Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Encore une fois au bout du gouffre
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 2 au 8 juillet 2008, numéro 721

 

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Liban. Le regain de la violence et le retard dans la formation du gouvernement n’augurent rien de bon pour le pays du Cèdre. 

Encore une fois au bout du gouffre 

La composition du cabinet achoppe notamment sur une revendication du général Michel Aoun, un dirigeant chrétien et chef du Courant Patriotique Libre (CPL, opposition), qui demande que le président Sleimane ne puisse désigner qu’un seul ministre et non deux à un des principaux portefeuilles dits « souverains » (Défense, Intérieur, Finances et Affaires étrangères).

« La formation du gouvernement, telle que stipulée par l’accord de Doha, rend très difficile l’accomplissement de cette tâche à moins que l’une des parties renonce à ses conditions », a affirmé à l’AFP l’analyste politique Nicolas Nassif.

Selon le politologue égyptien Nabil Sobhi, le problème libanais réside dans la composition sectaire et communautaire de ce pays. « Toute solution basée sur cette composition sectaire ne peut que ne pas durer, c’est une composition instable qui ne cesse de changer. Il y a toujours un changement de l’équilibre des forces ». D’où sa complexité. Ajoutons à cela les interventions externes, notamment celles de la Syrie, de l’Iran, des Etats-Unis et de la France. « Chaque fois qu’un règlement commence à s’esquisser dans l’horizon, ces parties étrangères commencent à exercer des pressions pour semer la sédition et entraver tout progrès. Il s’agit de créer de faux désaccords ». N’y aura-t-il aucun espoir ? « La solution prendra du temps, mais chaque partie devra faire preuve de plus de souplesse dans la répartition des portefeuilles. Bien plus, on a confiance que le président Sleimane agira avec sagesse avec l’affaire et interviendra au moment opportun », conclut M. Sobhi.

Le président libanais, Michel Sleimane, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, ont prévenu, dimanche, que la formation d’un gouvernement d’union nationale ne pouvait plus attendre et que les conséquences d’un nouveau retard pouvaient être graves pour le Liban.

« Toutes les parties doivent coopérer immédiatement pour faciliter la formation du gouvernement » d’union prévu par l’accord de Doha, a insisté le président, estimant qu’« aucune raison ne pouvait justifier » ce retard. « Celui qui ne facilite pas (la formation du cabinet) commet une grave erreur envers la patrie et le peuple libanais », a-t-il accusé. Même son de cloche chez le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui, avec le Qatar, a parrainé l’accord interlibanais de Doha ayant mis fin à une grave crise politique de près de deux ans et permis l’élection d’un président après six mois de vacance du pouvoir.

« Nous approchons de la ligne rouge », a déclaré M. Moussa, dans des propos publiés dimanche par le quotidien panarabe Asharq Al-Awsat. « Nous attendons de voir comment les hommes politiques libanais vont traiter la question de la formation du cabinet dans des circonstances extrêmement dangereuses et dont ils connaissent les retombées », a-t-il ajouté.

Le chef de la Ligue arabe a souligné que le terrain restait « miné » au Liban, malgré l’accord de Doha, et que la solution ne pouvait venir « que de l’intérieur du pays ».

Effectivement, le danger est là avec ces incidents à Tripoli où des affrontements opposent depuis une semaine des militants de l’opposition à des partisans de la majorité parlementaire faisant neuf morts et environ 45 blessés. Des militaires et des membres des FSI (Forces de Sécurité Intérieure) ainsi que des chars et des véhicules blindés sont stationnés aux points d’accès à ces quartiers, Bab Al-Tebbaneh et Al-Qobbé, à majorité sunnite, sont des fiefs de la majorité soutenue par l’Occident, alors que les habitants de Jabal Mohsen font partie de la communauté alaouite et sont des partisans du mouvement chiite Hezbollah, chef de file de l’opposition proche de Damas et Téhéran.

Chaque jour apporte son lot de violence comme ce fut le cas dimanche où un magasin a été incendié à Tripoli et des échanges de tirs ont eu lieu, au lendemain d’une explosion qui a fait un mort et 20 blessés, a déclaré un responsable des services de sécurité.

Une situation qui fait craindre le retour du scénario qui a précédé le déclenchement de la guerre civile. D’autant plus que cette violence coïncide avec une quasi-paralysie dans la formation du gouvernement.

Rania Adel

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Libération imminente 

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche à une écrasante majorité un accord d’échange de prisonniers avec le Hezbollah, négocié par le biais de l’Allemagne. 

De hauts responsables israéliens de la Défense estimaient lundi que l’accord sur l’échange de deux soldats présumés morts contre des détenus libanais et des corps, commencera à être mis en œuvre dans les deux semaines.

Ce laps de temps est nécessaire pour des tests d’identification génétiques de corps, selon ces sources citées par la radio publique. Dimanche, le gouvernement israélien a donné son feu vert à l’accord.

Au cours de ces deux semaines, Israël doit obtenir un rapport du Hezbollah sur les informations qu’il a recueillies concernant le sort de l’aviateur Ron Arad, disparu au Liban après avoir été fait prisonnier par des miliciens chiites en 1986. Ron Arad fait figure de héros en Israël, qui n’a jamais renoncé à le récupérer et a toujours refusé de le proclamer officiellement mort, bien que des responsables militaires aient estimé que ce navigateur dont on n’a aucune nouvelle depuis une vingtaine d’années n’est plus en vie.

De son côté, Israël doit remettre des informations dont il dispose sur quatre diplomates iraniens (disparus au Liban en 1982) également présumés morts, selon ces mêmes sources. Israël doit récupérer dans ces deux semaines les corps de ses soldats enlevés, Ehud Goldwasser et Eldad Regev. En échange, l’Etat hébreu relâchera le prisonnier Samir Kantar et quatre combattants du Hezbollah et remettra les corps de plusieurs dizaines de combattants et autres personnes infiltrées en Israël, dont huit membres du Hezbollah.

 




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