisagent les enquêteurs lancés sur une piste des
plus compliquées. L’Egypte a connu de nombreux incendies
d’édifices historiques ou autres dont on n’a pas pu établir
la cause. Pour le Sénat situé au centre-ville du Caire et au
beau milieu d’autres édifices non moins importants comme
l’Assemblée du peuple, les questions sont plus insistantes.
Jusqu’à présent aucune piste ne semble valable et les
déclarations des responsables privilégient la thèse
accidentelle d’un court-circuit électrique. Une explication
présentée d’ailleurs avant même que l’incendie ne soit
maîtrisé. Alors que les forces de la défense civile dont
dépendent les pompiers étaient en pleine action tentant de
combattre le feu, des responsables auprès du ministère de
l’Intérieur se sont empressés d’affirmer que l’incendie est
dû à un court-circuit et ont nié complètement la possibilité
d’une autre hypothèse.
Une semaine après, le rapport du service des investigations
criminelles n’est pas encore publié ou même élaboré ? Cela
dit, le procureur général Abdel-Méguid Mahmoud a demandé la
création d’un comité présidé par le vice-secrétaire général
du Conseil consultatif et du Parlement afin de délimiter les
dégâts, surtout après les rumeurs selon lesquelles des
documents historiques importants ont été détruits par le feu
(lire page 5).
Une des premières personnes interrogées était Aya Ahmad
Youssef, directrice du secteur technique du Parlement,
entendue à titre de consultation. Elle révèle que malgré
l’importance des deux bâtiments abritant les deux
assemblées, il n’y a qu’un seul réseau d’alerte pour les
incendies et des appareils d’extinction manuels. Elle a
ajouté qu’il n’existe pas de système de pré-alerte qui
travaille automatiquement lors d’un incendie. Et comme il
est de coutume dans l’administration, elle a jeté la
responsabilité de défaillance de ce système sur un autre
secteur qui est la commission de défense civile s’occupant
des deux assemblées. Elle ajoute que les grands travaux de
réaménagement, comme l’installation des climatiseurs ou des
ascenseurs ou appareils d’alerte, n’ont rien à voir avec son
département chargé des seuls travaux manuels. Elle explique
que les grands travaux sont attribués à d’importantes
compagnies et qu’ils sont effectués toujours pendant les
vacances de la session parlementaire, c’est-à-dire en
juillet et en août.
En quoi ces travaux auraient-ils un lien avec l’incendie ?
Certains se déroulaient justement juste au troisième étage
d’où les premières flammes sont parties. Il s’agissait
d’installer une nouvelle moquette ? Quant aux travaux de
peinture, ils avaient lieu au rez-de-chaussée. De quoi
écarter la possibilité d’un début d’incendie à cause de ces
activités.
Les enquêteurs se sont ensuite adressés à Kamaleddine Adham,
directeur du secteur technique du maglis al-choura. Il a nié
sa responsabilité quant à l’absence d’un système
d’extinction automatique dans le bâtiment affirmant que cela
dépend d’un consultant technique délégué de l’Université du
Caire, Ahmad Chaker. C’est à lui de prendre la décision de
demander l’installation d’un tel système. « D’après moi, il
était difficile tout de même de le faire, car ces appareils
coûtent très cher surtout à cause de la grandeur du bâtiment
», se défend Kamal. Cela dit, ce système est installé
uniquement déjà dans la salle principale de l’Assemblée où
se déroulent les sessions et dans le centre d’informations
seulement. Sur la question de savoir si les appareils
d’alerte fonctionnent ou pas, il a répondu : « Ce n’est pas
ma responsabilité. C’est le travail du département de la
défense civile des assemblés de s’occuper de ces appareils
et d’avertir la compagnie responsable en cas de panne ».
Kamal a nié aussi durant les enquêtes la possibilité que
l’incendie soit dû à une cigarette jetée par les ouvriers,
car c’est interdit de fumer dans les bâtiments. Pour lui,
l’intensité de l’incendie est dû au fait que les plafonds et
le sol sont tous en bois.
A présent, les enquêteurs interrogent les fonctionnaires
présents au moment de l’incendie. Tout se passe très
lentement et on n’a pas l’impression qu’il y a la moindre
avancée. De toute façon, le fait que le bâtiment menace de
s’effondrer à tout instant retarde les investigations et
surtout le fait de retrouver des indices matériels pouvant
déterminer l’origine du drame.
Chérine
Abdel-Azim