Retraits
Les Etats-Unis prépareraient-ils le retrait de troupes
supplémentaires d’Iraq en septembre ? A en croire des
responsables de l’Administration et de l’armée
américaines, trois brigades de combat pourraient quitter
l’Iraq avant la fin de l’année ou d’ici la fin du mandat
du président George W. Bush en janvier.
Ce retrait serait en partie motivé par la nécessité de
renforcer les troupes américaines en Afghanistan afin de
lutter contre l’insurrection des Talibans et autres
activistes. Les pertes américaines et alliées dans ce
pays ont dépassé celles enregistrées en Iraq ces
derniers mois.
Mais la raison principale de cette éventuelle diminution
imprévue de soldats américains serait une amélioration
sensible sur le terrain qui, selon les représentants
militaires et civils américains en Iraq, a un certain
caractère de durabilité. La Maison Blanche refuse
toutefois d’évoquer un éventuel retrait de soldats le
mois prochain, se contentant de dire que Bush attendrait
les recommandations en septembre du général David
Petraeus, commandant des forces armées en Iraq.
L’hypothèse la plus optimiste évoquée par les autorités
américaines fait état de 120 000 à 130 000 soldats
maintenus en Iraq, contre 146 000 recensés au 9 juillet.
En
2007, le contingent américain dans le pays a atteint 170
000 soldats.
Mais
au-delà d’une possible accélération du retrait
américain, c’est le calendrier de ce retrait qui pose
problème. Les dirigeants iraqiens, contrairement au
président Bush, souhaitent la mise en place d’un tel
calendrier. Les Etats-Unis et l’Iraq négocient
actuellement un accord portant essentiellement sur la
présence des troupes américaines dans le pays au-delà du
31 décembre 2008, date de l’expiration du mandat donné
par l’Onu à la Force multinationale en Iraq. Les
gouvernements des deux pays s’étaient initialement donné
jusqu’au 31 juillet pour signer l’accord, mais les
négociations sont plus difficiles que prévu, l’un des
principaux points d’achoppement étant justement le
calendrier de retrait des troupes américaines, demandé
par le gouvernement iraqien, mais refusé par la Maison
Blanche qui évoque seulement un « horizon temporel »
beaucoup plus vague.
L’accord de sécurité initialement envisagé par
Washington (Status Of Forces Agreement, SOFA), similaire
à ceux existant déjà entre les Etats-Unis et le Japon ou
l’Allemagne, a dû être amendé, sous la pression du
gouvernement iraqien. Les deux parties négocient
désormais un « protocole de sécurité ou protocole
opérationnel » qui contient les éléments-clés du SOFA,
mais ne serait valable qu’un certain temps.