Al-Ahram Hebdo, Economie | L’initiative voit le jour
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 Semaine du 9 au 15 juillet, numéro 722

 

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Economie

Crédit Bureau. La société IScore a entamé le 1er juillet ses activités commerciales après avoir créé une base d’informations grâce au soutien de la Banque Centrale d’Egypte.

L’initiative voit le jour

Le 1er juillet marque le début de l’activité commerciale de la société de crédit bureau IScore en Egypte. Créée en septembre 2005 par 27 banques et le Fonds social de développement, IScore est la première société de ce genre dans le pays. Elle a entamé ses activités officiellement l’année dernière et son rôle consiste à collecter les informations — positives ou négatives — des emprunteurs auprès des banques, tels que les particuliers, les petites et les moyennes entreprises, endettés de 1 million de L.E. au maximum. IScore répertorie aussi les incidents sur les effets de commerce ainsi que les décisions judiciaires commerciales. Et ce, pour mieux analyser le risque des crédits et faciliter ensuite la prise de décision concernant l’octroi d’un financement. « En général, il faut une période de quatre ans avant que ce genre de société n’entame ses activités commerciales. Mais en Egypte, cela n’a pris que 30 mois, grâce au soutien de la Banque Centrale Egyptienne (BCE) qui nous a fourni la plateforme nécessaire », souligne Mohamad Réfaat, directeur exécutif de la société IScore. Il donne l’exemple de l’Arabie saoudite, où il a fallu 4 ans pour lancer ce projet qui n’a commencé qu’avec seulement 2 millions de références bancaires, soit la moitié du chiffre en Egypte. Ainsi, depuis le 1er juillet, IScore, comme le confirme Réfaat, collecte-t-elle, auprès des banques membres à la fin de chaque mois, le coût des rapports de crédits sur les particuliers et les sociétés, qui sont respectivement de 12 et 25 L.E. « Mais IScore a fourni ces rapports gratuitement aux banques ces 4 derniers mois », souligne-t-il.

En fait, d’après les chiffres officiels de IScore, celle-ci a réussi dans la période allant d’octobre 2007 à mai 2008, à collecter 4,1 millions de références bancaires : cartes de crédit et comptes de 2,4 millions de clients. 2,3 millions de ce chiffre sont des comptes particuliers alors que le reste concerne les petites et les moyennes entreprises. « Ces chiffres représentent 3 fois le total des comptes fournis par la BCE (800 000 comptes). Cette bonne performance est soutenue par la coopération des banques participant au système dont le nombre est aujourd’hui de 37. Citons à titre d’exemple, la Banque de développement et de crédit agricole qui nous a procuré des informations concernant les clients dans 6 gouvernorats », renchérit-il en ajoutant que 3 petites banques seulement, ne représentant que moins de 1 % du marché, trouvent des difficultés internes à coopérer avec le système et que la BCE essaie de surmonter.

Mahmoud Abdel-Aziz, l’adjoint du gouverneur de la BCE, a lui aussi félicité la coopération des banques à ce nouveau système. « La BCE soutient de toutes ses forces le système du crédit bureau. Et c’est ainsi qu’elle ne va pas se contenter du niveau de la coopération actuelle. Elle va évaluer le niveau de sa coopération avec la société, son engagement à lui procurer les informations nécessaires et les possibilités de la rendre plus efficace », explique-t-il en recommandant la création d’une unité spéciale pour recevoir les plaintes des clients. Pour sa part, Mohamad Réfaat estime que la société n’a pas besoin de créer cette unité. « On a déjà commencé à recevoir des plaintes. Depuis le début de ce mois, on a reçu 8 plaintes contre des banques qui ont refusé de leur octroyer des crédits. Et on a presque fini l’enquête concernant 6 plaintes », souligne-t-il en expliquant que la société doit présenter le résultat d’une enquête 25 jours après le dépôt de la plainte.

 

Agir avec les sociétés de télécommunications

Quant aux grandes banques privées participant au système, elles affirment ne pas encore en avoir profité. « Nous sommes dans la première phase du projet qui consiste à collecter les informations. Les résultats seront prometteurs au moment où la société élargira son activité et s’étendra au secteur non bancaire. L’activité d’IScore sera plus complète et regroupera toutes les grandes entités œuvrant sur le marché », prévoit un responsable au sein d’une grande banque privée étrangère qui a préféré conserver l’anonymat.

Mohamad Réfaat se défend en assurant que IScore commencera dès le début 2009 à agir avec les grandes sociétés de vente à crédit et les sociétés de télécommunications. « Nous avons pris l’autorisation du ministère des Télécommunications et de l’Organisme régulateur de coopérer avec les opérateurs mobiles à condition d’obtenir l’approbation du client, ce qui représente vraiment un problème », explique-t-il. D’ailleurs, cette initiative a incité les organisations internationales telles que la SFI (Société Financière Internationale) dépendante de la Banque mondiale, à annoncer la classification du pays en terme d’accès au crédit dans le rapport Doing Business 2008. « La place de l’Egypte s’est améliorée en passant de 156 en 2007 à 115 en 2008, sur 175 pays. Ainsi, cette place devrait-elle progresser dans le prochain rapport qui sera publié en 2009 », souligne Frederik Bustelo, spécialiste du secteur privé auprès de la Banque mondiale. Une progression qui s’améliorera d’autant plus avec la mise en place d’une base d’informations bancaire satisfaisante.

Gilane Magdi

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