La politique américaine et les Arabes
Morsi Attalla
De
nombreuses circonstances entravent les efforts visant à
améliorer les relations américano-arabes. L’obstacle le plus
grave est celui du climat empoisonné causé par les tendances
des néo-conservateurs. Ceux-ci adoptent la théorie de la
force et pensent que la force américaine absolue et la
liberté d’y recourir sans aucune restriction est l’unique
garantie permettant la stabilité dans le monde entier et la
protection des intérêts américains. Ces nouvelles tendances
dans la stratégie américaine tentent de résumer la sécurité
mondiale dans le cercle de la sécurité américaine dont
l’étendue atteint aussi la sécurité d’Israël et ses
objectifs expansionnistes.
Le danger de cette théorie qui règne sur l’agenda de la
politique américaine est que les néo-conservateurs veulent
rompre le lien traditionnel entre la souveraineté et la
sécurité nationales dans n’importe quel pays. En effet, ce
qui importe aux Etats-Unis est d’être l’unique
superpuissance militaire et économique dans le monde, et par
conséquent d’avoir la liberté d’effectuer des frappes
préventives contre les ennemis probables dans l’objectif de
les désarmer puis de les soumettre.
Les partisans de la nouvelle politique américaine tentent
depuis des années de convaincre la société américaine que le
retrait des forces américaines des foyers de conflit, que ce
soit en Europe ou au Proche-Orient, causera un chaos
mondial. Par conséquent, il faut que les Etats-Unis tentent
de donner à leur présence militaire, en dehors des
territoires américains, une certaine légitimité. Cette
légitimité se base sur des accords conclus avec les leaders
que les Etats-Unis réussissent à introniser dans les régions
de tension comme les accords de sécurité prévus en Iraq.
Les partisans de cette politique estiment aussi que si les
prétextes de la menace directe causée par les armes de
destruction massive ou par le terrorisme contre les
Etats-Unis deviennent insensés, les Etats-Unis peuvent
brandir l’arme de la démocratie pour justifier l’ingérence
dans les affaires des autres pays. Là, le prétexte sera que
l’une des plus importantes garanties de la sécurité
américaine ne réside pas seulement dans la démocratie
américaine, mais aussi dans la propagation de la démocratie
de par le monde. Car si la démocratie est menacée à
l’extérieur des Etats-Unis, elle le sera également à
l’intérieur !
Tout ceci signifie que ce n’est pas par hasard que
l’Administration de Bush dominée par les conservateurs a
formulé sa conception de la guerre contre le terrorisme sans
expliciter le contenu et les détails de cette conception. Il
est clair que l’objectif est de pouvoir appeler la lutte
contre l’occupation « terrorisme », et par conséquent
justifier toute ingérence au nom de l’éradication des
terroristes dans tel ou tel pays. Et quand l’Administration
américaine ne trouve pas ce prétexte dans un certain Etat,
elle peut alors parler de l’absence de la démocratie sous
prétexte que cette lacune permet la naissance et la
croissance des groupes terroristes dans l’avenir.
Mais aux Etats-Unis, il n’y a pas seulement les
néo-conservateurs qui dominent le pouvoir depuis l’année
2000. Il y a d’autres courants qui ont un certain poids et
qui commencent à avoir une forte voix pour mettre en garde
contre le danger de la continuité de cette politique sur
l’avenir du pays. C’est pour cela que ces nouveaux courants
parient sur la possibilité que les démocrates dirigés par
Barack Obama puissent revenir à la Maison Blanche après une
absence de 8 ans.
Le professeur Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité
nationale de l’ex-président américain Jimmy Carter, a écrit
dans son livre The Choice que le point de départ dans
l’amélioration des relations arabo-américaines réside dans
des tentatives sérieuses visant à parvenir à une solution
pour la cause palestinienne. Ce qui permettra d’améliorer
l’image des Etats-Unis chez les peuples arabes et musulmans
qui sont en colère à cause de l’alignement américain sur
Israël.
Mais il est clair que les Etats-Unis ne sont pas encore,
jusqu’à nouvel ordre, près de prendre ce pas.