Jeux Olympiques.
Le champion olympique de lutte gréco-romaine 96 kg, Karam
Gaber, défendra ce jeudi son titre olympique. La mission
s’annonce très difficile pour l’Egyptien, le plus à même de
remporter une médaille.
Gaber, le grand espoir
Le
jeudi 14 août 2008 sera-t-il un jour de gloire, comme l’a
été le 26 août 2004 à Athènes ? Rien n’est encore très sûr
pour le seul champion olympique égyptien, Karam Gaber, en
lutte gréco-romaine 96 kg, qui disputera la compétition de
sa catégorie aux Jeux Olympiques (JO) de Pékin. En 2004, il
était devenu le premier Egyptien à être sacré champion aux
JO en lutte gréco-romaine après Ibrahim Moustapha (82 kg) en
1928. La dernière médaille d’or égyptienne, tous sports
confondus, remontait aux Jeux de Londres de 1948 grâce aux
haltérophiles Mahmoud Fayyad (plume) et Ibrahim Hassan Chams
(poids légers). « Cette médaille d’or prouve que le mot
impossible n’existe pas. Nos objectifs sont tout simplement
réalisables », avait déclaré Karam en 2004.
Mais aujourd’hui, le titre olympique paraît hors de portée
de notre champion olympique. Car ces dernières années, alors
que Gaber était pris par des problèmes personnels ou avec la
Fédération égyptienne, ses concurrents étaient en train
d’améliorer leur niveau, d’acquérir plus d’expériences et de
se préparer pour décrocher la médaille d’or olympique. Le 14
août, Gaber affrontera la solide concurrence des champions
du monde, notamment ceux d’Europe. La catégorie 96 kg compte
parmi les rares catégories qui échappent cette fois à la
domination russe en lutte gréco-romaine. Les étoiles russes
sont pourtant la force dominante du plus ancien sport du
monde avec cinq médailles d’or olympiques à Athènes et sept
titres aux Championnats du monde qui se sont déroulés en
2007 à Bakou, en Azerbaïdjan. Donc avec l’absence russe, la
compétition sera ouverte et groupera plusieurs lutteurs d’un
très haut niveau, qui visent l’or olympique.
Match en mémoire
En fait, les grands adversaires de Gaber sont des lutteurs
qu’il a déjà rencontrés et même battus. Le premier candidat
pour l’or olympique à Pékin est le Géorgien Ramaz Nozadze,
champion du monde aux Mondiaux 2007 à Bakou. Vice-champion
olympique à Athènes 2004, le Géorgien vise cette année le
titre olympique. A ce jour, les Egyptiens gardent en mémoire
le match qui a opposé Nozadze à Gaber lors de la finale des
JO d’Athènes 2004. Durant cette rencontre, l’Egyptien avait
dominé de la tête et des épaules. Gaber avait d’abord contré
une projection de Nozadze dans la première minute, avant de
réussir deux projections avant la pause. Plus vif que son
adversaire, il avait encore accentué son avance pour
l’emporter sur grande supériorité. L’Alexandrin,
vice-champion du monde 2002 et 2003, a été digne de la
médaille d’or olympique. Le deuxième concurrent de Gaber est
le Turc Mehmet Ozal, champion du monde 2002 et médaillé de
bronze aux JO d’Athènes 2004 et aux Mondiaux de Guangzhou
(Chine) 2006. En fait, Gaber avait écrasé le champion turc
lors de la demi-finale des JO 2004. Le sculptural Karam
Gaber avait en fait marqué les esprits face au Turc Ozal, en
remportant le match une fois de plus sur une grande
supériorité. C’est ensuite qu’il a remporté le titre de
meilleur lutteur de la compétition. Avec un style de jeu
unique, il a donné un nouvel aspect à la lutte gréco-romaine
et en a renouvelé la technique. Au combat, il ne ressemble à
aucun de ses concurrents : il devient un artisan d’un très
haut niveau.
Malheureusement, Karam Gaber n’est pas le même aujourd’hui.
Ces 4 dernières années, le niveau de ses rivaux s’est
nettement amélioré et ce au moment où Gaber n’a disputé
qu’une seule édition des Mondiaux, où il a été éliminé dès
le premier tour face au Turc Ozal (2-4). Mais ce qui
complique davantage la mission de Gaber est que la catégorie
de 96 kg regroupe d’autres lutteurs de bon niveau tels le
Tchèque Marek Svec, vice-champion du monde en 2006 et 3e en
2007, ainsi que le Lithuanien Mindaugas Ezerskis,
vice-champion du monde en 2007. Ces champions ne sont pas
les seuls lutteurs compétitifs de la catégorie 96 kg ; ils
sont les grands noms qui figurent dans la catégorie. Seule
leur présence suffit à minimiser les chances du champion
égyptien. Espérons donc que le tirage au sort sera favorable
à l’Egyptien en l’éloignant de ces champions au tour
préliminaire. « Karam Gaber est le seul champion olympique
égyptien, c’est un lutteur talentueux mais il a manqué
d’entraînement ces dernières années, ce qui a affecté son
niveau. S’il est prêt le jour J, il remportera au moins une
médaille olympique de bronze », déclare Mounir Sabet,
président du Comité olympique égyptien.
Doaa
Badr