Justice.
Vingt ans après la mort du poète, scénariste et
caricaturiste Salah Jahine, les droits d’auteur sur son
chef-d’œuvre Khalli balak min Zouzou (fais gaffe à Zouzou)
restent le sujet d’un litige.
Zouzou revient à la charge
La
famille du feu poète Salah Jahine vient, il y a quelques
semaines, d’intenter un procès contre la société Sawt
Al-Fan, réclamant les droits d’auteur du film Khalli balak
min Zouzou (fais gaffe à Zouzou), coproduit par Jahine dans
les années 1970. L’histoire remonte aux débuts des années
1990, lorsque la famille Jahine a demandé sa part des
revenus du film Khalli balak min Zouzou coproduit par Salah
Jahine, Takfor Antonian et Mona Qattane. Cette dernière a
intenté un procès pour faire reconnaître ses droits en tant
que troisième productrice du film. « C’est une question de
principe. J’essaie depuis des années de défendre mon droit à
une œuvre très chère à mon ex-partenaire, aujourd’hui
disparu. Je tiens fermement à défendre mes droits en tant
que l’un des trois producteurs du film. Je suis confiante
quant à la justice égyptienne », explique Mona Qattane,
veuve de Salah Jahine.
D’autre part, les héritiers de Jahine disent avoir
découvert, après sa mort, un document portant sa signature,
prétendant qu’il a renoncé à tous ses droits de coproducteur
du film. De quoi avoir soulevé la colère de toute la
famille, qui veut prouver la fausseté de la signature. La
sœur Bahiga Jahine ajoute : « Par pur hasard, mon amie Afaf
Tobbala, ancienne présidente de la chaîne Nile Drama, m’a
proposé d’acheter les droits de diffusion du film. Je suis
allée voir les héritiers de Takfor Antonian pour discuter de
la proposition de la télévision égyptienne. J’ai été
vraiment choquée lorsqu’on m’a dit que mon frère avait
renoncé à ses droits ».
Bahiga Jahine rejette l’idée même que son frère ait pu
prendre une telle décision sans prévenir sa famille.
D’ailleurs avec la floraison des chaînes satellites, les
chansons — très populaires du film — sont reprises à tort et
à travers, sans jamais consulter la famille.
Secondée par l’Union des écrivains égyptiens ainsi que par
la critique artistique, la famille Jahine insiste sur le
besoin urgent d’une remise en question et d’une intervention
ferme et efficace de la part des institutions
intellectuelles pour mettre terme à de nombreux cas
similaires.
Yasser Moheb