Al-Ahram Hebdo,Environnement | Un Nil bien vulnérable ...
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 Semaine du 23 au 29 juillet 2008, numéro 724

 

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Environnement

Pollution. La fuite de mazout qui s’est déversé dans le Nil, le 13 juillet 2008 à Hélouan, a maintenant disparu. Les ministères concernés ont fait de leur mieux, mais un plan commun de lutte contre les catastrophes environnementales est urgent.

Un Nil bien vulnérable ...

« Il ne manquait plus que ça au Nil ! Après les ordures, les eaux usées de toutes sortes déversées au quotidien, cette semaine, du mazout est venu compléter le tableau des polluants qui attaquent ce pauvre fleuve », annonce, indigné, Mohamad Abdel-Maqsoud, de l’Association des écrivains de l’environnement et du développement. Des faits et gestes irresponsables viennent nuire à l’environnement égyptien.

L’histoire remonte au 13 juillet à 22 heures, quand une canalisation de mazout utilisé comme combustible dans la cimenterie PortLand Hélouan se rompt. En quelques heures, quelque 23 tonnes de mazout se sont déversés dans la nature, rejoignant des canaux artificiels qui conduisaient autrefois l’eau des inondations vers le Nil, pour s’y jeter. Les plantes sauvages qui recouvraient ces canaux ont dissimulé l’incident de sorte que ce n’est que le lendemain matin que la police de l’environnement a donné l’alerte. « Nous avons reçu une alerte de la police de l’environnement lundi matin et nous nous sommes rendus sur le site. La première chose que nous avons faite était de recouvrir les canaux avec du sable et des cailloux pour empêcher le reste de mazout de tomber dans le Nil. Mais déjà quelque 5 tonnes avaient atteint le fleuve », explique Mahmoud Ismaïl, responsable de l’unité de la gestion des crises et des catastrophes environnementales au sein du ministère de l’Environnement. Pour empêcher la tache de s’élargir, le ministère de l’Environnement a ensuite utilisé de la paille de riz pour absorber le mazout. « Je ne sais vraiment pas pourquoi la presse a critiqué l’utilisation de la paille pour absorber l’huile et l’ont qualifiée de lutte primaire qui ne convient pas à la technologie du XXIe siècle. Car la paille a une grande faculté d’absorption, et aussi c’est une méthode biologique qui ne nuit pas à l’eau du fleuve. Il faut savoir également que les centres de lutte contre la pollution à l’huile sont à l’origine des centres marins, dont le plus proche se trouve à Suez, et que les équipements de lutte contre la pollution marine à l’huile ne sont pas tous à même d’être utilisés dans les eaux douces », explique Mahmoud Ismaïl. Et de se demander : « Fallait-il attendre jusqu’à 15h pour lutter contre le mazout avec des équipements modernes et laisser entre-temps la tache s’élargir ou plutôt bien agir à huit heures du matin de façon primaire ? ».

Pour contrer la catastrophe, le ministère de l’Environnement n’a pas été le seul à agir. Sont aussi intervenus le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Irrigation, le ministère du Pétrole, celui de l’Intérieur, le gouvernorat du Caire et les services de l’eau potable du Grand Caire. « Le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Irrigation a fourni des équipements pour arracher les plantes sauvages afin de pouvoir voir le mazout et ainsi dépolluer le site avec les équipements envoyés par le ministère du Pétrole. Nous avons également prélever des échantillons de l’eau du Nil pour les analyser dans notre laboratoire central et nous assurer que l’eau était propre », explique le Dr Hussein Al-Atfi, porte-parole officiel du ministère des Ressources hydrauliques et de l’Irrigation. En effet, la pollution au mazout s’est produite à proximité de la station d’eau potable de Kafr Al-Elw, ce qui a nécessité sa fermeture pendant 36 heures pour effectuer des tests.

 

Lacunes de la maintenance

La crise a été maîtrisée en 48 heures par les différents ministères mais sans mettre en application  un plan commun de lutte contre ce genre de pollution soudaine des eaux. Un plan général qui définirait un rôle précis à chacune des parties. Sans compter que l’incident est venu révéler les lacunes de la maintenance, du renouvellement et de la surveillance des réseaux de canalisation dont la longueur atteint les 14 kilomètres dans le pays. Une autre nécessité est celle de fournir un nombre suffisant d’équipements de lutte contre la pollution liquide dans les eaux douces et de les placer sur les sites les plus exposés au danger. Pour fournir ces équipements sans que cela pèse de manière exagérée sur le budget de l’Etat, Mahmoud Ismaïl suggère créer, à l’exemple du timbre de police, un timbre pour la protection de l’environnement. « Si les bateaux de croisière et les restaurants flottants adoptent cette idée et ajoutent le montant de ce timbre, soit une ou deux livres égyptiennes, sur la facture de leurs clients, cela passera presque inaperçu dans l’addition élevée de ce genre de lieux. Ainsi, pourrons-nous récolter une somme de 15 millions de L.E. par an pour  acheter les équipements nécessaires pour lutter contre la pollution du Nil », suggère-t-il.

Dalia Abdel-Salam

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