Nucléaire iranien :
Retour de l’option diplomatique ?
Eclaircie ? Les brumes qui dominent la question du
nucléaire iranien vont-elles se dissiper, du moins
partiellement ? La réunion qui a eu lieu à Genève semble
porteuse d’espoir dans une crise où l’on s’attend
toujours au pire. Le diplomate en chef de l’UE, Javier
Solana, a retrouvé le négociateur iranien sur le
nucléaire Saïd Jalili, avec
le petit espoir que l’assouplissement amorcé par
Washington amènera enfin aux négociations. D’ailleurs,
le président iranien, Mahmoud
Ahmadinejad, a qualifié de « pas en avant » les
négociations de Genève, alors qu’il reste deux semaines
à Téhéran pour répondre à l’offre des grandes puissances
et éviter de nouvelles sanctions sur son programme
nucléaire. Ce qui compte aussi c’est que, pour la
première fois depuis deux ans, il tente de dialoguer
avec les Iraniens, M. Solana a eu à ses côtés un
représentant de chacun des six pays impliqués dans les
négociations sur ce dossier lourd de tensions
internationales : France, Allemagne, Grande-Bretagne,
Russie, Chine et surtout Etats-Unis, avec la présence
inédite du numéro 3 du département d’Etat, William
Burns. La participation de M. Burns marque un revirement
spectaculaire de l’Administration de George Bush. Elle
avait fait jusqu’ici de la suspension de
l’enrichissement d’uranium — soupçonné d’alimenter un
programme secret de fabrication de l’arme atomique — la
condition impérative d’une présence américaine à des
négociations multilatérales avec l’Iran.
Peu après ce geste américain, le chef de la diplomatie
iranienne, Manouchehr
Mottaki, a indiqué que son
pays étudiait un projet américain d’ouverture d’une
section diplomatique en Iran. Cela témoignerait d’un
véritable réchauffement entre Téhéran et Washington, qui
n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980. Les
Américains, il est vrai, campent sur leur position. Les
Etats-Unis ont demandé à l’Iran de faire un choix clair
entre « la coopération » et « la confrontation » qui
signifierait de nouvelles sanctions. Washington a, de
nouveau, exigé la suspension de l’enrichissement
d’uranium avant tout dialogue avec Téhéran.
Cela dit, on ne peut que relever un climat nouveau. Les
propositions occidentales sont politiques et économiques
: sortir Téhéran de son isolement diplomatique et
consacrer son rôle de puissance régionale, mais aussi
développer les échanges y compris dans le domaine de
l’aviation et du nucléaire civil, domaine dans lequel
les grandes puissances proposent de fournir des
technologies dernier cri à Téhéran. Tout est affaire de
marché donc, ce qui est souhaitable c’est que la
sécurité des peuples en profite.