Palestine . Le président
palestinien, Mahmoud Abbass, a effectué cette semaine
une visite à Damas axée sur la nécessité d’unifier les rangs palestiniens. Une
mission des plus délicates qui semble n’avoir rien donné.
Escale syrienne peu productive
Les
résultats de la visite du président palestinien Mahmoud Abbass
à Damas sont minimes. Des rencontres officielles, des déclarations
diplomatiques et rien de plus. Le président syrien Bachar Al-Assad s’est
contenté d’appeler dimanche à déployer tous les efforts pour arriver à «
l’unité des rangs palestiniens », lors d’une rencontre avec son homologue
palestinien, selon l’agence officielle Sana.
M.
Assad a souligné « la nécessité de déployer tous les efforts pour réaliser
l’unité des rangs palestiniens, seul chemin pour récupérer les droits,
notamment l’édification d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour
capitale », a précisé Sana. Pour sa part, Abbass a salué « le rôle de la Syrie
dans le renforcement de la solidarité arabe, la réunification des Palestiniens
et l’appui des causes justes palestiniennes ».
Assad
et Abbass ont évoqué « le processus de paix et les développements régionaux »
lors d’une rencontre élargie ensuite aux délégations syrienne et palestinienne.
A son
arrivée à l’aéroport de Damas, Abbass, accueilli par le ministre syrien des
Affaires étrangères Walid Mouallem, avait déclaré qu’il examinerait avec Assad
les « négociations de paix avec Israël, la trêve (entre Israël et le Hamas) et
l’initiative palestinienne pour l’unité nationale ». Après un gel de huit ans,
Israël et la Syrie ont repris des négociations de paix indirectes sous l’égide
de la Turquie. Damas exige contre la paix la restitution intégrale du plateau
du Golan conquis par l’armée israélienne en juin 1967 et annexé en 1981.
Le Hamas toujours isolé
Au
cours de sa visite, le président palestinien Mahmoud Abbass s’est entretenu
lundi avec le chef du Djihad islamique Ramadan Abdallah Chalah mais a exclu de
rencontrer son rival, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a déclaré un
membre de la délégation palestinienne à l’AFP.
Les
entretiens de M. Abbass avec les représentants des mouvements palestiniens
visent à « mettre de l’ordre dans la maison palestinienne. Mais M. Abbass ne
rencontrera certainement pas » les chefs du Hamas à Damas, a poursuivi ce
responsable qui a requis l’anonymat.
Dimanche
soir, M. Abbass avait reçu séparément Nayef Hawatmeh et Maher Taher, respectivement secrétaire général et représentant du
Front Démocratique et du Front Populaire de Libération de la Palestine (FDLP et
FPLP), après des entretiens avec le président syrien Bachar
Al-Assad.
Toutefois,
au moment où les appels se multiplient pour colmater la brèche
inter-palestinienne, le plus important n’a pas été fait, à savoir une rencontre
entre le président palestinien et les dirigeants du mouvement islamiste du
Hamas, basés à Damas, notamment le chef en exil Khaled Mechaal.
Une source du Hamas dans la capitale syrienne a critiqué « le refus » de M. Abbass de le rencontrer. « Le chef de l’Autorité
palestinienne obéit au veto américain imposé au dialogue (inter-palestinien). Nous
sommes surpris par la position de M. Abbass notamment
après le lancement de son initiative le mois dernier et son acceptation par le
Hamas », a indiqué cette source à l’AFP.
En juin,
M. Abbass avait appelé au dialogue avec le Hamas,
rompant avec sa politique de refus de toute ouverture tant que les islamistes
du Hamas ne céderaient pas le contrôle de la bande de Gaza, où une fragile
trêve, signée avec Israël mi-juin, est en vigueur depuis le 19 juin. Le Hamas a
favorablement accueilli la main tendue par M. Abbass.
Toutefois,
samedi, Nabil Abou-Roudeina, porte-parole de M.
Abbas, avait dit à Amman que le président palestinien ne rencontrerait pas de
dirigeants du Hamas. La dernière visite de M. Abbass
en Syrie remonte à janvier 2007. Il avait alors rencontré M. Mechaal.
Un
mois plus tard, MM. Abbass et Mechaal
signaient, en Arabie saoudite, l’accord de La Mecque débouchant sur la
formation d’un fragile gouvernement d’union nationale, qui a volé en éclats
avec le coup de force du Hamas en juin 2007 dans la bande de Gaza .
R. A.