Le jeu israélien
Morsi Attalla
Les
détails du jeu israélien qui consiste à former un nouveau
gouvernement de coalition ou à tenir des élections
parlementaires anticipées sont pléthores. Difficile donc de
rentrer dans ces détails, mais une chose est sûre, c’est que
ce jeu, quels qu’en soient ses motifs, ne servira en fin de
compte qu’un objectif israélien. C’est-à-dire fuir tout
engagement pour une paix réelle qui garantirait une
résolution juste et globale pour la cause palestinienne.
La tactique d’Israël est une feinte bien connue qui consiste
à faire des compromis par étape. Mais il est sûr qu’il ne
s’engagera jamais dans une paix globale. Effectivement, la
méthode des compromis est un des mécanismes nécessaires à la
mise en exécution d’un grand projet d’expansion. Quant à la
paix, elle constitue une entrave face aux objectifs
israéliens.
Ceci nous fait penser aux paroles prononcées par
l’ex-premier ministre israélien David Ben Gorion dites à la
suite de la signature des accords de trêve en 1949. A cette
époque, il avait fait l’objet de nombreuses critiques de la
part des forces extrémistes à l’intérieur d’Israël, dirigées
par Begin. Il avait été accusé de faire perdre à Israël
l’occasion de conclure un accord final de paix avec les
Arabes qui aurait garanti la légitimité de l’existence
d’Israël. Il avait alors dit : « Nous avons besoin d’un
accord avec les Arabes et non d’une paix, l’accord sur la
trêve est juste un moyen d’avancer sur la voie d’un grand
projet sioniste et les circonstances nécessaires à
l’achèvement de ce projet ne sont pas encore propices ».
Depuis que Ben Gorion a prononcé ces paroles, la politique
d’Israël change continuellement de stratégies. Mais elle ne
s’est jamais éloignée de la ligne directrice fixée par Ben
Gorion malgré le grand revirement dans la position arabe.
C’est-à-dire que les Arabes ont accepté de reconnaître
ouvertement l’existence de l’Etat hébreu. Et les Arabes ont
exprimé leur volonté d’instaurer des relations politiques et
économiques avec Israël au cas où celui-ci tiendrait à ses
engagements et rendrait aux Arabes leurs droits violés.
Cela signifie que tous les discours israéliens parlant de la
paix ne sont que tromperie et tergiversation au point que de
nombreux partisans de la paix dans le monde arabe doutent
aujourd’hui de la nécessité de continuer à parier sur le
choix de la paix. En effet, tous les événements prouvent que
les accords de paix signés entre Israël et les Arabes, en
particulier les Accords d’Oslo, ne sont que des étapes
visant à s’accaparer le maximum de gains pour se dérober
ensuite à tout engagement en inventant encore et toujours
des prétextes.
Nous devons comprendre ce jeu dont les causes et les
circonstances peuvent changer, mais qui reste géré par un
objectif essentiel : fuir la paix globale !
Le gouvernement de coalition et les élections anticipées,
ainsi que tout ce qui figure dans le dictionnaire de la
politique israélienne ne sont que des manœuvres visant à
gagner du temps et à saper toute tentative de parvenir à une
paix réelle, juste et globale.
Il est triste d’être témoin du conflit et des tueries qui se
déroulent sur la scène palestinienne et qui servent
aujourd’hui le jeu israélien. Les circonstances
palestiniennes renforcent les prétextes et les motifs
israéliens visant à tergiverser quant à la conclusion d’un
accord final de paix.
L’Histoire ne pardonnera jamais à tous ceux qui ont aidé
Israël à poursuivre son jeu, que ce soient les forces
internationales soutenant Israël ou les Palestiniens
eux-mêmes qui ont oublié leur cause pour s’engager dans des
conflits inutiles.