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Liban . Alors que les différentes parties semblaient finalement s’être mises d’accord pour la distribution des portefeuilles, des divergences de dernières minutes ont une fois de plus retardé la formation du gouvernement.

L’exécutif se fait toujours attendre

L’annonce du nouveau gouvernement aurait dû avoir lieu samedi, mais comme prévu, elle a été retardée. C’est le sort réservé depuis des semaines à la formation du cabinet libanais. Les divergences persistent et chaque avancement qui se fait ne tarde pas d’être suivi d’une paralysie, laissant les antagonistes dans le même cercle vicieux. « Je poursuis mes consultations avec les protagonistes et je suis certain que très prochainement nous aboutirons » à un gouvernement, a déclaré le premier ministre Fouad Siniora aux journalistes, comme pour détendre la tension. Le premier ministre s’exprimait à l’issue d’un déjeuner de travail offert en son honneur par Michel Aoun, un dirigeant chrétien de l’opposition et chef du Courant patriotique libre.

Siniora a indiqué s’être mis d’accord avec le général Aoun « sur les portefeuilles et les personnalités » qui doivent en hériter, ajoutant qu’il devait « les rencontrer et discuter des détails » de leur prise de fonction. Une fois arrêtée, la liste des ministres sera soumise par Siniora au président libanais Michel Sleimane, qui la rendra publique.

Le chef du gouvernement a dit s’être entendu avec son interlocuteur sur sa représentation au sein de l’exécutif, qui restait l’un des principaux obstacles à sa mise sur pied.

« Nous avons discuté longuement sur la question des quatre portefeuilles et il y avait une grande entente » sur cette question, a poursuivi M. Siniora sans livrer de détails.

Selon Siniora, le bloc du changement et de la réforme aura les portefeuilles des Télécommunications, de l’Energie, de l’Agriculture et des Affaires sociales en sus du poste de vice-premier ministre. De sources proches des deux camps, on indique que la situation s’est débloquée après une série de contacts entre le premier ministre du Qatar et les dirigeants libanais.

La composition du cabinet achoppait depuis plusieurs semaines sur une revendication du général Aoun, un leader chrétien de l’opposition, qui réclamait que le président Michel Sleimane ne puisse désigner qu’un seul ministre et non deux à l’un des principaux portefeuilles, dits « souverains » : Défense, Intérieur, Finances et Affaires étrangères.

M. Siniora a souligné que le gouvernement d’union nationale était « une expérience à caractère exceptionnel dictée par des circonstances exceptionnelles » et a espéré un retour à la formule « démocratique qui prévalait préalablement : une majorité œuvrant pour rester au pouvoir et une opposition travaillant pour devenir majoritaire ».

Le gouvernement d’union nationale a été préconisé par l’accord de Doha, signé le 21 mai, et qui a permis de débloquer la situation à la suite de combats entre majorité et opposition, qui avaient fait 65 morts, soulevant les craintes d’une nouvelle guerre civile.

Cet accord donne à l’opposition, proche de Damas et Téhéran, une minorité de blocage. Il prévoit un cabinet de 30 ministres : 16 pour la majorité, 11 pour l’opposition et trois nommés par le chef de l’Etat qui doit désigner des personnes jugées neutres. Des désaccords sur la répartition des maroquins ont ensuite retardé la formation du gouvernement.

 

Siniora s’impatiente

M. Siniora a rappelé que le prochain gouvernement avait « une limite de temps » puisque ce cabinet sera considéré démissionnaire après la tenue des élections législatives prévues au printemps 2009.

Néanmoins, les propos apaisant du premier ministre sont loin d’éloigner l’éventualité de la présence de divergences interlibanaises empêchant la constitution du cabinet. Et pour preuve, l’abstention du premier ministre de fixer une date précise pour l’annonce du cabinet. Selon des sources libanaises, le retard actuel est dû à des divergences interchrétiennes parmi les forces du 14 mars. D’autre part, si le premier ministre chargé de former le cabinet ministériel a reçu les noms des candidats proposés par Aoun et que cette question est presque tranchée, il n’a pas encore obtenu les noms des candidats du Hezbollah ni ceux d’Amal. Ce qui pousse plusieurs à voir une intervention indirecte syrienne visant à retarder tout progrès. Le futur gouvernement comprendrait deux ministres issus du Hezbollah, en plus des neuf venus de ses alliés musulmans chiites, druzes et chrétiens.

La majorité disposerait, elle, de seize ministres. Les trois restants, sur un total de trente, seront désignés par le président, qui devrait nommer des proches aux ministères de la Défense et de l’Intérieur, a-t-on appris des mêmes sources.

Ces deux ministères revêtent d’une importance particulière du fait de la tension frontalière israélo-libanaise, notamment depuis la guerre de juillet 2006 et l’instabilité sécuritaire interne avec la poursuite des attentats et des assassinats.

Le prochain gouvernement aura la tâche d’apaiser les tensions politiques et religieuses, d’entériner la loi électorale prévue par l’accord de Doha et de préparer la tenue des élections législatives de 2009.

Une fois l’exécutif à pied d’œuvre, le chef de l’Etat devrait réunir les principaux acteurs de la scène politique pour évoquer les sujets les plus épineux, au premier rang desquels figure le désarmement des miliciens du Hezbollah tout en soulignant le droit à la résistance, le respect des résolutions internationales et la reprise du dialogue national .

Rania Adel

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