Archéologie.
Des archéologues japonais, sous la direction de Sakuji
Yoshimura, dévoilent aux visiteurs, par l’intermédiaire de
leur caméra, une barque ensevelie depuis 4 500 ans, à une
profondeur de dix mètres, sous le plateau de Guiza.
Une barque sous le sable
Les
touristes égyptiens et étrangers du plateau des pyramides
seront désormais capables d’apprécier, pour la première
fois, une seconde barque solaire du célèbre pharaon Chéops,
outre celle exposée au musée qui porte son nom.
Par l’intermédiaire d’une caméra de la mission archéologique
japonaise, de l’Université de Waseda, une centaine de
journalistes et de touristes ont pu découvrir, samedi
dernier, sur de grands écrans une barque solaire ensevelie
dont la sœur jumelle est exposée dans un musée tout proche.
« La caméra de la mission archéologique japonaise a permis
aux touristes et leur a facilité de révéler cette
embarcation en bois. Il s’agit en fait d’un procédé unique
en son genre pour étudier une barque en bois ensevelie
depuis près de 4 500 ans sur le plateau de Guiza, près du
Caire, et dont l’exposition à l’air libre menaçait
d’endommager », explique Zahi Hawas, secrétaire général du
Conseil Suprême des Antiquités (CSA), aux participants à la
festivité organisée pour célébrer l’événement. « C’est la
première fois qu’une telle technologie (...) est employée
pour visionner des antiquités enfouies », a affirmé Hawas
aux journalistes. « Cela permettra de juger de leur état
(les antiquités) et d’étudier les possibilités de les
restaurer et de les transporter ailleurs », a-t-il ajouté.
Zahi a, par cette procédure, accompagné la foule
participante dans un voyage dans le temps et dans la terre
dévoilant quelques secrets de la barque ensevelie. Or, cette
seconde barque solaire de Chéops devait servir à transporter
le corps des pharaons. « Cette barque solaire, longue d’une
quarantaine de mètres, avait été mise au jour — lors des
travaux de nettoyage de la partie sud de la grande pyramide
en 1954 — par l’ingénieur égyptien Kamal Al-Mallakh, en même
temps que l’autre barque était exposée dans le musée. Ces
barques, enterrées dans des fosses près des chambres
mortuaires, étaient utilisées lors de la cérémonie funèbre
pour le passage du pharaon d’une rive à l’autre du Nil »,
explique Nadia Abdel-Rahmane, directrice du musée de la
barque solaire.
Il semble jusqu’à ce moment que c’est une barque à voile. On
ne pourra s’assurer qu’après les travaux de son transport,
de sa reconstruction et de sa restauration. La barque a été
en fait démantelée et rangée dans une fosse pour faciliter
sa reconstruction. Les premières études ont démontré que la
barque est fabriquée du bois de cèdre comme la première.
Après
des études qui ont duré environ vingt ans, les Japonais ont
aussi présenté à l’Egypte un projet d’un coût de 20 millions
de L.E. visant à la restauration du bois de la barque
solaire ensevelie et sa reconstruction. « Un comité
scientifique étudie actuellement au CSA la possibilité de la
réalisation du projet japonais. Ce comité est formé entre
autres du Dr Farouq Al-Baz et du Dr Omar Al-Arini. En 1987,
des membres de l’Assemblée géographique américaine dont le
siège est à Washington a filmé le contenu de la fosse où se
trouve la barque solaire. Ils ont dévoilé qu’il existe
plusieurs genres d’insectes sur le bois de la barque et que
des parties sont abîmées et ont été trouées peut-être au
moment de la découverte en 1954 », explique Abdel-Fattah
Métoualli, trésorier du musée de la barque solaire.
La mission archéologique japonaise, de l’Université Waseda,
avait entamé ses travaux sur le site en 1992. L’équipe
scientifique de la mission s’est débarrassée des insectes
qui se trouvaient dans la fosse. Les Japonais ont aussi
construit sur la fosse une structure pour protéger la barque
des rayons du soleil. Depuis, des fuites d’eau provenant du
musée consacré à l’autre barque ont également été repérées.
« Même si nous ne savons pas encore exactement l’impact de
l’eau, je peux dire d’ores et déjà qu’elle a atteint une
petite partie du bois, d’où la nécessité de finir rapidement
l’étude et de restaurer le bois », a indiqué Sakuji
Yoshimura, directeur du bureau de l’Université Waseda au
Caire. Les archéologues japonais avaient donc introduit, il
y a cinq mois, une caméra dans une fosse recouverte de blocs
de pierres et située à quelques mètres au sud de la grande
pyramide de Chéops (IVe dynastie).
Les touristes peuvent regarder les écrans exposant la barque
ensevelie après avoir payé une somme qui sera déterminée
prochainement par les responsables du CSA.
On étudie ces jours-ci la possibilité du transport de cette
barque pour être exposée dans le nouveau musée égyptien dont
l’inauguration est prévue en 2011. La barque solaire exposée
au musée sera peut-être encore transférée au nouveau musée
égyptien si le transfert ne la menace pas de destruction,
comme l’a annoncé Hawas.
Amira
Samir