Al-Ahram Hebdo, Voyages | Un defile de musique et d'images
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 Semaine du 2 au 8 juillet 2008, numéro 721

 

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Voyages

Ras Al-Bar. Ce beau site balnéaire sur la Méditerranée, à l’extrémité de la branche orientale du Nil, a aujourd’hui un plus. Un spectacle son et lumière qui remonte le temps et l’espace pour raconter l’histoire du fleuve et de cette ville. 

Un defile de musique et d'images 

Cette cité balnéaire a une particularité. Elle est sur le point où le fleuve se jette dans la mer. Un lieu de jonction qui ne manque pas d’être insolite. Le long fleuve, devenu tranquille après la construction du Haut-Barrage, va se mêler à la mer. Sur un long promontoire, des milliers de promeneurs passent un temps agréable. Aujourd’hui, ils peuvent aussi voir à travers un spectacle son et lumière le parcours du Nil jusqu’à son arrivée à Ras Al-Bar, de même que l’histoire glorieuse de la ville de Damiette. « Il a fait confluer les deux mers pour qu’elles se rencontrent, mais elles ne dépassent pas une barrière située entre elles », c’est avec ce verset du Coran que commence le programme racontant l’histoire du Nil ainsi que l’évolution de cette station balnéaire au fil des années. Dès que le soleil commence à disparaître dans l’eau, une ambiance euphorique teint l’endroit, réservé aux piétons. Des illuminations tout au long du cap et du phare créent une scène magique, se mêlant à des sons qui emportent les gens dans un voyage qui remonte l’histoire, et ce au rythme de la musique. Des récits qui sont interrompus par la voix enchanteresse de la diva Oum Kalsoum, une fan de Ras Al-Bar, dans ses plus belles chansons patriotiques. Et plus tard, intervient la voix de Sayed Mekkawi dans sa chanson la plus connue pour le peuple de Damiette. Un esprit patriotique règne dans l’endroit et va même contaminer les estivants qui logent dans des villas ayant une vue sur ce cap. Ahmad, 12 ans, originaire de Damiette et qui passe son été à Ras Al-Bar avec ses parents confie attendre chaque soirée le spectacle révélant l’histoire de sa ville. A partir de la terrasse de sa villa et sans même être obligé de joindre le cap, il jouit de l’histoire du Nil comment il sort de ses sources du lac Victoria passant par des collines, des cascades et des cataractes de l’Afrique, un long voyage de 6 695 km. Et ce, jusqu’à la rencontre des deux branches du Nil, Bleu et Blanc, au Soudan qui rencontrent un autre cours venu de l’Ethiopie avant l’arrivée du Nil à Assouan et sa rencontre avec le Haut-Barrage.

La narration de ce périple s’accompagne d’une présentation d’une carte géographique montrant les étapes et le parcours de cette odyssée. Et comme le précise Sayed Khachaba, chef du conseil municipal de la ville de Damiette, environ 40 000 visiteurs fréquentent quotidiennement cette région durant la haute saison de l’été. Aujourd’hui, ils jouissent de ce projet de son et lumière qui sera développé plus tard. « Nous préparons une version en anglais, puisqu’il est maintenant diffusé en arabe seulement », dit-il.

Le spectacle continue avec une présentation qui a lieu toutes les trois heures et qui ne manque pas d’attirer les promeneurs. Il ne s’agit pas seulement de l’histoire du fleuve, mais aussi de celle de Damiette, la ville mère.

En fait, cette région a vécu plusieurs agressions étrangères. Des scènes de l’histoire accompagnées d’une chanson patriotique d’Oum Kolsoum. Le récit de cette ville du soleil, de l’air et de l’eau est racontée par les voix du poète et présentateur Farouq Choucha, du fameux présentateur du petit écran Mahmoud Sultan et de l’écrivaine Sékina Fouad. Des voix qui révèlent aux promeneurs les secrets de la station balnéaire. Un spectacle gratuit offert aux visiteurs de tout âge. Et des milliers affluant la nuit pour en savoir plus sur les débuts de cette région à caractère spécifique.

C’est en fait à travers les riches habitants de Damiette que cette plage a vu le jour au XIXe siècle. Les villageois ont construit des cabanes et des installations en paille. En 1912, le bois a remplacé la paille dans la construction des villas. Et en 1930, le pont de Damiette a été inauguré pour permettre l’accès à Ras Al-Bar par voiture. L’air frais, le mouvement des vagues et la musique se mêlent dans ce magnifique endroit pour rythmer le défilé des périodes qui ont fait le parcours de la station balnéaire. En 1944, un projet de planification de la ville a été mis en vigueur pour la transformer en une cité animée pendant toute l’année. Une expansion d’architecture et des infrastructures ont été faites. Et au fil des années, le site balnéaire s’est étendu et a ouvert ses bras pour accueillir les estivants de tous les coins de l’Egypte et de toutes les catégories sociales.

Récemment renouvelée, Ras Al-Bar essaye de récupérer sa gloire d’antan comme plage prestigieuse, de goût spécial et d’amateurs qui y croient profondément. Des amateurs comme le poète Taher Abou-Facha, dont des jolis vers font part du spectacle. Aussi l’écrivaine Neamat Fouad qui a été prise par la magie et l’aspect mystérieux de cet endroit magique de Cap. En plus, cette rencontre géniale des deux eaux qui constitue un mythe qui a fait couler beaucoup d’encre. Le voyage du Nil se termine et le son de la musique s’éloigne, mais pour une pause de trois heures. Un certain temps passe et la langue de terre accueille d’autres promeneurs qui viennent chercher cette nouveauté inhabituelle dans les sites balnéaires, celle de jouir de l’histoire de la plage, dans une ambiance euphorique qui les emmène dans un voyage de son et de lumière dans le cœur du passé.

Doaa Khalifa

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Des couleurs qui défient le temps

Le ministre de la Culture, Farouk Hosni, a annoncé la semaine dernière la découverte de plusieurs cercueils en bois colorés et fermés remontant au VIe siècle av. J.-C. et qui appartiennent à des prêtres et de hauts fonctionnaires. Ceux-ci ont été trouvés lors des travaux de fouilles effectués par la mission de la faculté d’archéologie de l’Université du Caire opérant près de la pyramide d’Ounas dans la région de Saqqara.

Selon Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), la mission a de même mis au jour des vases en couleurs, une caisse en bois et le reste d’un cercueil toujours en bois coloré appartenant au Maayi, scribe de l’époque de Ramsès II de la XIXe dynastie (1304-1237 av. J.-C.).

Plusieurs ouchabties représentant les propriétaires des cercueils ont également été retrouvées, selon Ola Al-Eguézi, qui dirige l’équipe archéologique égyptienne. Au cours de la saison de fouilles de cette année, la mission avait découvert lors des travaux de nettoyage des allées qui atteignent 10 mètres de long, le reste de pierres gravées en couleurs. Il est à noter que l’Université du Caire opère dans la région de Saqqara depuis les années 1980 où elle avait découvert près de 20 tombes, dont la plupart remontent à l’époque des Ramessides et dont la plus importante est celle qui appartient au vizir Hormoheb qui est devenu plus tard le dernier roi de la XVIIIe dynastie.

Hala Fares

 




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