Al-Ahram Hebdo,Arts | Au-delà des clivages
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 Semaine du 9 au 15 juillet, numéro 722

 

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Arts

Média. Jeunes sans frontières est une émission télévisée tournée conjointement au Caire et à Berlin, invitant un groupe de dix entre 18 et 25 ans à se jouer des frontières, les franchir et les manipuler.

Au-delà des clivages

« Ici, on ne fixe pas les gens dans la rue ! Et dans l’entreprise où j’ai été, ils n’ont pas de serveurs préparant thé et café ». Ces deux remarques qui peuvent paraître anodines au prime abord font partie du témoignage d’un jeune Egyptien qui a visité l’Allemagne pour la première fois, étant l’un des participants à l’émission conjointe préparée par la DW et la Télévision égyptienne. Cependant, elles révèlent en quelque sorte le concept de l’émission mensuelle, Jeunes sans frontières, reposant sur l’idée du regard croisé. Comment ces dix jeunes entre 18 et 25 ans se voient à l’ombre d’une globalisation de la culture juvénile ?

A travers le premier épisode récemment diffusé (soit toujours le dernier mercredi du mois, vers 20h en Egypte et 21h en Allemagne), l’on se rend compte combien la notion de frontière est importante. Car, elle nous permet de penser à la fois la différence et l’identité, la continuité et la discontinuité. Jamais, les désirs d’ouverture sur l’autre n’ont été si grands et les fidélités à soi aussi virulentes. Les jeunes vont du global au local, durant leur quête identitaire. Ils sont le produit et les acteurs d’un double mouvement : une globalisation de la culture juvénile et une diversification des itinéraires de vie. Ainsi, à travers le premier épisode, défilent les rêves des participants ; leurs liens avec les institutions familiales et extra-familiales ressortent. Sans doute, l’autonomie n’est pas acquise par ces jeunes de la même manière ici et là-bas, faute de ressources de toutes sortes et de coutumes. Cela se voit à travers la discussion sur la dépendance financière par rapport aux parents, par exemple.

On n’est pas sur le plateau pour prouver quoique ce soit, mais pour dialoguer et observer des tranches de vie filmées dans des petits reportages sur les candidats. Le thème choisi dans chaque épisode n’est qu’un prisme au travers duquel on pourrait comprendre la culture actuelle des jeunes : l’énergie et l’environnement, culture jeunesse, … « Durant le deuxième épisode tourné cette fois-ci au Caire, on relève les divergences des points de vue quant à l’acquisition de l’énergie nucléaire. Les jeunes Allemands s’en méfient, rappelant les tristes souvenirs de Tchernobyle. Et leurs homologues égyptiens veulent en disposer, trouvant que c’est leur droit, mais insistent à prendre toutes les précautions nécessaires », indique Moustapha Al-Saïd, directeur du service arabe de la DW, lancé à Berlin en 2002. La manière d’envisager les choses différemment est relevée de part et d’autre, même si l’émission est financée essentiellement par des fonds obtenus à l’Union européenne. Derrière le dialogue des jeunes que l’on voit sur écran, il y a aussi un dialogue des hommes des médias dans les deux pays. Abdellatif Al-Manawi, directeur de l’information à la Télévision égyptienne, affirme qu’il dispose de tous les droits d’objection quant au contenu et que l’animatrice du talk-show, Sahar Nagui, est égyptienne. Son équipe vient de tourner le deuxième épisode dans les rues du Caire et le palais historique de l’émir Taz. Un bon coup pour faire de la publicité touristique, mais aussi une belle occasion pour tous ces jeunes de faire réellement connaissance « au-delà des frontières ». C’est ce que confirme l’une des participantes, pas toujours d’accord avec ce que l’on dit : « Parfois, c’est un peu décevant par les postulats hâtifs et les réponses langue de bois, mais les coulisses sont très intéressantes ».

Dalia Chams

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