Jeux Olympiques.
La sélection égyptienne d’haltérophilie participera à
l’édition de Pékin avec 4 hommes et une dame. Une sélection
composée de jeunes athlètes qui veut terminer dans les 10
premières.
L’ambition réfléchie des haltérophiles
Jeudi
dernier, au village touristique d’Al-Kanari (Port-Saïd), la
tension était forte. Entraîneurs, responsables de la
Fédération égyptienne, président de la Fédération égyptienne
et bien sûr les haltérophiles étaient présents. Car c’était
un jour décisif pour les athlètes : il correspondait au
premier jour des essais pour choisir les haltérophiles qui
iront aux Jeux Olympiques (JO) de Pékin. « La concurrence
était féroce entre les athlètes qui rêvent tous de
participer aux JO », confie Mohamad Al-Dib, entraîneur
adjoint de la sélection nationale. A la fin des essais,
l’encadrement technique a fait son choix. En catégorie 62
kg, Mohamad Abdel-Tawab après avoir réalisé 133 kg à
l’arraché, 162 kg à l’épaulé-jeté, soit 295 kg au total.
Mahmoud Fayçal Al-Haddad a été choisi en catégorie 77 kg
après avoir réalisé un levé de 151 kg à l’arraché, 195 kg à
l’épaulé-jeté et 344 kg au total. En catégorie 105 kg, c’est
Abdel-Rahmane Mohamad et cela après avoir réalisé 170 kg à
l’arraché et 213 kg à l’épaulé-jeté, soit 383 kg au total,
en plus de la médaille d’or lors des Championnats du monde
juniors qui se sont achevés le 24 juin en Colombie. Pour le
4e athlète, un autre essai aura lieu le 10 juillet afin de
choisir entre Tareq Yéhia et Ibrahim Ramadan en catégorie 77
kg. Chez les dames, la place a été réservée à la
championne du monde juniors, Abir Abdel-Rahmane. Mais la
grande surprise de l’équipe olympique égyptienne est
l’absence de l’ancien champion du monde juniors et médaillé
de bronze aux Mondiaux seniors, Mohamad Ihsane en catégorie
+105 kg. « Ihsane est blessé à la jambe depuis longtemps,
nous avons essayé de le préparer, mais sa blessure est grave
et il faut du temps pour guérir. Peut-être, il devra subir
une opération », déclare Mahmoud Choukri, responsable des
sélections nationales et ancien président de la Fédération
égyptienne. L’absence d’Ihsane est une grande perte pour la
sélection nationale, car il est l’haltérophile égyptien le
plus expérimenté. « Ihsane aurait été capable de décrocher
une médaille et son absence représente une grande perte pour
l’Egypte. Mais il est encore jeune, il a 24 ans et il pourra
participer aux JO de Londres 2012 », affirme Mohamad Al-Dib.
L’absence d’Ihsane n’est pas la seule surprise dans la
composition de l’équipe égyptienne. Il y a un an, personne
n’aurait pu imaginer que la sélection olympique égyptienne
serait sans ses vedettes Nahla Ramadan (75 kg), ancienne
championne du monde seniors et Esmat Mansour (69 kg),
ex-championne du monde juniors. L’année dernière, en raison
du manque de discipline de ces deux athlètes, la Fédération
égyptienne a décidé de les suspendre. Depuis, l’encadrement
technique de la sélection s’est intéressé aux jeunes
athlètes capables de remplacer les deux vedettes. «
L’absence de Nahla et Esmat a encouragé les autres filles
qui ont commencé à rêver d’aller aux JO, ce qui a amélioré
leur niveau », souligne Amr Ramadan, directeur technique de
la sélection nationale. En fait, tous les entraîneurs et
responsables de la Fédération égyptienne confirment que la
jeune Abir Abdel-Rahmane (16 ans) sera en mesure de réaliser
des performances bien meilleures que celles de Nahla Ramadan
et Esmat Mansour.
Esprit très combatif
Aujourd’hui, la sélection nationale est donc composée
de jeunes haltérophiles qui ne dépassent les 22 ans, sans
grande expérience mais talentueux et dotés d’un esprit très
combatif. « Aux JO de Pékin, notre but est que les
haltérophiles se classent parmi les 10 premiers. Nous ne
demandons pas aux athlètes de décrocher des médailles pour
ne pas les mettre sous pression. C’est à Londres 2012 qu’ils
pourront remporter plusieurs médailles » déclare Amr
Ramadan.
Ces jeunes athlètes ont commencé leur préparation en
début d’année, avec des stages de préparation à l’étranger
comme celui de Chypre et des stages en Egypte, à Port-Saïd
ou Ras Al-Bar. « A Port-Saïd, le stage est d’un bon niveau,
l’atmosphère est très saine et les athlètes pourront se
concentrer à 100 % sur l’entraînement », dit Mohamad Al-Dib.
D’ici les JO, l’équipe poursuit son stage de
Port-Saïd. Puis après quelques jours de repos,
l’entraîneur devra accroître les poids soulevés par les
haltérophiles afin d’améliorer leur record à Pékin. Ainsi,
la championne du monde juniors Abir Abdel-Rahmane qui
soulève aujourd’hui 101 kg à l’arraché et 135 kg à
l’épaulé-jeté vise-t-elle les 110 kg et 142 kg
respectivement. « Si elle réalise ces records, elle pourra
décrocher une médaille de bronze », déclare Mohamad Al-Dib
avant d’ajouter que « l’Egypte possède une de ses meilleures
générations qui, sans une grande préparation, est parvenue à
un très haut niveau. Si ces athlètes continuent sur cette
lancée, ils pourront réaliser des exploits pour l’Egypte
surtout en 2012 ».
Doaa
Badr