Al-Ahram Hebdo, Evénement | Un agenda exhaustif mais peu appliqué
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 Semaine du 9 au 15 juillet, numéro 722

 

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Evénement

UPM.Le processus de Barcelone décrié notamment par les pays du Sud a prévu cependant les différents institutions et rouages d’une coopération Nord-Sud.

Un agenda exhaustif
mais peu appliqué

« Les participants expriment leur conviction que la paix, la stabilité et la sécurité de la région méditerranéenne sont un bien commun qu’ils s’engagent à promouvoir et à renforcer par tous les moyens dont ils disposent. A cet effet, ils conviennent de mener un dialogue politique renforcé et régulier, fondé sur le respect des principes essentiels du droit international et réaffirment un certain nombre d’objectifs communs en matière de stabilité interne et externe ». C’est la déclaration dite de Barcelone qui a été lancée durant la Conférence euro-méditerranéenne des ministres des Affaires étrangères en novembre 1995, proclamant ainsi la naissance d’une première initiative de partenariat euro-méditerranéen. Connue aussi par l’Euromed ou le processus de Barcelone, cette initiative est formée des pays de l’UE, avec les dix autres Etats riverains de la Méditerranée : à savoir l’Algérie, l’Autorité palestinienne, l’Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. Depuis novembre 2007, l’Albanie et la Mauritanie sont devenues membres de l’Euromed.

Basé sur l’idée d’établir une aire de coopération commune à la Méditerranée, le processus de Barcelone avait un vaste programme de partenariat tournant autour de trois volets : un volet politique et sécuritaire, un volet économique et financier, et un volet social et culturel. Le renforcement de la coopération en matière de justice, de migration et d’intégration sociale était également un élément important du processus. Pour le volet politique et sécuritaire ; il avait pour objectif de définir un espace commun de paix et de stabilité, et surtout de contribuer à la résolution du conflit israélo-palestinien. Au niveau économique, le processus vise l’instauration d’un marché de libre-échange en 2010.

Quant au volet social, culturel et humain, il vise à favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles. Ce volet se décline autour de trois programmes : Euromed audiovisuel, Euromed héritage, Euromed jeunesse. Ces trois volets du processus de Barcelone ont bénéficié du soutien financier du programme qui leur sont dédiés : MEDA, dont l’enveloppe financière, sur la période 2000-2006, s’élève à 5,35 milliards d’euros. A ce dispositif s’ajoutent d’importantes interventions de la Banque Européenne d’Investissement (BEI).

Pour la mise en œuvre de cet agenda complexe, plusieurs institutions ont été créées. Le dialogue politique est ainsi mené depuis dans le cadre de la Conférence des ministres des Affaires étrangères, qui a lieu tous les 18 mois, et des réunions des ministres des Affaires étrangères à mi-parcours. La Fondation Anna Lindh, inaugurée le 20 avril 2005 à Alexandrie, vise à faciliter la coopération culturelle entre les peuples de la région méditerranéenne et à mener ainsi à terme l’objectif du troisième volet.

12 ans sont passés après la déclaration du Barcelone, on le désigne toujours comme un processus lent avec un bilan négatif. La porte vers le Sud reste toujours étroite. On parle toujours d’un écart de développement entre le Nord et le Sud. Pour les pays européens, l’échec du processus de Barcelone est dû en grande partie au désintéressement des pays arabes à engager des réformes. Par ailleurs, les acteurs du Sud sont aussi accusés de s’être peu à peu désintéressés du partenariat lui-même. Durant les dix premiers ans de celui-ci, seuls 2 chefs d’Etat du Sud avaient fait le déplacement : le premier ministre turc ainsi que le président de l’Autorité palestinienne. Les financements européens pour la région distribués jusqu’en 2006 ont ainsi atteint un total de 8,75 milliards d’euros. Un chiffre jugé insuffisant pour permettre aux pays du Sud d’accélérer significativement le rythme de croissance de leurs économies et de rétrécir le fossé qui les sépare dans ce domaine de l’Europe.

Le partenariat euro-méditerranéen s’était notamment donné pour objectif de mettre en place une zone de libre-échange régionale à l’horizon 2010. Or à ce jour, la Tunisie est le seul pays de l’espace Euromed à être entré, début 2008 dans cette dynamique pour ce qui est de ses produits industriels. D’autres pays, comme la Jordanie, Israël ou l’Egypte ont signé des accords allant dans ce sens.

L’Euromed s’est laissé prendre, en général,  dans les filets de la bureaucratie.

L’Union pour la Méditerranée est posée aujourd’hui pour donner une nouvelle dynamique au Barcelone. Un projet que nombreux s’accordent à présenter comme un processus de Barcelone bis. Et peut-être un échec bis .

Aliaa Al-Korachi

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Union européenne et Méditerranée : Chronologie

1972
Lancement de la politique méditerranéenne globale. La Communauté économique européenne négocie une série d’accords de commerce et de coopération bilatéraux avec les pays du pourtour méditerranéen.

1976
Signature de la « Convention pour la protection de la mer Méditerranée contre la pollution », résultat d’un effort de coopération régionale qui implique l’Union européenne et 21 pays riverains de la mer.

1990
La Commission européenne propose une politique méditerranéenne rénovée.

1995
 Conférence de Barcelone. Les ministres des Affaires étrangères des 15 pays européens et 12 pays méditerranéens (les pays du Maghreb et du Machreq, l’Autorité palestinienne, Israël, la Turquie, Malte et Chypre) lancent le partenariat euro-méditerranéen.

Signature de l’accord d’association UE-Israël.

1996
Signature de l’accord d’association UE-Maroc.

Approbation par le Conseil européen de la réglementation MEDA, principal instrument financier de la coopération Euromed.

1997
Signature de l’accord d’association UE-Autorité palestinienne et UE-Jordanie.

2000
Adoption de la « Stratégie commune de l’Union européenne pour la Méditerranée » visant à promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité dans la région.

2001
Première conférence des ministres euro-méditerranéens du Commerce.

2002
Création de la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat qui a pour objectif le soutien au développement du secteur privé en Méditerranée.

2003
Elargissement de l’Union européenne et lancement de la politique européenne de voisinage.

2004
Signature de l’Accord d’Agadir, visant à créer une zone de libre-échange entre l’Egypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie d’ici 2006.

La Commission européenne propose la création d’un instrument européen de voisinage et de partenariat.

2005
« Année de la Méditerranée »

Première réunion formelle de l’Assemblée parlementaire Euromed.

Inauguration de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures à Alexandrie.

Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement à Barcelone pour le dixième anniversaire du partenariat Euromed, marqué par l’absence de la quasi-totalité des dirigeants arabes.

2006
8e réunion ministérielle d’Euromed. La déclaration commune réaffirme l’engagement des partenaires sur la Feuille de route pour le Proche-Orient qui prévoit la création d’un Etat palestinien indépendant.

2007
Adoption du plan d’action UE-Liban et UE-Egypte dans le cadre de la politique européenne de voisinage.

2008
Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement européen donnent leur accord de principe au projet d’« Union pour la Méditerranée ».

 




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