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 Semaine du 23 au 29 juillet 2008, numéro 724

 

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Soudan. La décision de la CPI illustre encore une fois la politique de deux poids deux mesures qui s’érige désormais de plus en plus comme règle du droit international.

Et pourquoi pas Bush et les autres ?

Si c’est oui pour le président soudanais Omar Al-Béchir, pourquoi donc c’est non pour d’autres ? Une question qui s’impose  suite à la décision de la Cour Pénale Internationale (CPI) de demander de juger le dirigeant soudanais pour crimes de guerre et de génocide. Il est vrai que les crimes du chef soudanais peuvent bien être énumérés et listés en ce qui concerne la gestion de son Etat pour la crise du Darfour. Mais il est sûr que le Soudan n’est pas le seul et unique cas sur la scène, bien au contraire, les exemples se multiplient. Lorsqu’on parle des massacres qui ont eu lieu en Palestine ou en Iraq, on est sûrement face à des catastrophes qui ne manquent pas d’importance.

La décision de la CPI est politisée, dit-on. Elle s’aligne sur les intérêts américains en omettant son rôle fondamental. Chose évidente, sinon pourquoi donc les vrais criminels sont-ils toujours libres ? C’est là effectivement que se concentre le problème de la Cour pénale internationale qui suit deux critères de jugement différents. Elle ne s’attaque jamais à des chefs d’Etat protégés par des puissances politiques ou financières. Si les crimes au Darfour ont été si clairs pour la CPI, les massacres des milliers d’hommes, de femmes, et d’enfants dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila à Beyrouth commis par l’ex-premier ministre israélien Ariel Sharon en 1982, sont sûrement aussi évidents. Pourtant, il n’a jamais été jugé ni puni pour ses crimes. On estime à 3 500 Palestiniens et Libanais massacrés uniquement dans ces camps. Et toujours pas de jugement. Pourtant, en 2001, 23 survivants de Sabra et Chatila ont déposé devant la justice belge une plainte contre Sharon, pour actes de génocide, crimes contre l’humanité, crimes portant atteinte aux personnes et aux biens protégés par les conventions signées à Genève le 12 août 1949. Ensuite, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a condamné le massacre par la résolution 521 du 19 septembre 1982. Cette condamnation a été suivie par une résolution de l’Assemblée générale du 16 décembre 1982 qui a qualifié le massacre « d’acte de génocide ». Mais les fortes pressions israélo-américaines ont empêché la comparution de Sharon devant une juridiction pénale.

Dans le coma depuis presque trois ans, Sharon n’a donc jamais été touché. « L’exemple de Sharon est très frappant, car les crimes et les génocides qu’il a commis ont bien été définis et précisés pour le monde entier, pourtant, personne n’a osé le toucher », lance Abdallah Al-Achaal, spécialiste en droit international. En effet, ni les Américains, ni les Français, ni les lobbies juifs du monde entier ne reconnaîtront coupable un dirigeant israélien. La situation n’est pas différente pour le premier ministre israélien Ehud Olmert qui est venu à son tour poursuivre l’itinéraire de Sharon et a commencé par un « Holocauste » dans les territoires palestiniens et contre le peuple palestinien en décembre dernier.  Et la destruction de l’Etat iraqien par les Américains n’a sûrement pas été invisible. Qu’il s’agisse de Bush père ou fils, tous les deux doivent aussi et sans aucun doute être accusés de génocide. Pour Al-Achaal, les crimes de la famille Bush ont commencé depuis le retrait des forces iraqiennes du territoire koweïtien en 1991 et durant lequel l’armée américaine a anéanti plus du quart de l’armée iraqienne.

Et le fils n’est pas été plus sage que le père. Bien que ce dernier ait, depuis son intervention en Iraq en 2003, causé la mort de plus de 4 millions d’Iraqiens. Et ses crimes se poursuivent en Afghanistan où il a utilisé des armes interdites et a anéanti des milliers de civils sous le seul prétexte de la guerre contre le terrorisme. Personne n’a osé l’interroger après le scandale d’Abou-Gharib, lorsque des plaintes diverses et circonstanciées ont réclamé l’inculpation de Donald Rumsfeld et de George Tenet, ancien patron de la CIA, pour pratiques de tortures sur des prisonniers d’Abou-Gharib en Iraq, mais également pour les méthodes d’interrogatoire inhumaines exercées sur les prisonniers de Guantanamo. L’ex-secrétaire américain à la Défense n’a rien fait de moins que menacer la Belgique de retirer le siège de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord  de Bruxelles. Résultat : personne ne peut attaquer Rumsfeld, ni d’ailleurs aucun autre responsable américain.

Les exemples sont bien nombreux. Il y a aussi celui du président Denis Sassou qui, depuis plusieurs années, fait l’objet de dizaines de plaintes de ses compatriotes pour les « crimes » de masse que ses soldats sont soupçonnée d’avoir perpétrés dans la guerre du Beach au Congo. Or, c’est un « grand ami » de la France, vers laquelle il exporte le pétrole congolais. Donc, pas de procédures de la CPI à son encontre.

Chaïmaa Abdel-Hamid

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