Al-Ahram Hebdo, Evénement | Mohamed Saleh Annadif, « Il ne peut y avoir de progrès ou développement dans le continent noir en l’absence de la paix »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 2 au 8 juillet 2008, numéro 721

 

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Evénement

Afrique. Mohamed Saleh Annadif, ambassadeur de l’Union africaine auprès de l’Union européenne, estime que la priorité doit être accordée au développement et non à la formation d’un gouvernement d’Union Africaine (UA). 

« Il ne peut y avoir de progrès ou développement dans le continent noir en l’absence de la paix » 

Al-Ahram Hebdo : Des conflits, du problème de l’eau à celui de l’assainissement, la liste des défis de l’Union africaine paraît insurmontable ?

Mohamed Saleh Annadif : Il est impossible de nier que l’Afrique fait face à de nombreux problèmes. Je crois que la paix, la sécurité et la stabilité forment les bases sur lesquelles devrait être bâti tout le reste. C’est-à-dire qu’il ne peut y avoir de progrès ou développement dans le continent noir en l’absence d’une paix. Il faudrait d’abord se concentrer sur le règlement des conflits armés entre les pays africains et travailler à maintenir la stabilité de chaque Etat pour tenter plus tard de trouver des remèdes aux autres problèmes tels que l’eau, l’assainissement et la crise alimentaire. Je crois que l’Union africaine a déjà fait des progrès dans ce sens. Même s’il existe toujours des conflits interafricains, ils sont beaucoup moins nombreux si on les compare à il y a deux ans par exemple. Qui aurait pu croire que la crise en Côte-d’Ivoire et celle en Angola allaient être réglées ? Le conflit entre l’Ethiopie et l’Erytrée s’est aussi apaisé. Je ne nie pas par contre que d’autres conflits ont trouvé leur place comme celui déclenché entre l’Erythrée et Djibouti. J’ai tendance cependant à croire que l’Union africaine, en réunissant les différents protagonistes autour d’une même table, pourra trouver une issue pacifique à ces crises.

Mais quel a été le rôle de l’UA dans ce genre de crises comme au Darfour par exemple ?

— La situation au Darfour a évolué dans le bon sens grâce à l’UA. Celle-ci estime que la crise au Darfour doit être perçue selon trois dimensions. D’abord, une dimension politique qui consiste à encourager les mouvements armés à parvenir à une solution avec le gouvernement. Il faudrait en même temps maintenir le cessez-le-feu après l’accord qui a été signé entre les deux côtés en mai 2006 et ceci avec l’aide des forces de l’Union africaine présente sur place, c’est la dimension militaire. Le rôle de l’UA n’est pas à négliger dans cette affaire. La dernière dimension est d’ordre humanitaire et je crois qu’elle doit occuper la plus grande partie des discussions entre les dirigeants africains, surtout que le conflit de Darfour a eu pour conséquence un nombre important de déplacés et de réfugiés.

— La formation d’un gouvernement africain serait-il un moyen d’encourager un rôle accru de l’UA dans le continent noir ?

— Personnellement, je ne suis pas tout à fait en faveur de la formation d’un gouvernement de l’union. C’est une idée qui remonte au temps de l’Organisation de l’unité africaine. Je crois que l’Afrique n’a d’avenir que dans son unité et dans sa solidarité. Au lieu de former un gouvernement, il vaudrait peut-être mieux renforcer le rôle de la commission de l’UA pour qu’elle soit un véritable exécutif. Une commission qui parle au nom de l’Afrique et exprime la position de l’ensemble du continent. Il est temps, non de discuter d’un gouvernement africain, mais de trouver les moyens qui permettent à l’Afrique d’avancer vers l’intégration politique, économique et sociale dans l’intérêt de sa population.

Propos recueillis par Chérif Ahmed

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L’Union Africaine (UA) 

Regroupe 53 Etats membres et a succédé à l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), fondée en 1963 après l’accession à l’indépendance de la majorité des Etats africains.  

Proclamée en 2001 à Syrte, en Libye, lors d’un sommet extraordinaire de l’OUA. 

Lancée en 2002 en Afrique du Sud, avec pour ambition de devenir un outil d’intégration, de stabilité et de développement plus efficace pour le continent. 

Parmi les organes constitutifs de l’UA figurent la Conférence, organe suprême qui regroupe les chefs d’Etat et de gouvernement, la Commission, chargée de l’application des politiques de l’Union, et le Conseil exécutif .

Le Parlement panafricain, lancé en 2004, a été installé en Afrique du Sud. 

Le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS), lancé en 2004 sur le modèle du Conseil de sécurité de l’Onu, consacre, pour la première fois, le principe de l’ingérence africaine. Le CPS peut envoyer une mission de paix et recommander le déploiement d’une force en cas de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. 

L’UA a déployé plusieurs missions de paix sur le continent, au Burundi, aux îles Comores, au Soudan et en Somalie.

Le siège de l’UA se trouve à Addis-Abeba.

 




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