Al-Ahram Hebdo, Afrique | Menace islamiste
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 Semaine du 27 août au 2 septembre 2008, numéro 729

 

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Afrique

Somalie. Après avoir défait les forces gouvernementales, les insurgés islamistes ont pris le contrôle de Kismayo, la principale ville du Sud. Une situation qui augmente l’instabilité et l’insécurité dans le pays.  

Menace islamiste 

Une fois de plus, la somalie est menacée par la violence. Le pays a été le théâtre cette semaine d’accrochages meurtriers entre des milices locales et des insurgés islamistes. Et, après plusieurs jours de vive tension entre les deux camps, les insurgés ont pris vendredi dernier le contrôle de Kismayo le grand port au sud de la capitale somalienne. Ces violents affrontements ont fait un lourd bilan. Au moins 41 personnes, combattants et civils confondus, ont été tuées et quelque 135 personnes ont été blessées. Les combattants islamistes avaient perdu il y a un an et demi les régions somaliennes qu’ils contrôlaient depuis six mois, dont le port de Kismayo.

Depuis, des insurgés mènent régulièrement des attaques meurtrières quasi quotidiennes visant en particulier les soldats éthiopiens et somaliens et des représentants du gouvernement essentiellement à Mogadiscio, ravagée par dix-sept ans de guerre civile. Ces insurgés souvent nommé les « shebabs », forment un groupe dissident des Tribunaux islamiques. Ces derniers ont quitté le pays mais ces jeunes combattants sont restés en Somalie, notamment à Mogadiscio, où ils mènent une lutte acharnée de guérilla. En reprenant Kismayo, il s’agit d’une nouvelle démonstration de force pour ces combattants, surtout au lendemain du renouvellement pour six mois par le Conseil de sécurité de l’Onu du mandat de la force de l’Union africaine en Somalie (l’Amisom).

Cette décision de l’Onu n’est pas la seule raison qui a conduit à ces combats. Il s’agit d’un accord de paix signé le 18 août entre le gouvernement du président somalien Adullahi Yusuf et certaines personnalités de l’opposition lors de négociations parrainées par l’Onu. L’accord prévoit notamment le déploiement rapide de troupes de maintien de la paix de l’Onu pour mettre un terme aux conflits dans ce pays. Mais cet accord a été rejeté par les insurgés islamistes et par les partisans d’une ligne dure au sein de l’opposition.

Quant au représentant spécial de l’Onu pour la Somalie, Ahmedou Ould Abdallah, il a annoncé que la raison véritable de ces derniers combats réside « dans la prise de contrôle du port et de ses ressources » et non, comme l’a avancé un porte-parole des insurgés vendredi, cheikh Muktar Robow, dans la volonté de chasser « les milices locales ». La ville portuaire était jusqu’à vendredi contrôlée par des forces gouvernementales dirigées par le colonel et membre du Parlement Aden Bare Shire, surnommé « Hirale ». Mais, un de ces commandants, Mohamud Hassan, a toutefois minimisé l’entrée des islamistes en ville, assurant que ses hommes avaient effectué « un repli tactique afin d’épargner la population civile ». « Les insurgés n’ont pas pris entièrement (la ville) et nos forces vont reprendre le contrôle de Kismayo très rapidement », a-t-il promis.

Si le départ de ces miliciens de la région de Kismayo se confirmait de la part du gouvernement somalien, les islamistes auraient les mains complètement libres dans la ville portuaire : les forces du gouvernement de transition somalien, celles de son allié éthiopien et de l’Amisom sont complètement absentes de cette région.

A la demande du gouvernement de transition, les troupes éthiopiennes sont intervenues officiellement fin 2006 en Somalie, et elles ont mis en déroute les Tribunaux islamiques qui contrôlaient depuis six mois la majeure partie du sud et du centre de ce pays en guerre civile depuis 1991. Les Ethiopiens s’étaient retirés de Kismayo en mars 2007 et avaient remis le port aux autorités somaliennes. En dépit de l’absence de l’armée éthiopienne à Kismayo, la prise de cette ville constitue un nouveau coup d’éclat des insurgés, fidèles à leur rejet catégorique des pourparlers de Djibouti. Ces pourparlers ont conduit à la conclusion le 9 juin d’un accord de cessez-le-feu entre une partie de l’opposition somalienne emmenée par les islamistes et le gouvernement somalien. Un accord devait entrer en vigueur le 9 juillet pour une période de trois mois renouvelables. Mais les insurgés ont rejeté cet accord et les combats n’ont pas cessé. Le gouvernement fédéral de transition ne contrôle qu’une infime partie du pays.

Maha Salem

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