Al-Ahram Hebdo, Voyages | Une barque sous le sable
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 Semaine du 23 au 29 juillet 2008, numéro 724

 

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Voyages

Archéologie. Des archéologues japonais, sous la direction de Sakuji Yoshimura, dévoilent aux visiteurs, par l’intermédiaire de leur caméra, une barque ensevelie depuis 4 500 ans, à une profondeur de dix mètres, sous le plateau de Guiza.

Une barque sous le sable

Les touristes égyptiens et étrangers du plateau des pyramides seront désormais capables d’apprécier, pour la première fois, une seconde barque solaire du célèbre pharaon Chéops, outre celle exposée au musée qui porte son nom.

Par l’intermédiaire d’une caméra de la mission archéologique japonaise, de l’Université de Waseda, une centaine de journalistes et de touristes ont pu découvrir, samedi dernier, sur de grands écrans une barque solaire ensevelie dont la sœur jumelle est exposée dans un musée tout proche.

« La caméra de la mission archéologique japonaise a permis aux touristes et leur a facilité de révéler cette embarcation en bois. Il s’agit en fait d’un procédé unique en son genre pour étudier une barque en bois ensevelie depuis près de 4 500 ans sur le plateau de Guiza, près du Caire, et dont l’exposition à l’air libre menaçait d’endommager », explique Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), aux participants à la festivité organisée pour célébrer l’événement. « C’est la première fois qu’une telle technologie (...) est employée pour visionner des antiquités enfouies », a affirmé Hawas aux journalistes. « Cela permettra de juger de leur état (les antiquités) et d’étudier les possibilités de les restaurer et de les transporter ailleurs », a-t-il ajouté.

Zahi a, par cette procédure, accompagné la foule participante dans un voyage dans le temps et dans la terre dévoilant quelques secrets de la barque ensevelie. Or, cette seconde barque solaire de Chéops devait servir à transporter le corps des pharaons. « Cette barque solaire, longue d’une quarantaine de mètres, avait été mise au jour — lors des travaux de nettoyage de la partie sud de la grande pyramide en 1954 — par l’ingénieur égyptien Kamal Al-Mallakh, en même temps que l’autre barque était exposée dans le musée. Ces barques, enterrées dans des fosses près des chambres mortuaires, étaient utilisées lors de la cérémonie funèbre pour le passage du pharaon d’une rive à l’autre du Nil », explique Nadia Abdel-Rahmane, directrice du musée de la barque solaire.

Il semble jusqu’à ce moment que c’est une barque à voile. On ne pourra s’assurer qu’après les travaux de son transport, de sa reconstruction et de sa restauration. La barque a été en fait démantelée et rangée dans une fosse pour faciliter sa reconstruction. Les premières études ont démontré que la barque est fabriquée du bois de cèdre comme la première.

Après des études qui ont duré environ vingt ans, les Japonais ont aussi présenté à l’Egypte un projet d’un coût de 20 millions de L.E. visant à la restauration du bois de la barque solaire ensevelie et sa reconstruction. « Un comité scientifique étudie actuellement au CSA la possibilité de la réalisation du projet japonais. Ce comité est formé entre autres du Dr Farouq Al-Baz et du Dr Omar Al-Arini. En 1987, des membres de l’Assemblée géographique américaine dont le siège est à Washington a filmé le contenu de la fosse où se trouve la barque solaire. Ils ont dévoilé qu’il existe plusieurs genres d’insectes sur le bois de la barque et que des parties sont abîmées et ont été trouées peut-être au moment de la découverte en 1954 », explique Abdel-Fattah Métoualli, trésorier du musée de la barque solaire.

La mission archéologique japonaise, de l’Université Waseda, avait entamé ses travaux sur le site en 1992. L’équipe scientifique de la mission s’est débarrassée des insectes qui se trouvaient dans la fosse. Les Japonais ont aussi construit sur la fosse une structure pour protéger la barque des rayons du soleil. Depuis, des fuites d’eau provenant du musée consacré à l’autre barque ont également été repérées. « Même si nous ne savons pas encore exactement l’impact de l’eau, je peux dire d’ores et déjà qu’elle a atteint une petite partie du bois, d’où la nécessité de finir rapidement l’étude et de restaurer le bois », a indiqué Sakuji Yoshimura, directeur du bureau de l’Université Waseda au Caire. Les archéologues japonais avaient donc introduit, il y a cinq mois, une caméra dans une fosse recouverte de blocs de pierres et située à quelques mètres au sud de la grande pyramide de Chéops (IVe dynastie).

Les touristes peuvent regarder les écrans exposant la barque ensevelie après avoir payé une somme qui sera déterminée prochainement par les responsables du CSA.

On étudie ces jours-ci la possibilité du transport de cette barque pour être exposée dans le nouveau musée égyptien dont l’inauguration est prévue en 2011. La barque solaire exposée au musée sera peut-être encore transférée au nouveau musée égyptien si le transfert ne la menace pas de destruction, comme l’a annoncé Hawas.

Amira Samir

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