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 Semaine du 23 au 29 juillet 2008, numéro 724

 

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Soudan. Le Darfour, une crise qui se complique à mesure qu’elle s’internationalise. Répression interne, convoitise américaine, voire israélienne, rien n’est fait réellement pour sauver la province et sa population.

Une simple question d’intérêts économiques

C’est exactement le 26 février 2003 que le conflit au Darfour éclate. Tout a commencé lorsqu’un groupe armé s’est emparé de la petite ville de Gulu, au Nord-Darfour. Un incident  suivi par la création de deux mouvements rebelles, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) et le Mouvement/Armée de Libération du Soudan (MLS/ALS), qui ont lancé la véritable rébellion contre le pouvoir, réclamant une répartition équitable du pouvoir et des richesses. Depuis, un cycle de combats et de répression sanglante opposant ces rebelles aux troupes gouvernementales appuyées par les milices Janjawids, a commencé. Ces Janjawids sont alors accusés de commettre des massacres contre les cultivateurs sédentaires africains, des incendies de villages et des viols. Aujourd’hui, la crise entre dans sa sixième année, la situation sécuritaire et humanitaire dans cette région de l’ouest du Soudan ne cesse de se détériorer, et il n’y a même pas l’ombre d’une issue. Environ 200 000 morts, 1,85 million de déplacés et 230 000 réfugiés. Des chiffres démontrant l’ampleur de la crise. Darfour, ou la maison des fours en arabe, occupe une superficie de 510 000 km2 et est peuplé de plus de 7 millions d’habitants. Une région de longue date marginalisée par les gouvernements soudanais consécutifs.

Des accords de cessez-le-feu et de paix ont été signés entre Khartoum et les rebelles du Darfour mais rien n’est respecté. Et ce qui complique en plus la situation c’est l’intervention étrangère dans ce conflit. Sur le plan international, le régime soudanais est accusé de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité envers les habitants du Darfour. Une série de pressions est alors exercée sur Khartoum afin de mettre fin à ce conflit. L’Onu a approuvé des sanctions ciblées contre des responsables soudanais reconnus coupables d’atrocités et a imposé un embargo sur la vente et la livraison d’armes au Darfour. La promulgation de la résolution 1 706 de l’Onu concernant le déploiement des forces internationales au Darfour est vue aussi par le régime soudanais aussi que par la Ligue arabe et la Conférence islamique comme une sorte d’ingérence inacceptable dans les affaires intérieures soudanaises. Mais Khartoum a enfin accepté les troupes étrangères, par crainte d’une intervention militaire au Darfour. Une force conjointe Onu-Union africaine au Darfour (Minuad) a été ainsi créée en juillet 2007. Elle a pris le relais d’une mission africaine (Amis) qui, faute de moyens et de financement, était incapable de s’imposer sur le terrain. La Minuad est aussi considérée aujourd’hui comme une force de maintien de paix en panne.

 

Les convoitises américaines

Il n’y a aucun doute sur le fait que la prise de position internationale envers le Darfour est en premier lieu dirigée par les Etats-Unis. Il est clair que Washington se sert du drame du Darfour pour satisfaire ses propres intérêts économiques et politiques. Ce sont les richesses qui se trouvent dans le sous-sol soudanais qui attisent la convoitise américaine. Et le Darfour est connu pour  être riche en uranium, cuivre, fer, or et argent et malheureusement ces richesses naturelles ne sont pas répertoriées. Mais le plus attirant pour Washington et devant lequel il ne peut pas cacher sa faiblesse, c’est le pétrole. Le plus récent champ pétrolier découvert au Darfour devrait produire 500 000 barils/jour. Alors contrôler les ressources pétrolières soudanaises devient le rêve de Washington. Il soutient alors les rebelles du Darfour qui se disent en faveur de l’intervention internationale dans la province. Un des principaux chefs rebelles a été reçu par George W. Bush en juillet 2006. Les Etats-Unis réclament toujours des sanctions commerciales internationales contre le Soudan et parlent même aujourd’hui d’une intervention militaire.

La Chine menace, quant à elle, toujours d’user de son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations-Unies pour bloquer les sanctions contre le Soudan. Pour elle, la crise du Darfour doit être réglée par les Soudanais eux-mêmes et non sous pression étrangère. Mais en fait, la Chine a peur de perdre sa place de principal exploitant industriel du pétrole soudanais en achetant 65 % de la production pétrolière soudanaise. A cet égard, la Chine est accusée de faire partie des vendeurs d’armes au Soudan depuis quelques années, une affaire niée par Pékin.

Israël aussi entre en jeu. Le conseiller politique du président soudanais Abdallah Moshar a affirmé récemment que le lobby sioniste soutient les rebelles du Darfour et cherche à encercler Khartoum. Et d’ajouter : « Des camps d’entraînements en Israël forment les rebelles du Darfour, et le gouvernement soudanais a découvert un nombre important d’armes israéliennes, à l’intérieur des bases rebelles, au Darfour ». En outre, L’Etat hébreu accueille à bras ouverts les réfugiés darfouris. Et tout bizarre, ce pays qui a commis toute sorte de crimes contre l’humanité se dit très impliqué dans l’humanitaire. Les journaux israéliens parlent des réfugiés du Darfour qui ont trouvé asile en Israël et bénéficient d’activités diverses, qui ont pour but de leur offrir un retour à un semblant de vie normale. Et qu’Israël va transférer 16 millions de shekels à quatre organismes internationaux d’aide et achètera à des compagnies israéliennes des médicaments et des équipements de dessalement d’eau de mer pour une valeur de 1 million de dollars. « L’Etat d’Israël ne peut pas rester sans rien faire, sans essayer de tendre la main quand une tragédie humaine si terrible, la pire au monde, a lieu actuellement », dit Daniel Meron, directeur du département des droits de l’homme au ministère des Affaires étrangères israélien. Ainsi, trouver une issue pour le conflit au Darfour devient ainsi une affaire extrêmement difficile voire impossible à l’heure actuelle.

 Aliaa Al-Korachi

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