Journalisme.
A quoi ressemblera la presse de demain en Egypte ? Dans une
thèse de doctorat soutenue tout récemment, le PDG de la
fondation Al-Akhbar, Mohamad Ahdi
Fadli, tente d’apporter quelques
réponses.
Vers des publications électroniques
Selon
Mohamad Ahdi
Fadli, la presse de demain sera
plus adaptée aux exigences de la technologie et de
l’environnement. « La thèse que je viens de soutenir est une
thèse tournée vers l’avenir, et plus précisément l’avenir
proche », souligne Ahdi
Fadli. « L’idée du sujet m’est
venue dans les années 1980 quand les institutions de presse
ont dû traverser une période de transition pour passer à
l’impression en offset », indique Fadli
en ajoutant qu’il y a eu alors tellement de difficultés que
certaines institutions étaient incapables de tenir le coup.
Cette période de transition a duré jusqu’à l’arrivée d’une
nouvelle génération qui s’est montrée suffisamment habile
pour utiliser cette nouvelle technique. « Dans le temps, on
n’accordait pas beaucoup d’intérêt au capital humain,
aujourd’hui il ne faut pas tomber dans le même piège parce
que les hommes sont le vrai trésor que possède le pays »,
affirme-t-il. En rédigeant son article, le journaliste doit
recourir aux nouvelles techniques, c’est-à-dire savoir
comment exploiter les multimédias et être apte à accomplir
personnellement toutes les étapes nécessaires jusqu’à ce que
l’article voie le jour. « C’est bien ce que nous avons
commencé à faire avec les étudiants de l’académie de Akhbar
Al-Yom. Notre objectif c’est de former un journaliste à même
de s’occuper de l’article de A à Z », explique
Fadli.
Mais
le défi qui se pose le plus à la presse de demain, c’est
l’environnement. En effet, la presse du futur devra se
conformer de plus en plus aux exigences de la protection de
l’environnement. Les grandes institutions devront se
départir des édifices gigantesques comme ceux d’Akhbar
Al-Yom ou d’Al-Ahram — pour ne
citer qu’eux — qui du point de vue écologique consomment
énormément d’énergie pour fonctionner, ce qui pollue
l’environnement. Par exemple, ces institutions disposent de
plusieurs centaines de véhicules qui font des trajets
quotidiens pour la distribution des journaux dans les
différents gouvernorats et contribuent largement à
l’aggravation de la crise de la pollution. Ceci sans compter
ceux des journalistes et des employés qui se rendent à ces
édifices, en plein centre-ville, tous les jours de la
semaine. Selon Fadli, il faut
envisager des alternatives en s’orientant vers des
publications électroniques. « La presse imprimée est nocive
à l’environnement », indique Fadli.
« Pour produire une tonne de papier, nous avons besoin de
couper 17 arbres dont l’âge varie entre 50 et 70 ans en
moyenne, ce qui accélère le rythme de la déforestation. Le
lendemain de sa parution, un journal devient inutile, en
d’autres termes, il se transforme en déchets, ce qui crée un
autre problème pour l’environnement concernant la collecte
et le recyclage », conclut-il.
Dalia
Abdel-Salam