Festival.
80 films de 37 pays seront diffusés lors de la 24e édition
du Festival international du film d’Alexandrie qui vient de
s’ouvrir mardi en présence d’un bouquet de personnalités et
de professionnels du cinéma. Coup de projecteur.
Signe particulier : cosmopolitisme
Onze
films de 11 pays sont en lice cette année dans la
compétition officielle du Festival d’Alexandrie, tenu du 26
au 30 août, représentant la nouvelle production
cinématographique méditerranéenne. Aux côtés de six pays
européens dont la France, l’Italie et la Turquie, quatre
autres pays arabes concourent pour la première fois dans la
compétition officielle. A savoir : le Liban, le Maroc, la
Tunisie, l’Algérie et l’Egypte qui participe avec le film
Qoboulate masrouqa (bisous volés) de Khaled Al-Hagar, choisi
également comme film d’ouverture.
L’innovation et l’introduction de sections numériques ainsi
que l’éminente présence de bon nombre de stars du cinéma
mondial caractérisent cette édition.
« La thématique pleine de promesses et le désir d’opérer une
plongée dans les zones de turbulence du nouveau cinéma arabe
distinguent cette édition », souligne Iris Nazmi, présidente
du Festival.
Et d’ajouter : « Un éventail de films signés par des
réalisateurs méditerranéens et arabes inviteront les
cinéphiles et les festivaliers à discerner leur réel et à
découvrir les valeurs de la paix et de l’indépendance
recherchées par beaucoup de pays belligérants sur la carte
de notre planète ».
Le jury de la compétition internationale du Festival est
présidé cette année par le réalisateur italien Marco Anurato,
avec la collaboration des stars égyptiennes Elham Chahine et
Mahmoud Qabil, aux côtés de Mohamad Al-Ahmad, président du
Festival du film de Damas.
Nouveauté du Festival et dans le but d’encourager les jeunes
cinéastes, une compétition spéciale pour les films
numériques voit le jour cette année, avec un jury spécial,
présidé par la scénariste Kawsar Heikal, avec Dr Rachida Al-Chaféï
et le jeune réalisateur Ibrahim Al-Battout. Ce jury aura
pour tâche de choisir, parmi les 25 films numériques
concurrents, « le film le plus prometteur par son style, ses
techniques artistiques et l’originalité de son idée »,
explique Kawsar Heikal.
Hommage à Chahine
Le Festival rend un hommage vibrant au regretté maître
Youssef Chahine, décédé le mois dernier à l’âge de 82 ans,
avec la projection d’un bouquet exhaustif de ses films. De
plus et à cette occasion, un colloque sera organisé lors des
journées du Festival, regroupant ses disciples, ayant pour
thème Chahine, l’artiste et le maître.
Un hommage est rendu également cette année à plusieurs
figures du cinéma égyptien et arabe, dont les comédiennes
égyptiennes Magda Al-Sabbahi et Chérihane, le réalisateur
Ali Abdel-Khaleq, le directeur de la photographie Mohsen
Nasr, le maquilleur Hamdi Raafat, en plus de la Marocaine
Soraya Jobrane, première artiste arabe devenant ministre de
la Culture, et les Syriens Assaad Fadda, Bassam Koussa, Mona
Wassef et Salma Al-Masri.
Cette année, le Festival international du film d’Alexandrie
dédie une fenêtre spéciale à la Syrie, choisie comme
l’invitée d’honneur du Festival, après l’Algérie l’année
dernière. Elle sera représentée par 5 films, dont Taht al-saqf
(sous le plafond) réalisé par Nidal Al-Dibs.
Et si la rareté des films égyptiens dans la compétition
reste le problème habituel qui obsède le Festival, sa
direction essaye cette fois-ci de choyer les producteurs
égyptiens qui refusent depuis des années que leurs films
participent aux festivals égyptiens. Un panorama spécial
projettera les 25 films produits cette année dans une
compétition à part, les trois films plébiscités par les
critiques se partageront les prix décernés par le ministère
de l’Information. Ces prix couvrent les annonces
publicitaires des films gagnants. Toutefois, et comme
c’était le cas l’année dernière, une grande part de ces
films n’est plus dans les salles, ce qui prouve
malheureusement l’inutilité des annonces publicitaires pour
leurs producteurs !
Il convient finalement de souligner que plusieurs rencontres
entre les cinéastes sont au programme, ayant pour objectif
la promotion d’une collaboration, d’une coopération mutuelle
et des échanges en matière de culture, de cinéma et de liens
commerciaux. « Le Festival tient ainsi à conserver le rang
de manifestation cinématographique la plus importante pour
les pays du bassin méditerranéen, dédiant son espace aux
confluences privilégiées des créativités et aux
potentialités de la ville d’Alexandrie comme terre d’accueil
de toutes les civilisations et cultures », conclut Iris
Nazmi.
Yasser Moheb