Al-Ahram Hebdo, Afrique | Instabilité chronique
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 Semaine du 13 au 19 août 2008, numéro 727

 

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Afrique

Guinée-Bissau. Après la dissolution du Parlement et l’annonce d’un coup d’Etat déjoué, un nouveau gouvernement a été formé pour mener le pays aux législatives du 16 novembre.

Instabilité chronique

La Guinée-Bissau n’en finit pas avec l’instabilité politique. Ce petit pays d’Afrique de l’ouest a encore affronté cette semaine des événements explosifs, cruciaux et successifs. Au début, le président bissau-guinéen Joao Bernardo Vieira a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale. Décision qui a conduit à la chute du gouvernement. Ces événements avaient été suivis par l’annonce d’un coup d’Etat déjoué et le chef d’état-major de la marine, le contre-amiral Jose Americo Bubo Na Tchute, a été arrêté.

Le porte-parole de l’armée, le colonel Arsene Balden, a expliqué : « Nous avons déjoué un coup d’Etat qui devait être perpétré par un groupe d’officiers dirigé par le contre-amiral Jose Americo Bubo Na Tchute, chef d’état-major de la marine nationale ». Aucune raison n’a été avancée pour expliquer ce coup de force contre le président Vieira. Arrivé au pouvoir par un putsch en 1980 puis lui-même renversé par une rébellion militaire en 1999, il a finalement été élu à la présidence en juillet 2005. « En ce moment, Bubo est en résidence surveillée en attendant que les enquêtes révèlent les circonstances et les éventuels complices », a ajouté le porte-parole. Selon Balde, le coup d’Etat a été déjoué facilement : « Mercredi, le contre-amiral Na Tchute avait contacté par téléphone plusieurs officiers supérieurs pour qu’ils se joignent à lui pour déposer le président. Ce sont des officiers qui ont informé le chef d’état-major des forces armées, le général Tagmé Na Waie, qui a ordonné son arrestation ». « Nous avons saisi le tribunal militaire et une commission d’enquête a été mise sur pied pour vérifier toutes les informations reçues et savoir si Bubo a d’éventuels complices et qui ils sont », a souligné le porte-parole. Un militaire joint par l’AFP et s’exprimant sous couvert de l’anonymat a précisé que « le contre-amiral avait tenté de sortir de Bissau pour rejoindre la garnison de Mansoa, située à 60 km de la capitale. Cette garnison abrite une unité d’élite de l’armée. Mais, il a été rattrapé et placé en résidence surveillée », a poursuivi ce militaire. Cette tentative de coup d’Etat accroît encore un peu plus la tension dans ce pays miné depuis une décennie par l’instabilité politique.

Mais les analystes prévoient que ce coup d’Etat est dû aux derniers événements. D’abord, la dissolution de l’Assemblée nationale, qui avait été suivie de la chute du gouvernement. Le président Vieira avait rapidement nommé un nouveau premier ministre, Carlos Correia, 72 ans, qui avait occupé les mêmes fonctions de 1991 à 1997, en annonçant que son nouveau gouvernement doit mener le pays aux élections législatives du 16 novembre. Et pour stabiliser la rue politique, le nouveau premier ministre a annoncé samedi dernier la composition de son gouvernement. Sa nouvelle équipe comprend 26 ministres (et sept secrétaires d’Etat), dont plusieurs appartenaient à l’ancien gouvernement. La plupart sont issus du PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et les îles du Cap-Vert), l’ex-parti unique qui compte 45 députés sur les 100. Depuis fin juillet, le PAIGC avait quitté le Pacte de stabilité politique national signé en mars 2007 entre les principales formations pour soutenir le gouvernement.

Aujourd’hui âgé de 69 ans, le chef de l’Etat peine depuis trois ans à obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Dans un contexte de crise économique et sociale, il avait dû se défaire, en avril 2007, sous la pression de l’armée et de certaines formations politiques, de son premier ministre Aristide Gomes. Actuellement, la situation est calme dans la capitale de ce petit pays africain, classé parmi les plus pauvres du monde et fragilisé par le trafic de cocaïne sud-américaine en transit vers les marchés européens. Mais le pays demeure instable surtout à l’approche des élections législatives.

Maha Salem

 

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