Al-Ahram Hebdo, Arts | L’âme dans une tasse
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 Semaine du 27 août au 2 septembre 2008, numéro 729

 

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Arts

Exposition. Entre acryliques, peintures ou dessins à l’encre, l’artiste alexandrin Esmat Dawestachi explore un monde à lui, entièrement inspiré des marcs de café.

L’âme dans une tasse

Une tasse de café pourrait résumer tout le parcours de Esmat Dawestachi. Car le peintre est surtout réputé pour ses œuvres simulant les marcs de café, recréant des personnages fantasmagoriques. Comme des djinns venant de quitter leurs lampes. C’est cette ambiance magique qui caractérise l’exposition actuelle de Dawestachi, Magie de l’imagination, au Centre culturel français d’Alexandrie.

Quelque 35 tableaux (couleurs et noir et blanc) occupent la plupart des murs du rez-de-chaussée. Acryliques, peintures ou dessins à l’encre, les genres sont différents. « Chacune de mes expositions doit avoir un thème spécial. Par exemple, la toute dernière portait sur les lignes de la main, avec notamment des dessins sur des mains ... Une autre exposition datant d’il y a 3 mois en France était centrée sur le rideau. Et la prochaine parlera des amoureux, du rapport homme-femme », explique Dawestachi.

Une fois son café bu, le peintre se penche sur la tasse pour interpréter les formes faites par le marc. Elles se confondent toutes et Dawestachi s’en inspire. « Ces petits dessins peuvent être en relation avec l’état psychique du buveur de café. On peut y trouver une histoire complète, des signes d’amour, de guerre ... La tasse de café, c’est quasiment tout le patrimoine humain », ajoute le peintre alexandrin qui a réalisé près de 500 tableaux grâce aux marcs de café. Même les dégradés des tons possèdent à ses yeux des significations différentes. Sur l’un des tableaux exposés, figurent des personnages en train de converser : le bleu signifie la solidarité, le rouge synonyme de révolution, le vert est l’espoir et le blanc en pointillé donne un sentiment d’inquiétude.

Un autre tableau raconte l’histoire de Hassan, un brave garçon sur son cheval. Derrière lui, il y a la princesse et devant, un serpent. Il est en danger, mais une bonne fée veille sur lui. Les contes se perpétuent. En noir et blanc, le sens dramatique est exacerbé comme sur une pellicule cinématographique.

Esmat Dawestachi a commencé par étudier la sculpture aux beaux-arts d’Alexandrie en 1967. Ses œuvres ont des penchants très abstraits, puis il a eu recours aux collages et s’est beaucoup inspiré de la photographie qu’il maîtrise. « J’ai eu un coup de cœur pour la peinture et j’ai essayé de trouver un style nouveau dans les années 1970, puisant surtout dans le surréalisme et le dadaïsme. Le cinéma m’a beaucoup intéressé également. J’ai tout essayé, des couleurs violentes avec des noirs plus profonds », indique Dawestachi dont les formes plutôt courbes abondent de symboles. On tisse de petites histoires à l’infini, c’est justement la magie de l’imagination qui prend forme. Cette magie est commune entre l’artiste-narrateur et le récepteur qui devient lui aussi narrateur au bout du compte. Car si l’on prend part au jeu, on commence à capter des signes et des personnages pour en faire notre propre version de l’histoire.

Samar Zarée

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Magie de l’imagination, de Esmat Dawestachi.

Jusqu’au 7 septembre, de 10h à 21h (sauf le vendredi).

 Centre culturel français d’Alexandrie.

30, rue Al-Nabi Daniel.

Tél. : 03 391 89 52

 




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