Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Crise politique en vue
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 Semaine du 2 au 8 juillet 2008, numéro 721

 

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Mauritanie. Une partie des députés du Pacte national pour la démocratie et le développement a annoncé son intention de déposer une motion de censure contre le gouvernement de Yahya Ould Ahmed Waghef. Une mesure considérée par la majorité comme un « coup d’Etat politique » de l’armée. 

Crise politique en vue 

Formé il y a à peine deux mois, le gouvernement du premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghef risque de tomber dans les jours à venir. C’est en tout cas l’intention affichée d’une partie des députés, qui a annoncé qu’elle déposera prochainement une motion de censure contre ce gouvernement. C’est d’abord un groupe de 23 députés du Pacte National pour la Démocratie et le Développement (PNDD) qui a affirmé son intention de renverser le gouvernement, qui, selon le PNDD, « n’est pas le reflet de la majorité et est incapable d’engager les réformes politiques, économiques et sociales nécessaires au redressement de la Mauritanie ». Pourtant, les députés frondeurs sont issus de la principale formation de la majorité présidentielle.

A peine lancé, le mouvement opposé au gouvernement actuel a pris de l’ampleur, en enregistrant plusieurs ralliements au cours de la semaine. De 23 partisans de la motion de censure annoncés vendredi, le nombre serait monté à 30 dès le lendemain. Et, selon le porte-parole du PNDD, Sidi Mohamed Ould Maham, le groupe s’approche des 48 voix exigées pour son adoption par l’Assemblée qui compte 95 députés.

Cependant, la position de l’opposition reste floue. La motion de censure est une « forme d’expression démocratique, conforme à la Constitution », s’est contenté de déclarer samedi soir le chef de l’opposition mauritanienne, Ahmed Ould Daddah, chef du Rassemblement des forces démocratiques (UFD). M. Ould Daddah n’a pas pour autant demandé officiellement à ses 18 députés de voter la motion si elle est déposée, mais pour les observateurs, « il s’agit bien d’un signal fort dans ce sens ». Le chef de l’opposition estime ainsi que son pays « est pratiquement sans président et sans premier ministre » et que la Mauritanie « se débat dans une crise grave qui menace de l’emporter ».

Selon de nombreux observateurs, M. Ould Daddah prend le contre-pied de son ex-rival dans l’opposition, Mohamed Ould Moloud dont le parti, l’Union des Forces du Progrès (UFP), compte deux ministres dans le gouvernement. M. Ould Moloud a accusé samedi des officiers mauritaniens de préparer un « coup d’Etat politique » en suscitant la motion de censure contre le gouvernement. Le chef de l’UFP a affirmé que le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu en mars dernier, répondra à « la rébellion politique » par la dissolution du Parlement au cas où le gouvernement serait destitué, qualifiant ce cas de figure de « grave et porteur d’instabilité » en Mauritanie. Aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté de la présidence mauritanienne. Mais il semblerait en effet que le président opterait pour la dissolution de l’Assemblée nationale si la motion était adoptée par les députés.

Abir Taleb

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