Al-Ahram Hebdo, Economie | Une voie pour se ressaisir
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 Semaine du 13 au 19 août 2008, numéro 727

 

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Economie

Sociétés d’Assurances Publiques. Elles ont perdu des parts de marché dans le domaine de l’assurance-vie. Mais selon les spécialistes, les récentes modifications législatives concernant le secteur devraient permettre de leur faire regagner du terrain.

Une voie pour se ressaisir

« L’assurance-vie du secteur public a perdu des parts de marché pendant les six premiers mois de 2008. Elle occupe désormais 49 %, contre 51 % pour le secteur privé ». Un responsable de la Holding pour l’assurance, qui désire conserver son anonymat, a révélé ces chiffres suite à la publication, mi-juillet, du rapport semestriel de l’Organisme de contrôle d’assurance sur les chiffres d’affaires des sociétés d’assurances du secteur public.

Le rapport a révélé des résultats très modestes que la Holding espérait meilleurs suite à la fusion, il y a quatre mois, de trois grandes sociétés publiques d’assurance : Assurances Al-Charq, Réassurance Al-Masriya qui ont fusionné dans Assurance Misr. Une fusion qui devrait permettre la restructuration des trois sociétés selon Adel Hammad, président actuel d’Assurance Misr. Or, pour Mohamad Youssef, ex-président de la société Assurance Misr, la restructuration n’a fait que détériorer la performance des sociétés publiques en ce qui concerne l’assurance-vie : « Déjà, la part de ces sociétés sur le marché était en baisse. Elles ne pouvaient plus faire face à la compétition des sociétés privées comme l’allemande Allianz, l’américaine Alico, ou AIG Egypte et Assurance Ace Egypte qui présentent des produits variés et plus attrayants », souligne-t-il. Une société de gestion des actifs issue de la Holding a été créée afin de procéder à une restructuration de ces sociétés. « Elle devrait les aider à rembourser leurs dettes et maximiser leurs profits. Pour le moment, la restructuration n’a fait qu’ouvrir des dossiers très suspects et installer un nouveau système basé sur de nouveaux règlements. Mais avec le temps, elle aidera la nouvelle société à se redresser », défend par contre Adel Hamad.

Le temps où les sociétés publiques s’accaparaient le marché de l’assurance semble donc révolu ... pour un temps. « Depuis 2001/2002, la part du secteur public ne cesse de dégringoler. De 69 % en 2002/2003, elle a atteint 57 % l’année suivante. Cette part a atteint 52 % en 2004/2005 avant de fléchir à 41 % l’année passée bien qu’elle ait atteint 30,6 % les six premiers mois de 2008 », explique Mohamad Youssef. Mais la source de la Holding d’assurance pense que la situation des sociétés publiques est en amélioration même si cela ne s’est pas encore répercuté sur leur part de marché. « Les sociétés publiques ont payé cette année 409 millions de L.E., soit 53,5 % du total des versements d’assurance-vie, contre 40,4 % en 2007 », ajoute la source. Adel Hamad, pour sa part, défend la fusion des trois sociétés publiques dans Assurance Misr et énumère ses points positifs. « La fusion a permis à Assurances Misr de se retrouver à la tête des sociétés du marché de l’assurance habitation en le dominant avec 58,26 % », dit-il. Hamad dévoile également la prochaine signature d’un contrat entre Assurance Misr et la société NileSat qui, selon lui, redressera le marché en sa faveur. « Cet accord conduira Assurance Misr à récupérer sa solide position d’autrefois et lui permettra de proposer ce genre d’assurance dans d’autres marchés internationaux », déclare-t-il.

Crédibilité financière

Reste que la situation du marché n’est pas très rassurante pour les sociétés opérantes en Egypte. C’est pourquoi « il y a deux mois, le Parlement a révisé l’ancienne loi sur l’assurance, promulguée dans les années 1990 pour qu’elle soit conforme aux normes internationales. Elle sera appliquée suite à la formulation du décret d’application », déclare Adel Mounir, le président de l’organisme. Il ajoute que de nombreux éléments de la loi sur l’assurance ont été révisés, dont le plus important est que le capital autorisé ne soit pas inférieur à 60 millions de L.E. et que le capital libéré ne soit pas inférieur non plus à la moitié de cette somme, au moment de la création de la société. « Quant au reste du capital autorisé, il doit être payé dans les cinq ans de la création de la société », ajoute-t-il. Ce règlement garantira la crédibilité financière ainsi que la poursuite des activités. De plus, l’Organisme de contrôle d’assurance a entamé il y a deux semaines la première évaluation des 19 sociétés œuvrant sur le marché. « Nous avons examiné leur position financière ainsi que le rapport entre le capital de ces sociétés et les risques qu’elles assument afin de réorganiser le marché par l’introduction de nouveaux règlements », précise Mounir.

Les nouvelles règles législatives assurent par ailleurs la séparation entre l’activité de l’assurance-vie et l’assurance habitation. Selon la loi révisée, les sociétés opérantes sur le marché auront un délai de trois ans afin de pouvoir se plier aux nouveaux règlements, assurant ainsi la séparation des deux activités en deux sociétés différentes : « Il existe déjà des sociétés du secteur privé qui ont entrepris des avancées sérieuses concernant cette séparation », dit-il. De plus, Tareq Qandil, adjoint du gouverneur de la Banque Centrale d’Egypte et membre du conseil de l’Organisme de contrôle des assurances, assure que le secteur des assurances a réalisé au cours des six premiers mois de 2008 une croissance de 52,2 %, soit 3,5 milliards de L.E. contre 51,7 % pour l’année 2007. Ce chiffre record a été enregistré grâce à l’essor de la part des primes d’assurance-vie qui a contribué à 43,5 % des 3,5 milliards de L.E. les six premiers mois de 2008 contre 34,9 % en 2007. « Il est temps que les sociétés publiques, notamment Assurance Misr récupèrent leur place dominante, comme auparavant, dans le domaine de l’assurance-vie. Les prévisions faites par le Holding ont indiqué qu’Assurance Misr pourrait s’emparer de 65 % des primes de l’assurance-vie en 2012/2013 », estime Mounir. Mais il est probable que si Assurance Misr ne se redresse pas dans les deux ans à venir, elle « sera mise en vente à un investisseur étranger », tempère-t-il.

Dahlia Réda

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