Al-Ahram Hebdo, Dossier | A gros cylindre plus gros budget
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 27 août au 2 septembre 2008, numéro 729

 

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Dossier

Automobiles. Le gouvernement a augmenté les taxes de licence de circulation, notamment sur celles dont la motorisation dépasse les 2 300 CC. Mais cela ne devrait pas ralentir les ventes. Explications.  

A gros cylindre plus gros budget 

227 000 voitures ont été vendues sur le marché égyptien en 2007. Le marché a enregistré une hausse de 32 % par rapport à l’année 2006. Un véritable boom. Et cette tendance à la hausse devrait se poursuivre en 2008 et enregistrer 30 % supplémentaires de croissance. Mais les dernières décisions adoptées par le gouvernement égyptien — la hausse des taxes sur la licence de circulation, la hausse de l’Octane 90, 92 et 95 — amènent une autre question importante : cette tendance persistera-t-elle ?

Il semble que oui. Car, selon la grande majorité des experts, ces hausses ne touchent en réalité qu’une petite tranche du secteur, soit uniquement les voitures dont le moteur dépasse les 2 300 CC. A part cette catégorie, la hausse est peu importante (voir encadré).

Mohamad Al-Sayed, directeur général des ventes auprès du groupe Bavaria pour les voitures, le confirme. « La tranche de la société égyptienne qui achète des voitures d’une capacité dépassant les 2 300 CC ne représente qu’un pourcentage limité et elle ne sera pas vraiment touchée par cette hausse. Cette élite est fidèle aux marques de luxe », expose-t-il, en assurant que les ventes des modèles de son groupe dont le moteur est de 2 000 CC n’ont pas été touchées.

Achraf Hachem, directeur général de l’Agence Gemy Car, partage cette opinion. Il assure que ces turbulences sur le marché automobile ne sont qu’un moyen de pression sur les commerçants afin de réduire les prix. Selon lui, elles ne dureront pas longtemps. « Ces turbulences pourraient peut-être contribuer à changer la distribution du secteur. Les ventes de 2 000 CC vont diminuer au profit de celles de 1 600 CC et 1 300 CC », explique-t-il. Achraf Masrouga, expert en automobile, analyse la situation plus profondément. « Les taxes de licence de circulation imposées sur les automobiles d’une capacité de 2 300 CC ont vraiment augmenté, mais cela ne constituera en aucun cas un fardeau pour ceux qui achètent ces modèles américains, japonais et européens. Car par rapport au prix de ces modèles, cette hausse ne constitue qu’une petite somme. Mais en ce qui concerne les modèles chinois et coréens, dont le prix est plus bas, la hausse des taxes sera problématique, car ils sont achetés en grande majorité par la classe moyenne », explique-t-il, en assurant que le marché encaissera cette hausse rapidement et se stabilisera dans 3 mois au maximum.

Selon Rami Kamal, ingénieur, la classe moyenne est la seule victime de cette hausse. « Le gouvernement, par ses dernières décisions, a élargi comme d’habitude le fossé entre les riches et les pauvres. Il a poussé la classe moyenne vers les pauvres. Ces décisions mettront fin à tout espoir de la classe moyenne de posséder une voiture luxueuse », résume-t-il. « Moi, par exemple, je voulais acheter une voiture de marque Jeep. J’avais l’intention de payer 150 000 L.E. et payer le reste à crédit. Mais avec ces nouvelles taxes, je me suis retrouvé obligé de payer 2 % du prix de la voiture, soit environ une somme de 20 000 L.E. supplémentaire à part les sommes allouées à l’essence. Cela est au-delà de mes capacités. Pour cela, j’ai décidé de changer de voiture pour ne pas alourdir mon budget mensuel », raconte-t-il. Rami est en fait une personne parmi d’autres de la classe moyenne qui a décidé de ne plus acheter de voiture dont le moteur excède les 1 600 CC. Un expert du marché, qui a requis l’anonymat, défend ce point de vue. Il a confié à Al-Ahram Hebdo que le gouvernement avait plusieurs choix plus efficaces pour réaliser ses objectifs budgétaires.  « Le gouvernement n’a pas regardé très loin. Il n’a cherché qu’à créer des recettes pour son budget. Mais, il faut le savoir : ces ressources ne sont que temporaires. Le gouvernement, par ces décisions, empêchera les grandes sociétés de venir sur le marché. Les sommes récupérées d’un côté seront perdues de l’autre côté », dit-il en rappelant la période 1993-1999 quand le gouvernement a réduit les douanes et les taxes imposées sur les automobiles. « Combien d’usines automobiles sont venues pour investir en Egypte au cours de cette période ? Un nombre assez important ! », affirme-t-il.

Dossier réalisé par Névine Kamel et Imane Zouini

 

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Répartition du marché selon la motorisation 

Source : Association égyptienne pour la production d’automobiles. 

Capacité

Ancienne taxe

Nouvelle taxe

 

 

(en L.E)

1 000

16

116

1 300

23

143

1 600

25

175

De 1 600 à 2 300

120

1 000

2 300 et au-delà

120

2 % de la valeur de la voiture

 

 




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