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questions à
Sultan Abou-Ali,
ancien ministre de l’Economie,
l’un des opposants à la vente de la Banque du Caire.
« Je suis d’accord avec l’évaluation élevée de la banque »
Al-Ahram Hebdo : Que pensez-vous
de l’annulation de la vente de la Banque du Caire ? Le
gouvernement a-t-il bien réagi ?
Sultan Abou-Ali : Le
gouvernement a bien réagi en annulant la vente. Il n’a pas
voulu être accusé d’abus de fonds publics en cas de vente à
un prix inférieur à celui de son évaluation. J’étais contre
le scénario de vente de la Banque du Caire. Le déroulement
des décisions révélait une grande confusion. En premier
lieu, la décision gouvernementale de la fusion de la Banque
du Caire avec la Banque Misr et ensuite la déclaration de
son acquisition par cette dernière, et enfin la décision de
sa privatisation. Ce revirement est un indice que la vision
du gouvernement n’était pas claire. Il croyait qu’il
pourrait en quelques mois se débarrasser des problèmes
financiers en transférant le dossier des insolvables à la
Banque Misr pour la préparer à la vente. L’affaire était
plus compliquée puisque le transfert des insolvables n’a
fait que détériorer la performance de la Banque Misr,
elle-même chargée de la restructuration de la Banque du
Caire. Résultat : celle-ci a trébuché, sans compter la
grosse lacune des employés non formés. Tout cela s’est
traduit en offres d’achat très modestes. Toutefois, le refus
de la vente vient en faveur du gouvernement car il donne
plus de chance pour la restructuration et stimule ainsi
l’opinion publique opposée à ce dossier.
— Pour beaucoup, l’échec de la transaction est dû à la
surévaluation de la banque par le gouvernement. Qu’en
pensez-vous ? Et quel sera l’avenir de la transaction ?
— Je suis tout à fait d’accord avec l’évaluation élevée de
la banque (2,5 milliards de dollars). Cette dernière a une
spécificité, car elle est un héritage populaire, et sa
fonction est très importante comme étant la banque des
pauvres. Quant à l’avenir de la banque, la transaction sera
reportée aux deux ou trois prochaines années. Le
gouvernement devrait réviser son évaluation, une procédure
qui prend au moins un an. La révision de l’évaluation sera
une grande opportunité pour les banques égyptiennes privées
intéressées par son achat.
— L’Agence internationale de rating Moody’s a révisé son
évaluation de l’économie égyptienne de stable à négatif.
Quel sera l’impact donc sur le secteur bancaire ?
— Ce type de rapports signifie que l’économie internationale
perd sa confiance en l’économie égyptienne puisque tous les
indices économiques sont en recul dont le plus flagrant est
la hausse du taux de l’inflation annuel à 21 %. La révision
de l’évaluation de stable à négatif affectera sans doute le
marché financier à court terme, y compris le secteur
bancaire. Mais cela ne durera pas trop longtemps puisque les
investisseurs arabes ont encore les yeux rivés sur ce
secteur qui a un énorme potentiel de croissance.
Propos recueillis par
Dahlia Réda