Palestiniens. Un
représentant du Hamas et un autre du Fatah répondent à nos questions sur la
crise.
Deux tentatives d’explication
Ihab Al-Ghassine, porte-parole du
ministère de l’Intérieur du Hamas déchu.
Al-Ahram Hebdo : Le quotidien israélien
Maariv citant des sources de sécurité estime que l’explosion qui a eu lieu sur
la plage de Gaza a été menée par une formation liée à Al-Qaëda et non par des
partisans du Fatah ...
Ihab Al-Ghassine : Les investigations ont prouvé le contraire. Les
enquêteurs du ministère de l’Intérieur poursuivent l’enquête et tous les
éléments démontrent jusqu’à présent que les suspects désignés dès le début sont
les instigateurs de l’attaque. Les forces de sécurité ont en effet déjoué
d’autres attaques que les accusés planifiaient. Le principal accusé Zaki
Al-Sakani devrait être bientôt interrogé, les médecins ont donné leur aval. En
tout cas, le ministre de l’Intérieur Saïd Seyyam devrait annoncer les
conclusions de l’enquête d’ici quelques jours.
— Nafez Azzam, un dirigeant du Djihad,
a affirmé pourtant qu’une issue de crise entre le Fatah et le Hamas est proche.
Dans quelle mesure ceci est-il vrai ?
—
J’espère qu’il y aura des mesures positives de la part de chaque partie. Le
Hamas a déjà libéré la plupart des partisans du Fatah arrêtés. Nous ne
maintenons que les principaux accusés. On parle d’une dizaine et non d’une
centaine comme véhiculent certains.
— Mais le Hamas est accusé d’avoir
arrêté arbitrairement des membres du Fatah, qui n’ont rien à voir avec
l’explosion ...
— La
majorité des arrestations ont eu lieu sur fond sécuritaire, à l’exception de
certaines interpellations qui ont touché des cadres du Fatah dans la bande de
Gaza. C’était une mesure particulière visant à faire pression sur le Fatah pour
libérer les membres du Hamas arrêtés en Cisjordanie. Même les sièges et
associations appartenant au Fatah et qui ont été fermés à la suite de
l’explosion, ont été en grande majorité rouverts, à l’exception de ceux qui
travaillent hors la loi. Notre gouvernement reste cependant ouvert à tout
dialogue avec le Fatah.
Fahmi Al-Zaarir, porte parole du
gouvernement du Fatah en Cisjordanie.
Al-Ahram Hebdo : Sur quelles bases
accusez-vous le Hamas ?
Fahmi Al-Zaarir : Le Hamas a procédé à des arrestations arbitraires. Au
moins 1 100 membres ou partisans du Fatah ont été interrogés dans la bande de
Gaza. C’est une mesure injustifiée et qui est en violation avec les droits des
Palestiniens et je crois que le Hamas a commis ainsi une grave erreur. Le
problème est encore suspendu en dépit du retour au calme. On estime à 180 le
nombre de personnes encore détenues, même s’il est difficile de confirmer les
chiffres vu la difficulté de communication avec nos partisans dans la bande de
Gaza. Ceux-ci parlent sous le sceau du secret de crainte de se faire arrêter. Même
les organisations des droits de l’homme et les avocats peinent à rencontrer
leurs clients détenus par le Hamas.
— Mais le Fatah ne détient-il
parallèlement pas des partisans du Hamas en Cisjordanie ?
—
L’Autorité palestinienne ne détient aucune personne en raison de son
appartenance politique. Tous les détenus ont été arrêtés de manière légale. Le
problème avec le Hamas c’est qu’il mêle l’armée censée être utilisée pour la
résistance dans les affaires interpalestiniennes.
Nous ne
voulons pas voir le coup d’Etat mené dans la bande de Gaza se reproduire en
Cisjordanie. Je crois que c’est la ligne rouge que l’Autorité palestinienne
s’est fixé.
— Quelle serait donc la prochaine
démarche ?
— Le
Fatah a donné un statut légal à ses choix. Et je crois que la prochaine phase
serait dure pour le Hamas s’il ne cherche pas à mettre un terme à la souffrance
des partisans du Fatah dans la bande de Gaza.
Propos recueillis par Achraf Aboul-Hol