Eté.
Un de nos lecteurs critique l’état des villes au cours de
cette saison comme Alexandrie, qui souffre d’un problème de
propreté.
Aménageons partout SVP
Tout d’abord, merci à Al-Ahram Hebdo, et tout
particulièrement à la page Courrier, qui nous offre
l’occasion de nous exprimer. Aujourd’hui, je voudrais
évoquer l’état des lieux dans les petites rues et les
quartiers pauvres de villes comme Alexandrie. C’est une
ville très propre, d’ailleurs une des plus propres d’Egypte,
et ce bien sûr à cause des efforts qui y sont réalisés.
Merci aux différents gouverneurs. Seulement voilà, dans
cette même ville, il y a aussi des endroits pas très
propres. En effet, quand on est sur la corniche, les rues et
les trottoirs sont très propres. Mais lorsqu’on entre dans
des rues et des quartiers plus lointains, les choses sont
quand même différentes.
Je pense que nous devrions aménager la ville d’Alexandrie
que nous aimons tous d’une façon plus complète, de façon à
rendre la ville entière et non une partie plus belle. Plus
que n’importe quelle autre ville, Alexandrie mérite
l’attention de tous les responsables à tous les niveaux.
Oui, le gouvernement, la société civile, les ONG, tous
doivent prendre part à ce genre de grands travaux pour le
bien de notre ville. Ainsi, l’aménagement de notre
Alexandrie sera l’exemple parfait pour toutes les grandes
villes d’Egypte.
Mona Hassan,
Alexandrie.
En finir avec les zones sauvages
Mes salutations à toute l’équipe d’Al-Ahram Hebdo, surtout
après la lecture de l’article « Un autre avenir est-il
possible ? », publié dans le numéro 725, sur le projet de
réaménagement du quartier d’Imbaba qui renferme des zones
sauvages et qui est oublié depuis très longtemps par les
autorités. En fait, malgré les suspicions chez beaucoup
d’habitants qui craignent d’en sortir perdants, je crois
qu’il est temps de prendre ce pas positif. Je crois qu’il
existe aussi, en plus d’Imbaba, d’autres zones sauvages qui
doivent être développées. Cela est une nécessité pour mettre
fin à ce casse-tête qui a défiguré le visage du Caire depuis
plus de 40 ans. 4 millions de personnes vivent dans 81 zones
d’urbanisation sauvage situées dans le Grand-Caire. Après la
défaite de 1967 et la détérioration du niveau de vie des
Egyptiens, des milliers d’habitants de la région du Canal
(Port-Saïd, Suez, Ismaïliya), du Delta et de la Haute-Egypte
sont venus s’installer au Caire, à la recherche d’un
travail. Ils ont mis la main sur des terrains inhabités et
ont construit, à leurs frais, de petites maisons en bois ou
en tôle. Certains ont même construit des maisons de
plusieurs étages pour les louer. Au fil des ans, ces
constructions sauvages se sont multipliées, favorisées
notamment par l’exode rural et la passivité des autorités
face au problème des constructions illégales. Du coup, cela
pousse certains habitants à commettre des crimes sociaux
contre la société qui les néglige. Développer ces zones doit
donc vraiment être une priorité du gouvernement.
Sara Ibrahim,
Le Caire.
Les « déchétariens » gagnent du terrain
Je ne vous remercierai jamais assez de nous offrir cet
espace de la page Courrier pour nous exprimer. Aujourd’hui,
j’ai envie de vous parler d’un mouvement qui commence à
envahir la France. Je parle des « déchétariens ». Oui, des «
déchétariens », un mouvement qui vient des Etats-Unis et qui
commence à bien s’installer en France. Il s’agit de jeunes
pas forcément en manque d’argent ou de moyens pour acheter
de la nourriture qui fouillent les poubelles des
supermarchés et des restaurants pour ramasser les denrées
jetées non périmées : une barquette d’œufs à qui manque deux
œufs, un concombre flétri, un bifteck dont l’emballage a été
ouvert ... Ce sont en fait des jeunes qui ont pris
conscience du gaspillage de nos sociétés de consommation.
