Al-Ahram Hebdo, Arts |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 23 au 29 juillet 2008, numéro 724

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Cinéma. Sujet de représentations réalistes ou fantasmagoriques, Satan redevient très présent dans des œuvres polémiques. Une manière aussi de s’assurer des recettes grâce à la fascination exercée par la figure diabolique.

Le démon ressonne à la porte

Apparemment, Satan fait son come-back au cinéma. En témoigne le succès des films où il est représenté. « Les différentes religions affirment clairement l’existence d’une puissance des ténèbres, à laquelle elles rattachent tout ce qu’il y a de mal dans le monde. C’est une réalité unique présentée comme un être pervers, qui veut manipuler l’Homme. De ce fait, le diable est digne comme toutes autres réalités d’être star de plusieurs œuvres cinématographiques », souligne Bassiouni Osman, scénariste du film Ekhtefaä Jaafar Al-Masri (disparition de Jaafar Al-Masri), centré sur le pouvoir du Diable sur les humains.

Si le dernier film de Khaled Youssef, Al-Rayes Omar Harb, restitue l’image du Diable que campe Khaled Saleh, des exemples divers de la représentation du diable ont jalonné les écrans, depuis le film Safir gohannam (ambassadeur de l’enfer) joué par le fameux Youssef Wahbi dans les années 1940, passant par Al-Ens wal jinn (l’homme et le démon) de Adel Imam, Al-Taawiza de Yousra et Mahmoud Yassine et jusqu’à Ekhtefaä Gaafar Al-Masri (disparition de Gaafar Al-Masri) de Nour Al-Chérif et Hussein Fahmi.

« J’avoue avoir eu peur d’incarner satan à l’écran, explique Khaled Saleh, mais après trois mois de travail avec le réalisateur Khaled Youssef, j’ai aimé dans cette personnification de Satan la profondeur des idées écartées de la caricature et du cliché courants ». L’image de Satan s’est métamorphosée au fil des ans. « Lorsque je faisais mon film Al-Ens wal jinn, j’ai décidé de le présenter sous une allure plus ou moins effrayante qui va de pair avec la configuration du monde infernal. Mais avec le temps, on a commencé à accepter de le voir dans plusieurs films étrangers, dans une posture ordinaire, interprété par des personnes qui nous entourent ».

Face aux crises idéologiques qui secouent l’Occident depuis les années 1950 et la décadence des valeurs morales et religieuses de nos sociétés passées à la trappe, certains créateurs occidentaux ont réhabilité le diable sous des valeurs différentes du passé. S’est alors constituée ce qu’on peut appeler une « pseudo-religion » avec des rites en transgression de tous les tabous. Des essais hollywoodiens ont attribué les traits de Satan aux humains habités par l’esprit du mal qui hante notre monde. On a vu alors un Al-Pacino concrétisant Satan dans le film américain L’Associé du diable, ainsi que son fameux concurrent Robert De Niro dans le même rôle, dans Angel Heart (cœur d’ange), ou même des films ayant d’autres visions plus nuancées tel Meet Joe Black (rencontre avec Joe Black), interprété par Anthony Hopkins et Brad Pitt.

Ainsi Satan a-t-il commencé à endosser la posture d’un être humain, symbole du mal sur terre, ou même du pouvoir politique ou économique. Tel était le cas de Daoud dans le film Ekhtefaä Gaafar Al-Masri, et récemment Omar Harb joué par Khaled Saleh.

 

Façon sécurisante d’appréhender le mal

Mais loin de la forme, reste toujours une question de fond : pourquoi un film sur Satan ? Si le rationalisme des 18e et 19e siècles a poussé l’humanité à prendre des distances vis-à-vis de l’image de Satan, depuis la seconde moitié du 20e siècle, la figure de Satan, devenue plus populaire que jamais, fournit un sujet de film à grand succès ou un thème favori pour les groupes rock. Une question pour les sociologues se pose alors : comment comprendre la popularité tant passée qu’actuelle de cette figure diabolique ? « De nos jours, on trouve Satan partout : dans les médias, la musique, la presse ou l’habillement », commente le psychiatre Yéhia Al-Rakhawi. Selon lui, se réclamer ouvertement du satanisme, quand ce n’est pas de Satan lui-même, relève du phénomène dans le vent. « Le satanisme se vend bien ! », conclut-il. Les jeunes en mal de repères s’identifient allègrement à lui. « La représentation de Satan persiste certainement parce que l’humanité n’a pas trouvé de solution rationnelle à la souffrance ni au mal, explique le Dr Nagui Kafafi, professeur de sociologie à l’Université du Caire. L’esprit humain se demande s’il n’y aurait pas une force mauvaise qui agit sur le monde ». Peut-être est-ce là une façon plus sécurisante d’appréhender le mal quelle que soit sa source, et de l’accepter sur l’écran comme on l’accepte dans la réalité ?

Yasser Moheb

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.