Al-Ahram Hebdo, Evénement | Réagir à des maux complexes
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 2 au 8 juillet 2008, numéro 721

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Evénement

Afrique. Du 28 juin au 1er juillet, Charm Al-Cheikh a accueilli plusieurs réunions d’instances africaines. Le point fort de la semaine était le 11e sommet de l’Union africaine qui s’est tenu sur fond de crise alimentaire menaçant un continent déjà miné par des conflits politiques.  

Réagir à des maux complexes 

Plusieurs titres pour plusieurs rencontres. C’était une semaine Afrique, au vrai sens du terme. Les dirigeants africains se sont retrouvés au bord de la mer Rouge pour tenter de trouver des solutions aux problèmes qui guettent leurs pays. Et ceux-ci sont de toutes sortes, allant de la mauvaise gestion des ressources, aux rapports troubles avec les pays du nord, en passant par les conflits militaires et ethniques et la problématique de la démocratie. 

Au départ, on a parlé ressources et développement, s’agissant des questions les plus vitales, la clef permettant d’ouvrir les autres portes. Ainsi, l’accès à l’eau potable, à l’assainissement approprié et à l’hygiène envisagé comme un besoin essentiel et un droit fondamental pour tous les êtres humains ont figuré dans les débats entre la plupart des chefs d’Etat et de gouvernement africains réunis à Charm Al-Cheikh pour le 11e sommet de l’Union Africaine (UA).

Il porte d’ailleurs sur le thème de « La réalisation des objectifs du millénaire pour le développement, pour l’eau et l’assainissement ». Et pour réaliser ces objectifs du millénaire, le continent a besoin d’investissements annuels d’au moins 12 milliards de dollars. Jantes Komboyaya, ministre des Affaires étrangères de la République centrafricaine a déclaré à cet égard à Al-Ahram Hebdo, que le sujet de l’eau est extrêmement important parce que l’eau, c’est la vie. « Il est important que les chefs d’Etat africains réfléchissent sur la répartition et l’utilisation de l’eau, car il y a des régions africaines qui en possèdent beaucoup et d’autres qui en sont privées. Alors, il faut étudier comment on peut la répartir équitablement pour toutes les régions africaines » a-t-il ajouté. En fait, 43 % de la population de l’Afrique manque d’accès à l’eau pure et 62 % de sa population ne dispose pas de structures d’assainissement. C’est un grand défi pour les pays africains.

Cependant, selon les statistiques de l’Onu, l’Afrique dispose d’abondantes ressources en eau, dont seules 4 % sont exploitées, en raison de l’absence des investissements et d’infrastructures. Ces dernières années, les pays africains sont plus conscients de l’importance de l’eau et accordent une plus grande attention à son exploitation et à la mise en valeur de ses ressources.

En mars dernier, la première « Semaine de l’eau d’Afrique » a été organisée. C’est dire que ces derniers se rendent compte actuellement de l’impact de la sécurité des ressources en eau sur le développement économique et social. « Les Africains sont plus conscients de la situation qu’auparavant. L’Afrique d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier. Nous comprenons aujourd’hui à quel point cette question menace notre économie », relève-t-on au sein de la conférence.

 

Une prise de conscience

En fait, les crises mondiales ont poussé les pays africains à réfléchir comment réagir dans le bon sens. Pour Paul Neni, ministre togolais des Affaires étrangères, la montée des prix du baril de pétrole et celle des prix des produits de première nécessité ont interpellé les Africains pour revoir les bases de leurs économies et essayer de trouver une solution. « Il faut revoir les matières premières qui sont extraites du sol des pays africains. C’est notre richesse. Maintenant, la crise alimentaire doit nous pousser à réfléchir à trouver les solutions durables au continent », a expliqué Neni à l’Hebdo. Malgré ce regard optimiste de certains responsables africains, d’autres estiment toujours que l’Afrique n’a pas progressé et que le continent reste toujours celui d’il y a 20 ans. « Je trouve que l’on continue à penser négativement en Afrique », déclare à l’Hebdo Adama Samasiqou, secrétaire exécutif intérimaire de l’Académie africaine des langues. « C’est dramatique mais c’est la vérité. Notre système éducatif doit s’améliorer. La grande question pour le continent, c’est la formation de ses ressources humaines pour demain. Ce sont elles qui vont développer l’Afrique dans l’avenir. Il faut également remettre à l’ordre du jour, pas seulement à ce sommet, mais à chaque réunion africaine, la question du développement et de la démocratie dans le continent noir », a poursuit Samasiqou.

