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 Semaine du 23 au 29 juillet 2008, numéro 724

 

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Afrique

Zimbabwe. Le président zimbabwéen Robert Mugabe et le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai ont signé lundi un accord qui pose le cadre de négociations visant à sortir le pays de la crise politique et économique dans lequel il s’enfonce depuis des années. 

Le plus dur reste à faire 

C’est grâce à la médiation du président sud-africain Thabo Mbeki que Robert Mugabe, récemment réélu lors d’un scrutin largement contesté, et son rival, Morgan Tsvangirai, vainqueur du premier tour de l’élection, ont signé un protocole d’accord qui devrait mettre fin à la paralysie politique dont souffre le Zimbabwe depuis plusieurs mois. Les deux rivaux, qui ne s’étaient pas rencontrés en public depuis 1998, ont signé le document dans un hôtel de Harare au côté du président sud-africain, chargé par l’Afrique australe d’une médiation au Zimbabwe. Le protocole d’accord fixe un ordre du jour très large pour les pourparlers et un objectif de deux semaines pour trouver un accord « sincère et durable » sur un « gouvernement élargi ».

Si la question du gouvernement peut être facilement résolue, il n’en demeure pas moins que les questions de fond risquent, elles, de faire face à de profondes divergences lors des prochaines discussions. Ainsi, selon M. Mugabe, ces discussions viseront à amender la Constitution « de diverses façons » en vue de l’établissement d’« un nouvel ordre politique ». Des termes bien vagues derrière lesquels peuvent encore se cacher des visions diamétralement opposées de ce « nouvel ordre politique ». En effet, malgré une « historique » poignée de mains lundi, la défiance est vive entre Mugabe et Tsvangirai, son rival de dix ans, l’ex-syndicaliste devenu premier opposant, vainqueur du premier tour de la présidentielle, mais qui a dû jeter l’éponge avant le second tour, écœuré par la violence.

Mais l’enjeu du dialogue est vital : il s’agit de sortir le Zimbabwe de la paralysie née du scrutin du 27 juin (l’unique candidat Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, avait été réélu au second tour de la présidentielle boycotté par l’opposition sur fond de violences). L’opposition a — comme l’Occident — refusé de reconnaître sa réélection, tout en se disant prête à dialoguer. De son côté, le régime accuse Tsvangirai d’être une « marionnette » de l’Occident.

Le déblocage de lundi ne doit donc pas faire oublier le fossé restant à combler, avant d’atteindre un consensus politique au Zimbabwe. Car M. Mugabe s’appuie sur les résultats du 27 juin pour justifier son maintien à la tête de l’exécutif. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), se fonde sur sa victoire au scrutin du 29 mars : outre l’avance de M. Tsvangirai à la présidentielle, le parti avait raflé le contrôle du Parlement. Et refuse un scénario qui légitimerait M. Mugabe. Ce dernier, qui se considère reconduit pour un mandat de cinq ans, « voudra toujours être reconnu comme le chef de l’Etat légitime et Tsvangirai voudra être reconnu comme le vainqueur des élections », résume ainsi l’analyste Joseph Kuregba, de l’Université du Zimbabwe à Harare, cité par l’AFP. Autre écueil : le climat de violence, qui poussa le chef du MDC à se retirer de la présidentielle. L’opposition, qui avance le chiffre de 120 morts parmi ses sympathisants depuis fin mars, assure que les attaques continuent.

Des compromis mentionnés ces dernières semaines ont toutefois évoqué un gouvernement d’union nationale, souhaité par l’Union africaine (UA), ou un gouvernement de transition, appelé de ses vœux par Pretoria. M. Tsvangirai a parlé de « mécanisme de transition » aux contours à définir, qui devrait mener à une nouvelle Constitution et à de nouvelles élections. « Le problème majeur est : que faire de Tsvangirai et est-ce que Tsvangirai acceptera le rôle qui lui sera proposé ? Ce sera la pierre d’achoppement n° 1 », prédit Lovemore Madhuku, avocat proche de la société civile zimbabwéenne, également cité par l’AFP. « Mugabe veut toujours être le chef de l’exécutif et il restera le chef de l’exécutif, aucun doute là-dessus », affirme M. Madhuku.

Abir Taleb

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Les principaux points du protocole d’accord 

Politique : Nouvelle Constitution, objectifs et priorités du nouveau gouvernement, promotion de l’égalité, réconciliation nationale, cohésion et unité; ingérence extérieure, liberté des activités politiques, Etat de droit.

Economie : Restauration de la stabilité économique et de la croissance, sanctions (adoptées contre les proches du régime par l’Occident après la réélection contestée de Mugabe en 2002, ndlr), réforme agraire.

Mesures intérimaires : Les parties s’accordent pour condamner la violence et appellent à la paix afin que la loi soit appliquée de façon honnête et juste pour tous, indépendamment de leurs opinions politiques. (…) Durant le dialogue, les parties ne doivent prendre aucune décision qui pourrait avoir des conséquences sur les négociations comme la convocation du Parlement ou la formation d’un nouveau gouvernement. (…)

Echéancier : Il est envisagé que le dialogue prenne fin deux semaines après la signature du protocole d’accord. La mise en place des accords politiques conclus par les partis devront être paraphés et garantis par le médiateur, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et l’Union africaine (UA).

 




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