Afrique.
Ce partenariat a mis en relief la nécessité de son insertion
au sein de l’UA.
Mission difficile pour le NEPAD
Il
a été lancé il y a 7 ans. Le NEPAD se voulait alors une
vision et un cadre stratégique pour la Renaissance de
l’Afrique. Concrètement, ce « Nouveau partenariat pour le
développement de l’Afrique » s’était fixé plusieurs
objectifs. De l’éradication de la pauvreté vers une
croissance durable en passant par le renforcement des
capacités des femmes. Un mandat alors a été donné aux cinq
Chefs d’Etat initiateurs : L’Afrique du Sud, l’Algérie,
l’Egypte, le Nigeria et le Sénégal pour travailler sur la
mise en œuvre d’une large gamme de projets de développement
économiques, sociaux, technologiques et environnementaux.
Cette semaine à Charm Al-Cheikh, certains ont accusé le
NEPAD de ne pas répondre aux problèmes de développement
auxquels le continent est confronté, la pauvreté en
particulier qui ne cesse de gagner du terrain. « C’est parce
que réduire ou éliminer la pauvreté est un objectif noble en
soi, et pour l’atteindre, il faut développer plusieurs
autres systèmes : le niveau de l’éducation, de la santé et
de la lutte contre la corruption. Aujourd’hui, il y a des
millions et des millions d’adultes qui ne savent ni lire ni
écrire. Alors, comment éliminer la pauvreté avec ce grand
nombre d’analphabète », se demande Moussa Mohamad, membre de
la délégation sénégalaise.
Le Nepad s’est-il fixé une mission impossible, surtout si
les compétences des acteurs africains eux-mêmes posent
problème. Lors de son discours, le président Moubarak s’est
pourtant félicité des progrès enregistrés depuis le
lancement du NEPAD en 2001 en Zambie et a souhaité une
coopération constructive en matière de finances et
d’industries. Moubarak a affirmé que le Nepad a réalisé
beaucoup de progrès dans le cadre d’un accord appelé « le
plan d’affaires africain ». Ce plan doit donner la priorité
aux règlements des conflits, processus de paix et de
sécurité et aux programmes de développement agricole. Ce
dernier « est de plus en plus important à cause de la crise
alimentaire et la hausse mondiale des prix des produits
agricoles », précise Moubarak. L’idée aujourd’hui est de
savoir comment mettre ce plan en action. La rencontre était
l’occasion pour les Africains d’étaler leurs points de vue
afin de sortir avec une vision unique qui pourra être
transmise au sommet du G8 prévu le 7 juillet prochain à
Hokkaido, au Japon. Les pays africains ont décidé de
transmettre le dossier de la crise de l’énergie et de la
nourriture aux pays les plus industrialisés.
En fait, le Japon avait promis de devenir le porte-voix de
l’Afrique dans le but d’inscrire à l’agenda du sommet
d’Hokkaido les préoccupations du continent noir. Mais le
NEPAD fait face à un autre défi purement interafricain. Il
s’agit de l’intégration du partenariat au sein de l’Union
africaine. Les chefs d’Etat africains ont ainsi insisté sur
la nécessité d’accélérer l’intégration de l’initiative du
NEPAD qui est demeurée en dehors des structures de l’UA en
dépit d’une décision prise à cet effet. « Cette finalisation
apparaît comme une priorité au regard de l’exigence
d’assurer cohérence et cohésion à l’action continentale en
matière du développement socio-économique du continent », a
affirmé le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Le
président de la commission de l’UA, Jean Ping, a décidé de
mettre en place une unité de coordination chargée d’élaborer
une feuille de route pour une telle intégration « de façon à
ce que la vision du NEPAD et ses concepts soient entièrement
guidés par l’Union africaine et ses organes », affirme Ping.
Car le NEPAD est avant tout un projet, qui a pour but ultime
de combler le fossé séparant l’Afrique du reste du monde.
Sous la houlette de l’UA ou non, le NEPAD semble avoir
besoin d’un affinement de ses objectifs afin de lui
permettre de mieux servir l’Afrique et sa population.
Chérif Ahmed