Al-Ahram Hebdo, Economie | Plus de travail, mais trop informel
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 Semaine du 23 au 29 juillet 2008, numéro 724

 

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Economie

Chômage. Les nouveaux chiffres officiels annoncent une baisse importante, comparée aux précédentes années. Une situation reconnue par les économistes, même si certains se posent la question de la qualité des emplois créés.

Plus de travail, mais trop informel

De 10,6 % en 2006, le taux officiel de chômage est passé à 8,9 % en 2007. Le taux le plus bas depuis des années. Pour le gouvernement, il s’agit d’un indicateur révélant l’amélioration de la posture économique de l’Egypte. Cette position suscite toutefois un certain doute chez les économistes. « L’économie égyptienne crée des emplois, c’est une vérité. Mais quelle est la qualité de ces emplois ? Là est la question », s’interroge Samir Radwan, directeur exécutif du Conseil égyptien de la concurrence, auprès du ministère de l’Investissement.

Selon les chiffres officiels, le chômage a atteint son apogée en 2003 avec 11,9 % avant de commencer à fléchir les années suivantes. Mais, au cours de cette période, un phénomène s’est fait remarquer : la majorité des nouveaux emplois a concerné le secteur informel. Il s’agit donc d’emplois caractérisés par des bas salaires, sans contrats, ni assurances sociales. De plus, ces employés sont d’habitude privés de congés annuels sans compter les heures de travail indéfinies. Selon Samir Radwan, ce phénomène a pris de l’ampleur malgré l’amélioration des indicateurs économiques. Ainsi, le secteur informel et le secteur agricole absorbent actuellement environ 60 % de la main-d’œuvre contre 54 % il y a quelques années. « Peu importe le taux affiché de chômage si la majorité des emplois sont dans le secteur informel et familial. La productivité de ces emplois est nulle ainsi que leurs rémunérations », estime Samir Radwan. Les chiffres viennent confirmer ce phénomène. Selon les données de l’Organisme central de mobilisation et des statistiques (CAPMAS), plus de 3 millions de personnes, soit 14 % de la main-d’œuvre, travaillent pour des familles et sans salaires. En outre, le taux de chômage dans les zones urbaines s’est chiffré à 11,7 % en 2007, contre seulement 7 % dans les zones rurales. « C’est parce que les nouveaux diplômés dans les zones urbaines ne travaillent pas tout de suite dans l’espoir de trouver un emploi dans le secteur formel. Alors que dans les zones rurales, dès qu’ils sont en âge de travailler, les jeunes sont absorbés par le secteur agricole », explique Ragui Assaad, directeur régional du Conseil de la population pour l’Afrique du Nord et l’Asie de l’ouest. Pire encore, 88 % des jeunes (de 15 à 29 ans) ont été au chômage en 2007, contre 83 % dans les années précédentes. Alors qu’au niveau mondial, ce taux est de 50 %.« Le vrai problème en Egypte est comment créer des emplois pour les jeunes et les intégrer dans le marché du travail. Les nouveaux diplômés cherchent d’abord du travail dans le secteur formel. Lorsqu’ils perdent espoir, ils se dirigent vers le secteur informel », ajoute Ragui Assaad. C’est ce qui explique le fait que la majorité des chômeurs sont des diplômés. En fait, 32,8 % des chômeurs sont des diplômés universitaires et 55 % sont des diplômés de l’enseignement secondaire ou supérieur court.

Phénomène lent

Cependant, Ragui Assaad perçoit une lueur d’espoir. Selon une enquête élaborée par le Forum des recherches économiques dont il était le coordinateur en 2006, une légère formalisation prend forme. « On a constaté qu’après la promulgation de la nouvelle loi du travail en 2003, les patrons recrutent plus de façon formelle, c’est-à-dire avec des contrats et une assurance sociale car la nouvelle loi a facilité les licenciements », fait-il savoir. Cependant, il reconnaît qu’il s’agit d’un phénomène trop lent dont les effets ne sont pas vraiment ressentis, car le secteur privé formel est limité et ne recrute que 10 % de la main-d’œuvre.

Reste également à dire que beaucoup d’économistes se méfient du taux officiel de chômage. Certains croyant que le taux réel de chômage est considérablement supérieur. Et pour eux, il faut se méfier encore plus de ces nouveaux chiffres. En effet, le CAPMAS a adopté une nouvelle méthode de calcul du taux de chômage depuis le dernier trimestre de 2006 qui, selon Ragui Assaad, a contribué à baisser le taux de chômage. Pour la première fois en Egypte, cette période n’a connu qu’un taux de chômage à un chiffre avec 8,9 %, contre 11,1 % au cours du troisième trimestre 2006. Ragui Assaad explique que selon la nouvelle méthode, les femmes au foyer productrices, par exemple de fromages, et qui les vendent, ne sont plus considérées comme étant sans emploi. « Cela est conforme aux méthodes internationales, mais le taux de 2007 n’est pas comparable à celui des années précédentes en raison de ce changement dans le calcul », assure Assaad. Comme conséquence de la nouvelle méthode, le taux officiel de chômage chez les femmes a considérablement diminué, passant de 24 % en 2006 à 18,6 % en 2007.

Marwa Hussein

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En chiffres

Taux de chômage  8,9 %

Nombre de chômeurs 2 135 000

Chômage des jeunes (15-29 ans)  88 %

Chômage des diplômés du secondaire et de l’enseignement supérieur court 55 %

Chômage des diplômés universitaires   32,8 %

 

 




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