Al-Ahram Hebdo, Voyages | Des monuments égyptiens à part entière
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 Semaine du 13 au 19 août 2008, numéro 727

 

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Synagogues. Les édifices juifs d’Egypte ont suscité dernièrement un débat sur leur restauration et leur financement, le CSA refusant toute aide étrangère.

Des monuments égyptiens à part entière

La restauration des monuments juifs d’Egypte a été le thème de plusieurs controverses entre des cercles de juifs d’origine égyptienne et le Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Des juifs égyptiens qui résident en Suisse et aux Etats-Unis ont proposé récemment de financer les travaux de restauration de tous les monuments. Ce financement ne veut pas dire que le CSA ne va pas superviser les travaux, ont-ils fait valoir. De plus, une initiative pareille avait été la bienvenue dans les années 1980 lors de la restauration de la synagogue célèbre de la rue Adli, au centre-ville, de Chaar Ha Chamaim (la porte du ciel). Une entreprise qui a eu lieu « par les mains des habiles ouvriers, artistes et peintres égyptiens. (...) Des juifs sépharades de Genève (Suisse) ont largement financé et supervisé cette restauration bien réussie », explique Elie Cohen, un juif d’origine égyptienne sur un site Internet.

Ce qui est arrivé dans les années 1980, c’était l’application d’une clause des accords de  Camps David qui exige la restauration d’une synagogue juive en Egypte.  Le Dr Phyllis Lambert, présidente du Centre canadien d’archéologie, a choisi en 1982 la synagogue de Ben Ezra pour la restaurer, puisque c’était la synagogue la plus symbolique située à côté de l’église Suspendue et celle d’Abou-Serga (Saint-Serge) et à proximité de la mosquée de Amr Ibn Al-Ass. Cette restauration a duré 10 ans. Mais après le tremblement de terre de 1992, tous les ornements et les gravures du plafond ont craqué et il a fallu refaire le travail. Jusqu’en 2007, c’était le Centre canadien d’archéologie qui s’en chargeait. Dès le début de 2008, c’est le CSA qui se charge des travaux de maintenance et de restauration périodiques.

Quant à la grande synagogue de la rue Adli, c’est l’Association mondiale des juifs sépharades, établie en Suisse sous la présidence de Nessim Gaon, qui entame sa restauration en 1983. Evidemment c’est après 25 ans de la restauration quand on a voulu  célébrer le centenaire de cette synagogue, qu’on a demandé à Zahi Hawas, secrétaire général du CSA, de la restaurer. C’était fait, et le CSA a terminé la façade et quelques constructions à l’intérieur. Maintenant, il traite le sous-sol qui a souffert pendant plus de vingt ans sous le joug de l’eau souterraine.

Il a même  embelli le voisinage tout autour de la synagogue. Il l’a entourée de barres en fer très élégants pour protéger l’entrée. C’était vraiment formidable et la synagogue a requis ses beautés d’antan.

La synagogue de Maimonide date du XIXe siècle ainsi que la Yéchiva (école religieuse) où Maimonide, médecin, philosophe et théologien juif né en 1135 à Cordoue et mort au Caire en 1204, lui-même y enseigna la religion juive. Cet endroit est d’une importance majeure pour les juifs du monde entier parce qu’il porte une certaine valeur mystique étant donné que juifs, musulmans et chrétiens s’y rendaient toujours à la recherche de guérison de beaucoup de maladies. Le roi Fouad lui-même s’y est rendu à la suite de l’attentat auquel il a été exposé à l’Auberge. Cette synagogue a été aussi restaurée pendant les années 1980 par un banquier parisien d’origine égyptienne, M. Vattouri.

Cette restauration n’était pas bien faite, et à la fin de la même décennie, il a payé une autre fois pour la restauration qui n’était pas elle aussi au niveau exigé  à cause de l’eau souterraine. Ceci a fait que  la Yéchiva est devenue dans un très mauvais état. En outre, la synagogue a été fortement  affectée par le tremblement de terre de 1992. « A l’heure actuelle, la restauration est autant très compliquée que coûteuse. Ainsi c’est miraculeux pour le CSA qui débute un projet vraiment gigantesque pour sauver cette synagogue tout en remédiant au problème de l’eau souterraine », affirme Mme Carmen Weinstein, présidente de la communauté juive en Egypte.

Mais aujourd’hui on rechigne au CSA face à un tel apport matériel. « Actuellement on n’a recours dans les travaux de restauration qu’à des missions scientifiques qualifiées. On n’accepte pas de financements étrangers, puisque le CSA possède ses propres ressources et elles sont suffisantes », relève Mohsen Rabie, directeur du département des synagogues au CSA. De plus, il affirme qu’il n’y a jamais eu d’offre ferme, mais juste des demandes d’information et d’explication de la part de ces cercles. Il ajoute que les responsables de l’archéologie en Egypte traitent les monuments juifs exactement comme ceux chrétiens ou ceux islamiques en matière de maintenance et de restauration. Ces synagogues sont, en fait, une partie importante du patrimoine égyptien et elles relatent des époques marquantes de son histoire.

Le refus ne vient pas seulement de la part des responsables du CSA, mais aussi les membres de la communauté juive en Egypte ont partagé cette même idée. « Madame Carmen Weinstein a refusé pour le moment les propositions concernant la restauration des monument juifs ou son financement, puisque le CSA qui est la partie qui s’en charge n’a pas négligé ses responsabilités vis-à-vis de toutes les synagogues qui existent en Egypte. Il assume bien sa tâche dans la restauration de tous les monuments égyptiens selon un plan de priorité et les synagogues ne sont qu’une partie de ces monuments », assure un membre de la communauté juive en Egypte qui a requis l’anonymat.

En fait, le CSA accorde beaucoup d’intérêt aux monuments juifs d’Egypte. « On a un plan ambitieux pour restaurer ces monuments. On va commencer bientôt un grand projet pour la remise en état de la synagogue de Moussa Ben Maïmoun (Maimonide) qui se trouve à Haret Al-Yahoud (quartier juif) dans le quartier d’Al-Mouski, au Caire. Ce temple est vraiment dans un état déplorable et on lui a consacré un grand budget pour lui rendre sa beauté originelle d’antan ».

C’est aussi le CSA qui a procédé l’année dernière aux nouveaux travaux de restauration et d’embellissement de la synagogue de Chaar Ha Chamaim dans la rue Adli, afin que la communauté juive célèbre le centenaire de sa création en novembre 2007, comme l’a souligné Mme Weinstein.

Dalia Farouk

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