Iraq.
Les termes assez flous de l’accord Maliki-Bush sur le statut
des troupes américaines ne donnent aucune idée de ce que
pourrait être « l’horizon temporel » de retrait de ces
dernières.
A défaut de calendrier, un horizon
Plus les élections présidentielles américaines s’approchent,
plus les spéculations sur la présence des forces américaines
en Iraq augmentent et plus des changements dans les prises
de position sont attendus. Un premier indice révélateur de
cet état de choses a paru cette semaine lorsque le président
américain George Bush et le premier ministre iraqien, Nouri
Al-Maliki, ont déclaré que leur accord sur le statut des
troupes américaines fixe une échéance pour le retrait des
soldats stationnés en Iraq. Lors d’une de leurs
vidéoconférences, MM. Bush et Maliki se sont accordés sur
l’idée d’un « horizon temporel général pour atteindre des
objectifs » tels que « la poursuite de la réduction des
forces de combat américaines d’Iraq », a annoncé un
communiqué de la Maison Blanche. La Maison Blanche a fait
savoir que Bush et Maliki s’étaient « mis d’accord sur une
voie commune destinée à conclure ces négociations dès que
possible ». Les autorités américaines et iraqiennes
négocient actuellement le futur accord sur le statut des
forces étrangères, qui fournira une base légale à la
présence des militaires américains après l’expiration à la
fin de l’année du mandat de l’Onu en vigueur.
« En matière de coopération sécuritaire, le président et le
premier ministre ont reconnu que l’amélioration de la
situation permettait aux accords en cours de négociation
d’inclure une échéance générale pour remplir des objectifs,
tels que la gestion par les Iraqiens de la sécurité de leurs
villes et de leurs provinces, et une nouvelle réduction du
nombre d’unités de combat américaines en Iraq », indique la
présidence.
De même, le porte-parole du gouvernement iraqien, Ali Al-Dabbagh,
a souligné que Bush et Maliki s’étaient attachés à «
délimiter une échéance pour le transfert complet de la
sécurité aux forces iraqiennes, afin de préparer la
réduction des effectifs américains et leur retrait d’Iraq ».
Cet
horizon temporel demeure très vague, d’autant plus que le
communiqué de la Maison Blanche parle de diminution des
effectifs, et non pas de retrait. Il ne parle aussi que des
troupes de combat, ce qui n’exclut pas le maintien d’autres
forces. L’Administration américaine a pris soin vendredi
d’éviter le terme de « calendrier », régulièrement employé
par les détracteurs de l’engagement américain en Iraq.
Cependant, selon la version du gouvernement iraqien, il a
bien été question de « date butoir pour le transfert complet
de la responsabilité de la sécurité entre les mains des
forces iraqiennes afin de diminuer le nombre de soldats
américains en Iraq et de procéder ensuite à leur retrait ».
Par
ailleurs, la Maison Blanche n’évoque pas l’objectif, d’abord
fixé, de conclure avant fin juillet les négociations sur la
présence militaire américaine.
Déclaration controversée
Face à
cette confusion, l’annonce iraqo-américainne concernant cet
horizon temporel a suscité bon nombre de controverses. Pour
certains, il s’agit d’une fin de non-recevoir à tous ceux
qui, aux Etats-Unis ou en Iraq, réclament une date fixe ou
un calendrier de retrait, voire un départ immédiat exigé par
ceux qui dénoncent la présence américaine comme une «
occupation ». Certains dirigeants iraqiens étaient allés
récemment jusqu’à réclamer une date fixe de retrait avant
d’atténuer leurs propos.
En
revanche, cela peut aussi passer pour une concession de la
part d’un président qui a toujours rejeté des échéances de
départ. Il s’agit d’un changement de fond puisque jamais
l’Administration américaine n’avait encore accepté une
perspective qui se rapproche autant d’un calendrier de
retrait. Bush refuse catégoriquement tout calendrier de
retrait précis, qui aiderait, selon lui, l’insurrection à
renverser le gouvernement iraqien.
L’annonce de la Maison Blanche survient aussi à un moment
crucial parce que la campagne présidentielle bat son plein
et l’Iraq suscite l’un des contrastes les plus forts entre
le Républicain John McCain, d’accord avec M. Bush, et le
Démocrate Barack Obama. La guerre continue toujours d’être
impopulaire aux Etats-Unis. M. Obama, qui a effectué une
visite en Iraq lundi dernier, a promis de retirer toutes les
troupes de combat dans les 16 mois s’il est élu. Beaucoup
d’analystes ont même vu dans la concession américaine une
volonté de couper l’herbe sous les pieds d’Obama d’une part
et de contenir la colère de la foule quant à la guerre en
Iraq et la hausse des cours du pétrole d’autre part.
Rania
Adel