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 Semaine du 13 au 19 août 2008, numéro 727

 

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Afrique

Zimbabwe. La médiation du président sud-africain Thabo Mbeki se poursuit pour parvenir à un accord sur le partage du pouvoir entre le président Robert Mugabe et l’opposition.

Difficiles tractations

Les négociations entre Zimbabwéens pour un partage du pouvoir achoppent toujours, bien que des progrès ont été réalisés. Le cœur de la bataille porte désormais sur le contrôle de l’exécutif. Arguant de sa victoire au premier tour des dernières présidentielles, le chef de l’opposition  du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Morgan Tsvangirai, exige le contrôle de l’exécutif. Tandis que le chef de l’Etat, Robert Mugabe, soutenu par les puissants chefs de l’armée, de la police et des services secrets, n’entend pas céder les prérogatives de la présidence, qu’il pourrait conserver avec des fonctions honorifiques lui permettant de se retirer en héros.

« Les points difficiles seront réglés rapidement », a annoncé Robert Mugabe, le plus vieux chef d’Etat d’Afrique, sans détailler les questions litigieuses. Cependant, il a lancé une mise en garde à son rival. Il a déclaré : « Le Zimbabwe n’est pas à vendre et il ne sera plus jamais une colonie », avait-il lancé. « Si vous êtes du côté de l’ennemi ou s’il vous utilise, arrêtez. Arrêtez, afin que cela (l’accord à venir) ne soit pas une vaine unité ».

Après cette mise en garde, M. Mugabe, qui qualifiait encore récemment son rival de « laquais » de la Grande-Bretagne, avait toutefois tendu la main à l’opposant.

En présence du médiateur, le président sud-africain Thabo Mbeki, les deux protagonistes, Mugabe et Tsvangirai, ainsi que le dirigeant d’une faction dissidente du MDC, Arthur Mutambara, ont engagé depuis dimanche dernier des discussions  pour tenter de finaliser un accord satisfaisant à tous les partis en conflit. Mais la longueur des discussions témoigne de la profondeur des divisions et de la difficulté à trouver un accord qui permette de sortir le pays de la crise née de la défaite historique du régime aux élections générales du 29 mars dernier.

En effet, les deux composantes de l’opposition ont ravi, le 29 mars, au parti au pouvoir la Zanu-PF, sa majorité à la Chambre des députés, tandis que M. Tsvangirai arrivait largement en tête du premier tour de la présidentielle. Mais le MDC s’est retiré de la course pour le second tour le 27 juin, jetant l’éponge face aux violences contre ses partisans. Seul en lice, le président Mugabe a été réélu.

Pour trouver une issue à leurs questions, le 21 juillet, les dirigeants de l’opposition et du pouvoir s’étaient engagés à négocier un gouvernement de transition. Le principal point d’achoppement porterait sur la durée d’un gouvernement d’union avant l’organisation d’un nouveau scrutin, le régime souhaitant une transition de cinq ans et l’opposition préférant la limiter à moins de deux ans.

Mais le nouveau gouvernement et le partage du pouvoir ne sont pas les seuls points de divergence. L’accord doit porter aussi sur des issues à plusieurs questions dont les plus importantes concernent d’abord la question d’une amnistie pour les responsables des massacres perpétrés au début des années 1980 contre la Ndebele (l’ethnie minoritaire qui vit dans le sud du pays) et pour ceux des violences orchestrées contre l’opposition, ainsi que sur celles des sanctions imposées contre le régime par l’Occident depuis les premières élections contestées, en 2002.

L’accord doit aussi comprendre un article sur la question de la terre, dont la redistribution à la majorité noire catalyse les tensions. En 2000, il avait lancé une violente campagne d’occupation des terres, qui a débouché sur une réforme agraire précipitée. Quelque 4 000 fermiers blancs ont quitté le Zimbabwe, entraînant une chute brutale de la production agricole dans l’ancien grenier de l’Afrique australe. Selon les critiques du régime, cette redistribution non préparée a précipité la crise économique actuelle.

Le Zimbabwe est aujourd’hui enlisé dans une hyperinflation annuelle à plus de six chiffres, et la production industrielle est au point mort. Les denrées de base sont introuvables dans les magasins. Les Zimbabwéens attendaient l’issue des pourparlers dans l’anxiété : le gouvernement de transition aura la tâche herculéenne de relancer l’économie du pays.

Maha Salem

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