 

L’enjeu démocratique

En fait, pour certains observateurs  appartenant à des ONG africaines, depuis des années, les gouvernements ont régulièrement annoncé plusieurs engagements politiques sur le développement et la démocratie, mais rien n’a été fait. Les droits de l’homme sont  toujours violés, et il n’existe pas de système concernant le développement, ainsi que les conflits sont « de plus en plus nombreux dans le continent noir » souligne-t-on à ce sujet.

Pourtant, le chef de la diplomatie togolaise voit qu’il y a eu « des avancées significatives dans les domaines de la démocratie, et qu’il reste très peu de pays qui appliquent des politiques qui lui sont hostiles ». Plusieurs pays africains sont désormais convaincus que, s’ils veulent coopérer avec les pays industrialisés, il leur faudra renoncer aux politiques hostiles à la démocratie. Les pays industrialisés qui veulent investir dans des pays africains cherchent évidemment les pays qui appliquent un système démocratique.

L’union africaine a adopté la charte africaine sur la démocratie et la bonne gouvernance en janvier 2007. Cette charte est un document fondamental très important qui rassemble d’ailleurs tous les arguments qui ont été pris par tous les chefs d’Etat différemment, pour en faire un document solide consolidé. Cette charte comporte beaucoup d’éléments sur la démocratie.

« Je crois que l’on va rejoindre les pays développés. Ces derniers ont pris la voie de développement petit à petit, et non pas d’un seul coup. Je suis conscient que l’on va prendre le même chemin », nous a certifié  le chef de la diplomatie de la République centrafricaine. Pour lui, toutes les choses ne sont pas parfaites dans les pays industrialisés et même dans le domaine des élections. A titre d’exemple, l’élection du président américain George Bush.

D’autre part, certains observateurs soulignent que les conflits en Afrique s’expliquent parfois par les enjeux électoraux, et d’autres fois par des questions de rivalités frontalières et ethniques (Lire page 4).

 

La gangrène des conflits

Le président Hosni Moubarak a déclaré dans ce sens que, malgré le recul des conflits par rapport aux années 1990, il existe des conflits préoccupants, rappelant celui du Darfour (ouest du Soudan), celui entre le Soudan et le Tchad, ainsi que celui de l’Erythrée et de Djibouti, en plus de la situation critique en Somalie. Il a indiqué que la question des conflits en Afrique occupait 60 % environ de l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

En fait, il faut coordonner les efforts entre l’UA et les organisations internationales en vue de travailler sur les foyers de tension en Afrique. Un diplomate africain a demandé  que « les pays développés partagent les responsabilités de cette situation et aident les Africains à régler ces conflits ». Et d’ajouter, que ce ne sont pas seulement les conflits entre les Africains dont les pays développés sont à l’origine, mais ces derniers sont également derrière la crise alimentaire qui ravage le monde actuellement.

En fait, le président Moubarak a invité la communauté internationale à prendre ses responsabilités dans la recherche d’une solution à la crise alimentaire. « Il faut  trouver une solution à l’actuelle crise alimentaire à travers un dialogue sincère et constructif et des démarches collectives. L’Afrique est l’une des régions du monde les plus touchées par la crise alimentaire et celle des biocarburants, la hausse des prix des énergies et le réchauffement du climat à l’échelle mondiale », a-t-il déclaré. Moubarak a enfin souligné l’importance pour l’UA de développer le partenariat avec d’autres pays et régions, afin de relever ces nombreux défis.

Chérif Ahmed

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.