Ras Al-Bar.
Ce beau site balnéaire sur la Méditerranée, à l’extrémité de
la branche orientale du Nil, a aujourd’hui un plus. Un
spectacle son et lumière qui remonte le temps et l’espace
pour raconter l’histoire du fleuve et de cette ville.
Un defile de musique et d'images
Cette
cité balnéaire a une particularité. Elle est sur le point où
le fleuve se jette dans la mer. Un lieu de jonction qui ne
manque pas d’être insolite. Le long fleuve, devenu
tranquille après la construction du Haut-Barrage, va se
mêler à la mer. Sur un long promontoire, des milliers de
promeneurs passent un temps agréable. Aujourd’hui, ils
peuvent aussi voir à travers un spectacle son et lumière le
parcours du Nil jusqu’à son arrivée à Ras Al-Bar, de même
que l’histoire glorieuse de la ville de Damiette. « Il a
fait confluer les deux mers pour qu’elles se rencontrent,
mais elles ne dépassent pas une barrière située entre elles
», c’est avec ce verset du Coran que commence le programme
racontant l’histoire du Nil ainsi que l’évolution de cette
station balnéaire au fil des années. Dès que le soleil
commence à disparaître dans l’eau, une ambiance euphorique
teint l’endroit, réservé aux piétons. Des illuminations tout
au long du cap et du phare créent une scène magique, se
mêlant à des sons qui emportent les gens dans un voyage qui
remonte l’histoire, et ce au rythme de la musique. Des
récits qui sont interrompus par la voix enchanteresse de la
diva Oum Kalsoum, une fan de Ras Al-Bar, dans ses plus
belles chansons patriotiques. Et plus tard, intervient la
voix de Sayed Mekkawi dans sa chanson la plus connue pour le
peuple de Damiette. Un esprit patriotique règne dans
l’endroit et va même contaminer les estivants qui logent
dans des villas ayant une vue sur ce cap. Ahmad, 12 ans,
originaire de Damiette et qui passe son été à Ras Al-Bar
avec ses parents confie attendre chaque soirée le spectacle
révélant l’histoire de sa ville. A partir de la terrasse de
sa villa et sans même être obligé de joindre le cap, il
jouit de l’histoire du Nil comment il sort de ses sources du
lac Victoria passant par des collines, des cascades et des
cataractes de l’Afrique, un long voyage de 6 695 km. Et ce,
jusqu’à la rencontre des deux branches du Nil, Bleu et
Blanc, au Soudan qui rencontrent un autre cours venu de
l’Ethiopie avant l’arrivée du Nil à Assouan et sa rencontre
avec le Haut-Barrage.
La narration de ce périple s’accompagne d’une présentation
d’une carte géographique montrant les étapes et le parcours
de cette odyssée. Et comme le précise Sayed Khachaba, chef
du conseil municipal de la ville de Damiette, environ 40 000
visiteurs fréquentent quotidiennement cette région durant la
haute saison de l’été. Aujourd’hui, ils jouissent de ce
projet de son et lumière qui sera développé plus tard. «
Nous préparons une version en anglais, puisqu’il est
maintenant diffusé en arabe seulement », dit-il.
Le spectacle continue avec une présentation qui a lieu
toutes les trois heures et qui ne manque pas d’attirer les
promeneurs. Il ne s’agit pas seulement de l’histoire du
fleuve, mais aussi de celle de Damiette, la ville mère.
En fait, cette région a vécu plusieurs agressions
étrangères. Des scènes de l’histoire accompagnées d’une
chanson patriotique d’Oum Kolsoum. Le récit de cette ville
du soleil, de l’air et de l’eau est racontée par les voix du
poète et présentateur Farouq Choucha, du fameux présentateur
du petit écran Mahmoud Sultan et de l’écrivaine Sékina
Fouad. Des voix qui révèlent aux promeneurs les secrets de
la station balnéaire. Un spectacle gratuit offert aux
visiteurs de tout âge. Et des milliers affluant la nuit pour
en savoir plus sur les débuts de cette région à caractère
spécifique.
C’est en fait à travers les riches habitants de Damiette que
cette plage a vu le jour au XIXe siècle. Les villageois ont
construit des cabanes et des installations en paille. En
1912, le bois a remplacé la paille dans la construction des
villas. Et en 1930, le pont de Damiette a été inauguré pour
permettre l’accès à Ras Al-Bar par voiture. L’air frais, le
mouvement des vagues et la musique se mêlent dans ce
magnifique endroit pour rythmer le défilé des périodes qui
ont fait le parcours de la station balnéaire. En 1944, un
projet de planification de la ville a été mis en vigueur
pour la transformer en une cité animée pendant toute
l’année. Une expansion d’architecture et des infrastructures
ont été faites. Et au fil des années, le site balnéaire
s’est étendu et a ouvert ses bras pour accueillir les
estivants de tous les coins de l’Egypte et de toutes les
catégories sociales.
Récemment renouvelée, Ras Al-Bar essaye de récupérer sa
gloire d’antan comme plage prestigieuse, de goût spécial et
d’amateurs qui y croient profondément. Des amateurs comme le
poète Taher Abou-Facha, dont des jolis vers font part du
spectacle. Aussi l’écrivaine Neamat Fouad qui a été prise
par la magie et l’aspect mystérieux de cet endroit magique
de Cap. En plus, cette rencontre géniale des deux eaux qui
constitue un mythe qui a fait couler beaucoup d’encre. Le
voyage du Nil se termine et le son de la musique s’éloigne,
mais pour une pause de trois heures. Un certain temps passe
et la langue de terre accueille d’autres promeneurs qui
viennent chercher cette nouveauté inhabituelle dans les
sites balnéaires, celle de jouir de l’histoire de la plage,
dans une ambiance euphorique qui les emmène dans un voyage
de son et de lumière dans le cœur du passé.
Doaa
Khalifa