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 Semaine du 2 au 8 juillet 2008, numéro 721

 

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Dossier

 

3 questions à
Sultan Abou-Ali,
ancien ministre de l’Economie,
 l’un des opposants à la vente de la Banque du Caire.

 

« Je suis d’accord avec l’évaluation élevée de la banque »

 

Al-Ahram Hebdo : Que pensez-vous de l’annulation de la vente de la Banque du Caire ? Le gouvernement a-t-il bien réagi ?

Sultan Abou-Ali : Le gouvernement a bien réagi en annulant la vente. Il n’a pas voulu être accusé d’abus de fonds publics en cas de vente à un prix inférieur à celui de son évaluation. J’étais contre le scénario de vente de la Banque du Caire. Le déroulement des décisions révélait une grande confusion. En premier lieu, la décision gouvernementale de la fusion de la Banque du Caire avec la Banque Misr et ensuite la déclaration de son acquisition par cette dernière, et enfin la décision de sa privatisation. Ce revirement est un indice que la vision du gouvernement n’était pas claire. Il croyait qu’il pourrait en quelques mois se débarrasser des problèmes financiers en transférant le dossier des insolvables à la Banque Misr pour la préparer à la vente. L’affaire était plus compliquée puisque le transfert des insolvables n’a fait que détériorer la performance de la Banque Misr, elle-même chargée de la restructuration de la Banque du Caire. Résultat : celle-ci a trébuché, sans compter la grosse lacune des employés non formés. Tout cela s’est traduit en offres d’achat très modestes. Toutefois, le refus de la vente vient en faveur du gouvernement car il donne plus de chance pour la restructuration et stimule ainsi l’opinion publique opposée à ce dossier.

— Pour beaucoup, l’échec de la transaction est dû à la surévaluation de la banque par le gouvernement. Qu’en pensez-vous ? Et quel sera l’avenir de la transaction ?

— Je suis tout à fait d’accord avec l’évaluation élevée de la banque (2,5 milliards de dollars). Cette dernière a une spécificité, car elle est un héritage populaire, et sa fonction est très importante comme étant la banque des pauvres. Quant à l’avenir de la banque, la transaction sera reportée aux deux ou trois prochaines années. Le gouvernement devrait réviser son évaluation, une procédure qui prend au moins un an. La révision de l’évaluation sera une grande opportunité pour les banques égyptiennes privées intéressées par son achat.

L’Agence internationale de rating Moody’s a révisé son évaluation de l’économie égyptienne de stable à négatif. Quel sera l’impact donc sur le secteur bancaire ?

— Ce type de rapports signifie que l’économie internationale perd sa confiance en l’économie égyptienne puisque tous les indices économiques sont en recul dont le plus flagrant est la hausse du taux de l’inflation annuel à 21 %. La révision de l’évaluation de stable à négatif affectera sans doute le marché financier à court terme, y compris le secteur bancaire. Mais cela ne durera pas trop longtemps puisque les investisseurs arabes ont encore les yeux rivés sur ce secteur qui a un énorme potentiel de croissance.

Propos recueillis par Dahlia  Réda

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