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 Semaine du 13 au 19 août 2008, numéro 727

 

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Opinion
 

Le jeu israélien

Morsi Attalla

 

Les détails du jeu israélien qui consiste à former un nouveau gouvernement de coalition ou à tenir des élections parlementaires anticipées sont pléthores. Difficile donc de rentrer dans ces détails, mais une chose est sûre, c’est que ce jeu, quels qu’en soient ses motifs, ne servira en fin de compte qu’un objectif israélien. C’est-à-dire fuir tout engagement pour une paix réelle qui garantirait une résolution juste et globale pour la cause palestinienne.

La tactique d’Israël est une feinte bien connue qui consiste à faire des compromis par étape. Mais il est sûr qu’il ne s’engagera jamais dans une paix globale. Effectivement, la méthode des compromis est un des mécanismes nécessaires à la mise en exécution d’un grand projet d’expansion. Quant à la paix, elle constitue une entrave face aux objectifs israéliens.

Ceci nous fait penser aux paroles prononcées par l’ex-premier ministre israélien David Ben Gorion dites à la suite de la signature des accords de trêve en 1949. A cette époque, il avait fait l’objet de nombreuses critiques de la part des forces extrémistes à l’intérieur d’Israël, dirigées par Begin. Il avait été accusé de faire perdre à Israël l’occasion de conclure un accord final de paix avec les Arabes qui aurait garanti la légitimité de l’existence d’Israël. Il avait alors dit : « Nous avons besoin d’un accord avec les Arabes et non d’une paix, l’accord sur la trêve est juste un moyen d’avancer sur la voie d’un grand projet sioniste et les circonstances nécessaires à l’achèvement de ce projet ne sont pas encore propices ».

Depuis que Ben Gorion a prononcé ces paroles, la politique d’Israël change continuellement de stratégies. Mais elle ne s’est jamais éloignée de la ligne directrice fixée par Ben Gorion malgré le grand revirement dans la position arabe. C’est-à-dire que les Arabes ont accepté de reconnaître ouvertement l’existence de l’Etat hébreu. Et les Arabes ont exprimé leur volonté d’instaurer des relations politiques et économiques avec Israël au cas où celui-ci tiendrait à ses engagements et rendrait aux Arabes leurs droits violés.

Cela signifie que tous les discours israéliens parlant de la paix ne sont que tromperie et tergiversation au point que de nombreux partisans de la paix dans le monde arabe doutent aujourd’hui de la nécessité de continuer à parier sur le choix de la paix. En effet, tous les événements prouvent que les accords de paix signés entre Israël et les Arabes, en particulier les Accords d’Oslo, ne sont que des étapes visant à s’accaparer le maximum de gains pour se dérober ensuite à tout engagement en inventant encore et toujours des prétextes.

Nous devons comprendre ce jeu dont les causes et les circonstances peuvent changer, mais qui reste géré par un objectif essentiel : fuir la paix globale !

Le gouvernement de coalition et les élections anticipées, ainsi que tout ce qui figure dans le dictionnaire de la politique israélienne ne sont que des manœuvres visant à gagner du temps et à saper toute tentative de parvenir à une paix réelle, juste et globale.

Il est triste d’être témoin du conflit et des tueries qui se déroulent sur la scène palestinienne et qui servent aujourd’hui le jeu israélien. Les circonstances palestiniennes renforcent les prétextes et les motifs israéliens visant à tergiverser quant à la conclusion d’un accord final de paix.

L’Histoire ne pardonnera jamais à tous ceux qui ont aidé Israël à poursuivre son jeu, que ce soient les forces internationales soutenant Israël ou les Palestiniens eux-mêmes qui ont oublié leur cause pour s’engager dans des conflits inutiles.

 

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