Al-Ahram Hebdo, Sports | Abdel-Rahim Mondir, « Au Maroc, le tennis est le deuxième sport derrière le football »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 23 au 29 juillet 2008, numéro 724

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Sports

Tennis. Le Maroc a perdu sa rencontre décisive contre l’Egypte disputée du 18 au 20 juillet au Caire, en groupe II de la zone euro-africaine de la Coupe Davis. Entretien avec Abdel-Rahim Mondir, entraîneur de l’équipe marocaine. 

« Au Maroc, le tennis est le deuxième sport
derrière le football »
 

Al-Ahram Hebdo : Comment jugez-vous la défaite du Maroc face à l’Egypte ?

Abdel-Rahim Mondir : Avant la rencontre, nous étions les favoris de ce match. Moi, je pense toujours en terme de victoire mais tout en sachant que c’est un sport et donc il y aura un gagnant et un perdant. Nous avons joué contre l’Egypte avec modestie, match par match et jour par jour, en donnant aux Egyptiens une grande importance car ils sont des joueurs bien classés à l’ATP. Mais la chance n’était pas de notre côté. Lors de la première journée de la rencontre, mes deux joueurs ont été blessés durant leurs matchs, ce qui a affecté le résultat de la rencontre. Ce match était d’une importance énorme car c’était une rencontre décisive, un play-off du groupe II de la zone euro-africaine de la Coupe Davis. Après avoir perdu notre match au premier tour devant l’Irlande (2-3), nous étions obligés de disputer ce match contre l’Egypte. Donc, le Maroc allait rejoindre le groupe III. Ce qui a représenté un lourd fardeau pour nous, car le Maroc n’a jamais joué en groupe III. En fait, le Maroc possède une histoire prestigieuse en Coupe Davis. Ce pays, qui a commencé à participer à la Coupe Davis en 1961, a joué en groupe mondial à 3 reprises, en 2001, 2002 et 2004.

— Le fait de jouer cette rencontre en Egypte a-t-il représenté un handicap pour les joueurs ?

— Bien sûr, l’Egypte avait l’avantage de jouer à domicile parce qu’elle possède l’avantage de jouer devant son public et les Egyptiens sont habitués au terrain et au climat de leur pays qui est chaud. Mais mes joueurs sont aussi habitués à cela. Je suis l’entraîneur de l’équipe depuis 1993, et nous avons disputé un bon nombre de matchs à l’étranger. Tous les joueurs de l’équipe nationale évoluent en France dans des clubs prestigieux et ils disputent encore les tournois internationaux organisés au Maroc. De plus, ils participent au circuit mondial.

— Comment jugez-vous le niveau des joueurs marocains ?

— Excellent, j’ai une équipe d’un niveau très élevé, c’est seulement l’état d’esprit qui fait la différence dans les matchs. Le meilleur Marocain classé est Réda Al-Emrani, il y a deux semaines il était le numéro 395 au classement ATP, aujourd’hui après avoir perdu quelques points il est devenu le numéro 548. Ce tennisman a seulement 20 ans, donc imaginez-vous ce qu’il pourra réaliser dans les années à venir. En fait, l’équipe marocaine est composée de jeunes joueurs. Le seul joueur âgé et expérimenté dans l’équipe est Talal Ouhabi qui a 30 ans. Aujourd’hui, il est le numéro 700 au classement mondial, mais cette année il n’a pas disputé un grand nombre de compétitions internationales et il a subi une blessure. Donc, ces joueurs représentent l’avenir du tennis marocain.

— L’absence de Younès Al-Aynaoui à cause de sa blessure a-t-elle affecté le résultat de la rencontre ?

— Au Maroc, Younès Al-Aynaoui est une légende pour le tennis en particulier et pour le sport en général. Il a rendu hommage à son pays grâce à ses excellentes performances et son classement ATP, aujourd’hui il est le numéro 165 (en 2003, il était 14e mondial). Nous bénéficions de ses résultats pour encourager les jeunes joueurs qui le considèrent comme une idole. Mais quand on fait ce métier, nous travaillons toujours pour la victoire car il n’existe pas de match nul comme au football. Ce qui a affecté notre performance, c’est le manque de chance comme je l’ai déjà dit.

— En 2004, le Maroc était en groupe mondial de la Coupe Davis. Pensez-vous que cette équipe pourra rééditer cet exploit ?

— Le tennis marocain avait connu une époque exceptionnelle à la fin des années 1990 avec la présence de Hicham Arazi, Karim Alami et Younès Al-Aynaoui, qui ont réalisé des exploits pour le pays et qui ont réalisé les meilleurs classements ATP pour le Maroc. Ces joueurs ont placé la barre très haut pour la future génération. En 2000 et en 2003, Younès Al-Aynaoui, par exemple, a atteint les quarts de finale à l’Open d’Australie et à l’US Open, qui sont des tournois du Grand Slam. Aujourd’hui, notre meilleur joueur classé est Younès Al-Aynaoui qui occupe la 165e place. Mais nous sommes dans une phase de transition, à l’instar de ce qui s’est passé aux grandes fédérations internationales telles que les fédérations française, anglaise et américaine. L’équipe change de peau. Il faut être patient et continuer à travailler afin d’arriver à notre but. Durant les dernières années, nous avons commencé à nous intéresser aux jeunes pour avoir une nouvelle génération capable de rééditer les anciens exploits. Aujourd’hui, nous avons une très bonne équipe composée de jeunes joueurs talentueux qui ont besoin de l’expérience en disputant un grand nombre de matchs. Donc avec le temps, ces joueurs s’amélioreront et ils pourront aller loin. Nous travaillons pour former des joueurs qui pourront un jour concurrencer les tops du monde.

— Quelle est l’importance du tennis au Maroc ?

— Au Maroc, le tennis est un sport populaire, il est le deuxième sport derrière le football. Au départ, il était le sport des élites mais il commence à gagner du terrain par rapport au football. Bien sûr, il n’est pas au niveau du football mais on n’est pas loin. Les jeunes se dirigent vers ce sport accessible dans la plupart des clubs, dans les écoles et dans les facultés. Au Maroc, il existe plus de 74 clubs qui pratiquent cette discipline. Ces clubs sont indépendants de la Fédération marocaine. Cette dernière organise près de 20 tournois internationaux par an. Aujourd’hui, il existe près de 4 000 joueurs dans le pays. Le tennis est pratiqué dans tous les coins du Maroc. De nouveaux clubs, de nouvelles académies sont fondés. Par exemple, je possède une académie de tennis au Maroc. Dans cette académie, nous avons donné les moyens à la future génération de pouvoir travailler au Maroc pour devenir plus forte. Nous travaillons les méthodes, les techniques et l’état physique des joueurs. Le but de cette académie est d’offrir aux joueurs la possibilité de travailler au Maroc et de ne pas immigrer aux Etats-Unis ou en Europe. De plus, nous recevons à l’académie des joueurs qui viennent de Suisse, d’Allemagne, de  France pour jouir du climat et de mon système d’entraînement. Ces nouveaux clubs et académies jouent un grand rôle dans la progression du sport. Aujourd’hui, la base des pratiquants a beaucoup augmenté, ce qui a de bons effets sur la sélection nationale.

Propos recueillis par Doaa Badr

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.