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 Semaine du 27 août au 2 septembre 2008, numéro 729

 

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Incendie. Jusqu’à présent, les enquêteurs n’ont pas réussi à trouver le moindre indice permettant d’établir les causes du sinistre.

L’enquête au point mort

Un court-circuit électrique ? une cigarette mal éteinte ? Les travaux de réaménagement ? Ou un acte criminel ? Telles sont les questions que se pose l’opinion publique au sujet de cet incendie qui a ravagé le maglis al-choura. Quatre scénarios donc qu’envisagent les enquêteurs lancés sur une piste des plus compliquées. L’Egypte a connu de nombreux incendies d’édifices historiques ou autres dont on n’a pas pu établir la cause. Pour le Sénat situé au centre-ville du Caire et au beau milieu d’autres édifices non moins importants comme l’Assemblée du peuple, les questions sont plus insistantes. Jusqu’à présent aucune piste ne semble valable et les déclarations des responsables privilégient la thèse accidentelle d’un court-circuit électrique. Une explication présentée d’ailleurs avant même que l’incendie ne soit maîtrisé. Alors que les forces de la défense civile dont dépendent les pompiers étaient en pleine action tentant de combattre le feu, des responsables auprès du ministère de l’Intérieur se sont empressés d’affirmer que l’incendie est dû à un court-circuit et ont nié complètement la possibilité d’une autre hypothèse.

Une semaine après, le rapport du service des investigations criminelles n’est pas encore publié ou même élaboré ? Cela dit, le procureur général Abdel-Méguid Mahmoud a demandé la création d’un comité présidé par le vice-secrétaire général du Conseil consultatif et du Parlement afin de délimiter les dégâts, surtout après les rumeurs selon lesquelles des documents historiques importants ont été détruits par le feu (lire page 5).

Une des premières personnes interrogées était Aya Ahmad Youssef, directrice du secteur technique du Parlement, entendue à titre de consultation. Elle révèle que malgré l’importance des deux bâtiments abritant les deux assemblées, il n’y a qu’un seul réseau d’alerte pour les incendies et des appareils d’extinction manuels. Elle a ajouté qu’il n’existe pas de système de pré-alerte qui travaille automatiquement lors d’un incendie. Et comme il est de coutume dans l’administration, elle a jeté la responsabilité de défaillance de ce système sur un autre secteur qui est la commission de défense civile s’occupant des deux assemblées. Elle ajoute que les grands travaux de réaménagement, comme l’installation des climatiseurs ou des ascenseurs ou appareils d’alerte, n’ont rien à voir avec son département chargé des seuls travaux manuels. Elle explique que les grands travaux sont attribués à d’importantes compagnies et qu’ils sont effectués toujours pendant les vacances de la session parlementaire, c’est-à-dire en juillet et en août.

En quoi ces travaux auraient-ils un lien avec l’incendie ? Certains se déroulaient justement juste au troisième étage d’où les premières flammes sont parties. Il s’agissait d’installer une nouvelle moquette ? Quant aux travaux de peinture, ils avaient lieu au rez-de-chaussée. De quoi écarter la possibilité d’un début d’incendie à cause de ces activités.

Les enquêteurs se sont ensuite adressés à Kamaleddine Adham, directeur du secteur technique du maglis al-choura. Il a nié sa responsabilité quant à l’absence d’un système d’extinction automatique dans le bâtiment affirmant que cela dépend d’un consultant technique délégué de l’Université du Caire, Ahmad Chaker. C’est à lui de prendre la décision de demander l’installation d’un tel système. « D’après moi, il était difficile tout de même de le faire, car ces appareils coûtent très cher surtout à cause de la grandeur du bâtiment », se défend Kamal. Cela dit, ce système est installé uniquement déjà dans la salle principale de l’Assemblée où se déroulent les sessions et dans le centre d’informations seulement. Sur la question de savoir si les appareils d’alerte fonctionnent ou pas, il a répondu : « Ce n’est pas ma responsabilité. C’est le travail du département de la défense civile des assemblés de s’occuper de ces appareils et d’avertir la compagnie responsable en cas de panne ». Kamal a nié aussi durant les enquêtes la possibilité que l’incendie soit dû à une cigarette jetée par les ouvriers, car c’est interdit de fumer dans les bâtiments. Pour lui, l’intensité de l’incendie est dû au fait que les plafonds et le sol sont tous en bois.

A présent, les enquêteurs interrogent les fonctionnaires présents au moment de l’incendie. Tout se passe très lentement et on n’a pas l’impression qu’il y a la moindre avancée. De toute façon, le fait que le bâtiment menace de s’effondrer à tout instant retarde les investigations et surtout le fait de retrouver des indices matériels pouvant déterminer l’origine du drame.

Chérine Abdel-Azim

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