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 Semaine du 23 au 29 juillet 2008, numéro 724

 

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Iraq. Les termes assez flous de l’accord Maliki-Bush sur le statut des troupes américaines ne donnent aucune idée de ce que pourrait être « l’horizon temporel » de retrait de ces dernières.

A défaut de calendrier, un horizon

Plus les élections présidentielles américaines s’approchent, plus les spéculations sur la présence des forces américaines en Iraq augmentent et plus des changements dans les prises de position sont attendus. Un premier indice révélateur de cet état de choses a paru cette semaine lorsque le président américain George Bush et le premier ministre iraqien, Nouri Al-Maliki, ont déclaré que leur accord sur le statut des troupes américaines fixe une échéance pour le retrait des soldats stationnés en Iraq. Lors d’une de leurs vidéoconférences, MM. Bush et Maliki se sont accordés sur l’idée d’un « horizon temporel général pour atteindre des objectifs » tels que « la poursuite de la réduction des forces de combat américaines d’Iraq », a annoncé un communiqué de la Maison Blanche. La Maison Blanche a fait savoir que Bush et Maliki s’étaient « mis d’accord sur une voie commune destinée à conclure ces négociations dès que possible ». Les autorités américaines et iraqiennes négocient actuellement le futur accord sur le statut des forces étrangères, qui fournira une base légale à la présence des militaires américains après l’expiration à la fin de l’année du mandat de l’Onu en vigueur.

« En matière de coopération sécuritaire, le président et le premier ministre ont reconnu que l’amélioration de la situation permettait aux accords en cours de négociation d’inclure une échéance générale pour remplir des objectifs, tels que la gestion par les Iraqiens de la sécurité de leurs villes et de leurs provinces, et une nouvelle réduction du nombre d’unités de combat américaines en Iraq », indique la présidence.

De même, le porte-parole du gouvernement iraqien, Ali Al-Dabbagh, a souligné que Bush et Maliki s’étaient attachés à « délimiter une échéance pour le transfert complet de la sécurité aux forces iraqiennes, afin de préparer la réduction des effectifs américains et leur retrait d’Iraq ».

Cet horizon temporel demeure très vague, d’autant plus que le communiqué de la Maison Blanche parle de diminution des effectifs, et non pas de retrait. Il ne parle aussi que des troupes de combat, ce qui n’exclut pas le maintien d’autres forces. L’Administration américaine a pris soin vendredi d’éviter le terme de « calendrier », régulièrement employé par les détracteurs de l’engagement américain en Iraq.

Cependant, selon la version du gouvernement iraqien, il a bien été question de « date butoir pour le transfert complet de la responsabilité de la sécurité entre les mains des forces iraqiennes afin de diminuer le nombre de soldats américains en Iraq et de procéder ensuite à leur retrait ».

Par ailleurs, la Maison Blanche n’évoque pas l’objectif, d’abord fixé, de conclure avant fin juillet les négociations sur la présence militaire américaine.

 

Déclaration controversée

Face à cette confusion, l’annonce iraqo-américainne concernant cet horizon temporel a suscité bon nombre de controverses. Pour certains, il s’agit d’une fin de non-recevoir à tous ceux qui, aux Etats-Unis ou en Iraq, réclament une date fixe ou un calendrier de retrait, voire un départ immédiat exigé par ceux qui dénoncent la présence américaine comme une « occupation ». Certains dirigeants iraqiens étaient allés récemment jusqu’à réclamer une date fixe de retrait avant d’atténuer leurs propos.

En revanche, cela peut aussi passer pour une concession de la part d’un président qui a toujours rejeté des échéances de départ. Il s’agit d’un changement de fond puisque jamais l’Administration américaine n’avait encore accepté une perspective qui se rapproche autant d’un calendrier de retrait. Bush refuse catégoriquement tout calendrier de retrait précis, qui aiderait, selon lui, l’insurrection à renverser le gouvernement iraqien.

L’annonce de la Maison Blanche survient aussi à un moment crucial parce que la campagne présidentielle bat son plein et l’Iraq suscite l’un des contrastes les plus forts entre le Républicain John McCain, d’accord avec M. Bush, et le Démocrate Barack Obama. La guerre continue toujours d’être impopulaire aux Etats-Unis. M. Obama, qui a effectué une visite en Iraq lundi dernier, a promis de retirer toutes les troupes de combat dans les 16 mois s’il est élu. Beaucoup d’analystes ont même vu dans la concession américaine une volonté de couper l’herbe sous les pieds d’Obama d’une part et de contenir la colère de la foule quant à la guerre en Iraq et la hausse des cours du pétrole d’autre part.

Rania Adel

 

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