Comité Olympique Egyptien.
Le nouveau règlement du Haut Conseil national des sports
induirait une ingérence gouvernementale dans ses activités.
La pratique est formellement prohibée par les textes
internationaux et provoque de fortes tensions nationales.
Le bras de fer Saqr-Sabet
De
héros à zéro. Hassan Saqr, président du Haut Conseil
National des Sports (HCNS), perçu comme le parrain des
gloires du football égyptien (victoires en CAN 2006 et
2008), est récemment devenu une bête noire qui risque de
compromettre l’avenir sportif de l’Egypte en raison du
nouveau règlement des sports qu’il compte mettre en vigueur
dans les quelques semaines à venir. Le débat a fait couler
beaucoup d’encre ces trois derniers mois, en conséquence des
résistances de la part de certains responsables qui se
voyaient directement touchés. Mais finalement, Saqr a pu
remporter sa première bataille. Puis, l’affaire a pris une
nouvelle dimension lorsque le Comité International Olympique
(CIO) a été informé de ces manœuvres qu’il a considérées
comme une ingérence gouvernementale dans la gestion de
l’instance olympique égyptienne. « J’ai informé le CIO, car
c’est mon rôle et mon devoir de le faire. Je suis aussi un
membre du CIO et je dois présenter des rapports sur toute
entrave à notre activité », explique Mounir Sabet, président
du Comité olympique égyptien.
En effet, la charte olympique interdit toute intervention
des organisations gouvernementales dans l’activité
olympique. L’article 28 intitulé « Mission et rôle des
Comités Nationaux Olympiques (CNO) », alinéa 6, affirme que
« les CNO doivent préserver leur autonomie et résister à
toutes les pressions, y compris, mais sans s’y restreindre,
les pressions politiques, juridiques, religieuses ou
économiques qui pourraient les empêcher de se conformer à la
Charte olympique ». Le CIO a envoyé une lettre de
clarification au Comité égyptien et aux fédérations leur
demandant aussi de se conformer aux règles régissant les
Comités olympiques nationaux et à la Charte olympique entrée
en vigueur en juillet 2007. Selon le HCNS, ce nouveau
règlement n’est pas une pression ni une ingérence dans la
gestion du Comité égyptien. « Nous respectons la Charte
olympique et le Comité olympique égyptien. Tout ce que nous
avons fait, c’est de présenter de nouvelles propositions et
un nouveau règlement et ce sera à l’Assemblée générale de
l’accepter ou de le refuser. Le cas est différent à celui de
l’Iraq où le CNO a été suspendu car le gouvernement a
dissous certaines fédérations », explique Mahmoud Al-Garahi,
le porte-parole et directeur des relations publiques du HCNS.
Une assemblée générale du Comité Olympique égyptien se
tiendra le 28 juillet prochain et devra approuver ou refuser
ces nouvelles réformes sur le règlement de fonctionnement du
Comité olympique, mais Sabet confirme que cela ne légitimera
pas la situation. « Même si l’assemblée générale accepte ses
propositions, cela sera considéré comme une intervention
gouvernementale, car ce sont des propositions du
gouvernement et non pas du conseil d’administration.
L’objectif, c’est de préserver entièrement notre autonomie
et indépendance et de ne pas nous trouver sous les pressions
ou menace du gouvernement au cas où elle voudrait passer sa
loi ». En effet, cela est un des principes intouchables au
CIO et dans toutes les fédérations qui y sont subordonnées,
car en dehors de l’Iraq, la Fédération Internationale de
Football (FIFA) a déjà suspendu plusieurs fédérations et
menacé plusieurs autres telles que celle d’Espagne et
d’Egypte, suite à l’intervention de l’Etat dans sa gestion
ou même le report d’élections. L’alinéa 9 de l’article 28
susmentionné cite les conséquences probables : « En dehors
des mesures et sanctions prévues en cas de transgression de
la Charte olympique, la commission exécutive du CIO peut
prendre toutes décisions appropriées pour la protection du
mouvement olympique dans le pays d’un CNO, notamment la
suspension ou le retrait de la reconnaissance d’un tel CNO,
si la Constitution, la législation, ou d’autres
réglementations en vigueur dans ce pays, ou tout acte d’un
organisme gouvernemental ou de toute autre entité, ont pour
effet d’entraver l’activité du CNO ou la formation ou
l’expression de sa volonté. Avant de prendre une telle
décision, la commission exécutive du CIO offrira au CNO
concerné la possibilité d’être entendu ».
La situation est d’autant plus grave que la décision
interviendra le 28 juillet, à quelques jours seulement des
Jeux olympiques de Pékin, et que nul ne sait quand ni
comment réagira ensuite le CIO. Sabet ne voit que deux
solutions afin d’éviter les lourdes conséquences, que ce
soit avant ou après Pékin : « L’assemblée devra rejeter ces
propositions. Sinon, c’est le HCNS qui devra les retirer ».
Pour le moment, Saqr campe sur ses positions.
Karim
Farouk