Alors est-ce un signal d’alerte ou une mode qui va
disparaître ? Je m’interroge ...
Mona Bentahar,
France.
N’augmentez pas l’octane 80
Depuis quelques semaines, j’ai remarqué un encombrement
inhabituel dans certaines rues au Caire. Je me suis rendu
compte qu’il était provoqué par les files d’attente de
véhicules devant les stations d’essence proposant de
l’octane 80, devenu rare ces derniers temps. Ce genre de
carburant, très utilisé par les taxis, microbus et camions,
est moins cher. Mais avec la hausse des prix de l’octane 90
et 92, certains propriétaires de voitures particulières
utilisent maintenant de l’octane 80, ce qui a aggravé la
situation. D’autre part, des rumeurs se sont propagées selon
lesquelles le gouvernement a l’intention d’élever le prix de
l’essence 80, ce qui serait, selon moi, une grande erreur.
Car la mauvaise conjoncture économique ne permet pas
d’absorber d’autre hausse de prix, car elle aurait un effet
domino sur le prix des autres biens et services. Si ces
rumeurs deviennent réalité, il faudra s’attendre à un sévère
mécontentement de la population.
Ashraf Ali,
Le Caire.
Ahmad Helmi est surprenant
Pour la première fois après Keda Réda, l’acteur Ahmad Helmi
nous surprend avec un nouveau film, Assef ala al-izaag
(désolé pour le dérangement), dont le sujet est une
nouveauté par rapport à ce qui a récemment été présenté dans
les salles, loin de la politique, de la corruption, de la
violence, de l’homosexualité traitées par presque tous les
films actuels. Dans ce nouveau film, le poète Aymane Bahgat
Qamar présente pour la première fois le scénario d’un jeune
devenu schizophrène suite à la mort de son père, ancien
pilote. Ce film est habilement construit, car il donne
l’impression au spectateur que c’est la nature comique qui
domine toute l’histoire ... mais finit par nous faire vivre
le conflit psychologique dont souffre le personnage
principal. Dans ce rôle, Ahmad Helmi joue à la perfection
dans un registre que l’on ne lui connaissait pas, puisqu’il
a réussi à faire pleurer toute la salle !
Rougina Sarah Farag,
Le Caire.
Un verdict choquant
Nous avons tous suivi sur les chaînes satellites la scène
dramatique au tribunal de Safaga lorsque le propriétaire du
ferry Al-Salam 98 a été acquitté. Ce bateau avait coulé en
mer Rouge en février 2006 et causé la mort de 1 033
personnes. J’ai été choqué et touché par la réaction des
familles des victimes, dont beaucoup brandissaient des
photos de leurs proches disparus. Après l’énoncé du verdict,
les familles des victimes se sont mises à crier
hystériquement, certaines sont tombées par terre,
effondrées. On entendait répéter la formule « Dieu est notre
meilleur soutien ». Je crois que cette décision a désespéré
non seulement les familles des victimes, mais aussi des
milliers d’autres personnes qui estiment que le fautif
échappe à la sanction. On sait que le propriétaire n’est pas
la cause directe du naufrage du ferry, mais il lui était
notamment reproché un manque de maintenance du ferry, et le
fait de ne pas avoir alerté à temps les secours. L’absence
de preuves comme l’a indiqué le verdict n’a pas convaincu
les familles des victimes. Elle ont peut-être été apaisées
par la décision du procureur général, Abdel-Méguid Mahmoud,
de faire appel de la décision du tribunal, appelant même à
un nouveau procès. Ainsi tout le monde attend-il que les
familles des victimes trouvent justice et que les vrais
fautifs soient punis. Cela doit constituer un exemple des
risques encourus par ceux qui mettent la vie des autres en
danger.
Hossam Mamdouh,
Le Caire.