Al-Ahram Hebdo, Evénement | Mission difficile pour le NEPAD
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 2 au 8 juillet 2008, numéro 721

 

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Afrique. Ce partenariat a mis en relief la nécessité de son insertion au sein de l’UA. 

Mission difficile pour le NEPAD 

Il a été lancé il y a 7 ans. Le NEPAD se voulait alors une vision et un cadre stratégique pour la Renaissance de l’Afrique. Concrètement, ce « Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique » s’était fixé plusieurs objectifs. De l’éradication de la pauvreté vers une croissance durable en passant par le renforcement des capacités des femmes. Un mandat alors a été donné aux cinq Chefs d’Etat initiateurs : L’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Egypte, le Nigeria et le Sénégal pour travailler sur la mise en œuvre d’une large gamme de projets de développement économiques, sociaux, technologiques et environnementaux. Cette semaine à Charm Al-Cheikh, certains ont accusé le NEPAD de ne pas répondre aux problèmes de développement auxquels le continent est confronté, la pauvreté en particulier qui ne cesse de gagner du terrain. « C’est parce que réduire ou éliminer la pauvreté est un objectif noble en soi, et pour l’atteindre, il faut développer plusieurs autres systèmes : le niveau de l’éducation, de la santé et de la lutte contre la corruption. Aujourd’hui, il y a des millions et des millions d’adultes qui ne savent ni lire ni écrire. Alors, comment éliminer la pauvreté avec ce grand nombre d’analphabète », se demande Moussa Mohamad, membre de la délégation sénégalaise.

Le Nepad s’est-il fixé une mission impossible, surtout si les compétences des acteurs africains eux-mêmes posent problème. Lors de son discours, le président Moubarak s’est pourtant félicité des progrès enregistrés depuis le lancement du NEPAD en 2001 en Zambie et a souhaité une coopération constructive en matière de finances et d’industries. Moubarak a affirmé que le Nepad a réalisé beaucoup de progrès dans le cadre d’un accord appelé « le plan d’affaires africain ». Ce plan doit donner la priorité aux règlements des conflits, processus de paix et de sécurité et aux programmes de développement agricole. Ce dernier « est de plus en plus important à cause de la crise alimentaire et la hausse mondiale des prix des produits agricoles », précise Moubarak. L’idée aujourd’hui est de savoir comment mettre ce plan en action. La rencontre était l’occasion pour les Africains d’étaler leurs points de vue afin de sortir avec une vision unique qui pourra être transmise au sommet du G8 prévu le 7 juillet prochain à Hokkaido, au Japon. Les pays africains ont décidé de transmettre le dossier de la crise de l’énergie et de la nourriture aux pays les plus industrialisés.

En fait, le Japon avait promis de devenir le porte-voix de l’Afrique dans le but d’inscrire à l’agenda du sommet d’Hokkaido les préoccupations du continent noir. Mais le NEPAD fait face à un autre défi purement interafricain. Il s’agit de l’intégration du partenariat au sein de l’Union africaine. Les chefs d’Etat africains ont ainsi insisté sur la nécessité d’accélérer l’intégration de l’initiative du NEPAD qui est demeurée en dehors des structures de l’UA en dépit d’une décision prise à cet effet. « Cette finalisation apparaît comme une priorité au regard de l’exigence d’assurer cohérence et cohésion à l’action continentale en matière du développement socio-économique du continent », a affirmé le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Le président de la commission de l’UA, Jean Ping, a décidé de mettre en place une unité de coordination chargée d’élaborer une feuille de route pour une telle intégration « de façon à ce que la vision du NEPAD et ses concepts soient entièrement guidés par l’Union africaine et ses organes », affirme Ping. Car le NEPAD est avant tout un projet, qui a pour but ultime de combler le fossé séparant l’Afrique du reste du monde. Sous la houlette de l’UA ou non, le NEPAD semble avoir besoin d’un affinement de ses objectifs afin de lui permettre de mieux servir l’Afrique et sa population.

Chérif Ahmed

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