Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama , Le folklore africain
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Opinion

Le folklore africain

Salama A. Salama 

Le sommet africain de Charm Al-Cheikh a témoigné de l’un des aspects du folklore politique africain dont les volets se reflètent sur les conjonctures perturbées du continent . Le fait qui a placé dans une position embarrassante l’Egypte, en sa qualité de pays hôte, ainsi que tous les autres pays africains qui défendent les droits des peuples africains à la liberté et à la démocratie. Ce quand ils n’ont pas réussi à respecter les lignes séparant les slogans et les principes politiques en vigueur dans le monde entier des tendances tyranniques et des volontés de s’accaparer le pouvoir toute la vie. Des maux fort répandus dans le continent africain.

Le héros de cette histoire n’était autre que Robert Mugabe (84 ans), le président du Zimbabwe qui gouverne le pays depuis son indépendance il y a 28 ans. Lors des élections présidentielles, Mugabe ne s’était pas imaginé l’apparition d’une forte opposition étant donné son long passé national. Il a alors déployé tous ses efforts dans la poursuite du candidat de l’opposition qui a remporté le premier tour des élections. Il a alors ordonné sa détention. Ce qui l’a obligé à se retirer du second tour. Mugabe a alors déclaré sa victoire écrasante sur lui-même et s’est déclaré disposé, sous la pression des vives critiques adressées par les Etats-Unis et l’Europe, à entrer dans un dialogue avec l’opposition. Les Etats-Unis et l’Europe ont décidé de ne reconnaître en aucun cas la légitimité du pouvoir de Mugabe. Ils ont menacé d’imposer des sanctions contre son régime. Cette intransigeance occidentale était tout à fait prévisible à cause de la forte crise engendrée entre la Grande-Bretagne et Mugabe, lorsque ce dernier a décidé de nationaliser les terres des Blancs et de les en chasser. Le fait qui a engendré une crise économique écrasante au Zimbabwe qui a poussé des milliers à l’exode vers les pays voisins sous le joug de la faim.

L’embarras des pays africains s’est clairement reflété sur le sommet de l’Union africaine de Charm Al-Cheikh. Les pays africains ont observé le silence et se sont trouvés incapables de prendre une décision envers la légitimité de la situation au Zimbabwe à cause de la fraude électorale. Qui d’entre eux n’a pas eu recours à la fraude électorale dans son pays ? Une scène très drôle est survenue lors du sommet africain. Mugabe a déclaré qu’il ferait un scandale à tout leader africain qui oserait faire une allusion contre lui même par un signe du doigt.

Le sommet africain n’a trouvé d’autre issue à la crise que d’accepter un compromis en appelant Mugabe à parvenir à un accord avec le candidat de l’opposition et à former un gouvernement d’union nationale. Cette solution est désormais connue sous le nom de la solution kényane, car elle a été appliquée lors d’une crise kényane similaire et est devenue une ordonnance toute prête pour résoudre les maladies politiques endémiques de l’Afrique.

La situation devient encore plus compliquée avec la politique de deux poids deux mesures, mesure adoptée par l’Occident. En effet, les Etats-Unis et l’Europe ont favorablement accueilli cette solution lors de la crise kényane, alors qu’ils l’ont refusée en ce qui concerne le Zimbabwe à cause de la position de Mugabe envers les agriculteurs blancs ! C’est là l’imbroglio africain où les dirigeants se transforment en dieux et la démocratie en une pâte facile à modeler. Si cette démocratie ne se forme pas par la tyrannie et l’ignorance, elle se forme par les guerres civiles ou les menaces de son déclenchement, comme c’est le cas en Somalie ou entre l’Erythrée et Djibouti ou encore au Soudan et au Tchad.

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