Un nouveau monde, de nouvelles crises
Morsi Attalla
Pour
la première fois, une demande d’arrestation par la Cour
Pénale Internationale (CPI) est émise contre un chef d’Etat
en exercice. En effet, le président soudanais Omar Al-Béchir
est accusé de génocide et de crimes contre l’humanité par la
CPI qui a lancé un mandat d’arrêt contre lui.
Il est certain que la décision de la CPI envers le président
soudanais constitue un tournant décisif sur la voie des
relations internationales. Effectivement, cette décision
ouvre la porte à de nombreuses confusions inquiétantes où
les décisions politiques se mélangent aux accusations
judiciaires exploitées au service des intérêts
internationaux.
Pour bien comprendre ce dossier, il faut procéder à une
nouvelle lecture de la situation régionale et
internationale, tout en prenant en considération que nous
vivons une époque nouvelle où les intérêts sont différents.
Ceci nécessite d’élaborer une conception arabo-africaine
commune autour des moyens de traiter avec les conjonctures
actuelles et les nouveaux équilibres.
Pour être plus clair, il faut dire que le nouveau monde dans
lequel nous vivons actuellement ne prend en considération
que les intérêts de ceux qui réussissent vraiment à se faire
reconnaître et à bien connaître le monde qui les entoure.
L’instant décisif que l’humanité vit actuellement nécessite
de faire de notre mieux pour éviter les dangers actuels et à
venir. Avant tout, il faut lire tous les événements qui nous
entourent avec objectivité et sagesse. Ce qui signifie qu’il
faut faire son autocritique sans jeter toute la
responsabilité des crises et des dangers sur les forces
extérieures. Car il est sûr que ces forces n’auraient jamais
réussi à intervenir dans nos destins s’il n’y avait pas de
crises autant annoncées que cachées à l’intérieur de nos
patries. Il n’est pas uniquement question d’annoncer que
nous refusons les préludes d’une tutelle étrangère. Il faut
avant tout être franc avec nous-mêmes en insistant sur le
besoin pressant de se baser sur une vision claire et une
pensée flexible lorsqu’il est question de crises aussi
dangereuses.
L’important n’est donc pas de prendre des décisions
émotionnelles qui mèneraient à répandre encore plus de
craintes et d’inquiétude. La première chose à faire est de
comprendre le volume réel de l’impasse actuelle avec un
esprit nouveau, capable de tenir les rênes d’une initiative
visant à sortir de la crise avec une bonne compréhension des
conjonctures actuelles d’un nouveau monde dont les lois et
les jugements sont en perpétuel changement.