Al-Ahram Hebdo, Idées | Abdel-Wahab Al-Messeiri, Une intelligence à part
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 Semaine du 9 au 15 juillet, numéro 722

 

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Idées

Hommage . Le penseur égyptien Abdel-Wahab Al-Messeiri, l’auteur de l’Encyclopédie Les Juifs, le judaïsme et le sionisme, s’est éteint la semaine dernière à l’âge de 70 ans. Témoignage de son ami, le professeur et économiste Galal Amine.

Une intelligence à part

Par : Dr Galal Amine

La nouvelle du décès du Dr Abdel-Wahab Al-Messeiri, qui s’est éteint, jeudi dernier, a eu un poignant effet sur moi. J’ai toujours voué un amour et un grand respect pour cet homme qui était entouré d’une aura particulière et qui était doté d’une mentalité de génie et d’un dynamisme et d‘une énergie allant au-delà de l’ordinaire.

Je n’étais pas d’accord avec lui sur toute la ligne. Il concevait la religion avec l’œil du philosophe, alors que j’avais un penchant de la considérer plutôt selon une approche sociale.

En politique, il trouvait que la seule solution résidait dans le face-à-face direct avec l’Etat. Ainsi était-il épris d’un fervent militantisme et d’un enthousiasme qui l’incitaient à se mêler à l’activisme politique. Alors que moi je préférais me tenir à l’écart. Cependant, même avec cette divergence de points de vue, notre amitié est restée intacte.

Il avait un charisme particulier généré par de nombreuses qualités : il côtoyait toujours les gens ordinaires, était toujours préoccupé par les menus détails de leur vie, voire de leurs moindres soucis. Loin de toute lourdeur ou agressivité, il était facilement abordable et avait de d’éthique. Il appréciait le sens de l’humour, et avait le don de recourir à la plaisanterie subtile pour faire régner une atmosphère décontractée dans son entourage.

Il avait une tête de génie, je ne pense pas avoir jamais rencontré une telle intelligence. Son cerveau ne cessait de bouillonner, de tourner dans tous les sens. Toujours prêt à saisir au vol toutes les idées qui lui étaient soumises, et qu’il digérait à la minute même pour en faire la matière première de ses théories. Jamais, il ne minimisait une idée, même si elle paraissait superficielle et futile. En la retravaillant, il la transformait en un joyau précieux.

A mon sens, c’est cette attitude mentale toujours alerte qui l’a incité à se fondre dans la foule, lorsqu’il s’est trouvé à la tête du mouvement d’opposition Kéfaya (assez). Même si la nature de ce travail populaire semble en contradiction avec la nature de son travail intellectuel. Et ce parce qu’Al-Messeiri n’a jamais senti que ses préoccupations intellectuelles pouvaient prendre le dessus sur les soucis des masses.

C’est cet équilibre délicat qu’il a pu réaliser entre ses préoccupations intellectuelles et philosophiques et celles des gens ordinaires, qui l’amenait à descendre dans la rue revendiquant leurs droits, et qui le rapprochait notamment du grand philosophe français Jean-Paul Sartre. Une particularité qui a été à l’origine de l’estime et du respect à leur égard . 

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