Jeux Olympiques.
A 16 ans, Abir Abdel-Rahmane se prépare aux JO avec un
enthousiasme mêlé d’incrédulité. Portrait.
Un parcours déjà brillant
Alexandrie
continue à offrir à l’Egypte ses athlètes de très haut
niveau, notamment avec la jeune championne du monde juniors,
Abir Abdel-Rahmane (69 kg). A 16 ans, elle a prouvé un
talent extraordinaire en remportant 2 médailles d’or et une
d’argent aux Championnats du monde juniors de Colombie.
Grâce à ce résultat, elle sera la seule dame de la
discipline au JO de Pékin. « Abir est une haltérophile très
talentueuse. Son jeune âge lui permet de réaliser des
exploits dans le futur et elle sera meilleure que Nahla
Ramadan, l’ex-championne du monde et meilleure haltérophile
égyptienne », souligne Mohamad Al-Dib, entraîneur adjoint de
la sélection. C’est en stage de préparation dans le village
touristique de Kanari que se trouve actuellement Abir avec
l’équipe nationale. « Je suis la seule fille de l’équipe,
une chose très difficile car le soir, je suis seule dans ma
chambre et ne trouve personne à qui parler. Les garçons sont
tous mes amis, mais je sens la solitude », confie la jeune
fille.
Cette
jeune femme se distingue en fait depuis ses débuts. A l’âge
de 9 ans, cette originaire de Werdiane s’est dirigée vers
l’haltérophilie par curiosité. « Au début, j’ai pratiqué ce
sport pour m’amuser. Grâce aux encouragements de mon père,
j’ai continué à pratiquer la discipline ». Un an plus tard,
elle a participé aux Championnats d’Egypte tous âges, et à
la grande surprise, elle a remporté la médaille d’or. Un
résultat qui a attiré l’attention des responsables de la
Fédération égyptienne : ils ont décidé de l’intégrer dans la
sélection nationale. Encore trop jeune, elle n’y est pas
restée longtemps avant de rejoindre l’entraîneur Khalil
Amine au club de l’Institut militaire. Puis, cette fois,
avec un statut professionnel, elle a réintégré l’équipe
nationale à l’âge de 13 ans. « Après avoir réintégré la
sélection et après avoir réalisé de bons records, j’ai
commencé à me dire que j’étais une athlète de bon niveau »,
dit-elle. Inspirée par les excellentes performances de Nahla
Ramadan, Abir a commencé à s’améliorer en pensant aux
médailles mondiales et olympiques. « Mes ambitions n’ont pas
de limites. J’ai vite oublié que j’avais remporté la
médaille d’or des Mondiaux juniors. Aujourd’hui, je pense
aux JO et à d’autres médailles. Je rêve encore d’enregistrer
des records mondiaux en juniors et seniors », affirme-t-elle.
Les JO
l’enthousiasment et lui font peur en même temps. « Je
n’arrive pas à croire que j’irai à Pékin », avoue-t-elle.
Après la décision de la Fédération égyptienne de suspendre
Nahla Ramadan (75 kg) et Esmat Mansour (69 kg), le chemin
s’est en fait ouvert à elle. Pour être au meilleur de sa
forme, elle ne se concentre que sur ses entraînements et a
mis ses études entre parenthèses. « Cette année, je n’ai pas
passé les examens de première secondaire pour ne pas
délaisser les entraînements. Les JO n’ont lieu que tous les
4 ans ... », déclare-t-elle. Grâce aux encouragements de ses
parents, de ses entraîneurs et à son moral d’acier, la jeune
est parvenue à un niveau extraordinaire en peu de temps.
Aujourd’hui, elle réalise 101 kg à l’arraché et 135 kg à
l’épaulé jeté. D’ici aux JO, elle s’entraîne pour soulever
110 kg et 142 kg. « Si je réalisais ces records, pourquoi je
ne remporterais pas une médaille de bronze ? », se
demande-t-elle ?
Doaa
Badr