Secteur Bancaire.
La Banque Centrale d’Egypte incite les banques à renforcer
leur situation financière, ce qui ouvre la porte à une
nouvelle vague de fusions et acquisitions.
Restructuration à venir
Après
la première vague de fusions et d’acquisitions, le nombre
des banques en Egypte est aujourd’hui passé à 41, contre 63
banques en 2004, suite à plus de 15 opérations. Les
acquéreurs, des banques régionales, ont aussi ouvert de
nouvelles agences dans les différentes villes du pays. Mais
la Banque Centrale d’Egypte (BCE) a introduit récemment deux
mesures importantes pour réguler cette activité. Il a imposé
qu’une nouvelle agence soit dotée d’un capital minimum de 20
millions de L.E. Par ailleurs, il a exigé aux banques
d’investir 5 % de leurs capitaux pour créer des fonds
d’investissements.
Selon Radwa Al-Sérafi, analyste du secteur bancaire auprès
de la banque d’investissement Beltone Financial, la BCE
adopte ainsi une nouvelle stratégie. Il s’agit d’engager
indirectement les banques à augmenter leur capital pour
dépasser le minimum requis des 500 millions de L.E., en
liant leurs activités à « l’efficacité de leurs capitaux.
C’est-à-dire que le rapport entre les droits des
actionnaires et le total des actifs de la banque doit rester
dans les mêmes proportions », dit Al-Sérafi, en ajoutant que
par l’application de ces nouvelles conditions, les banques
égyptiennes seront mieux à même de répondre aux critères
internationaux de l’octroi des crédits.
Opinion partagée par un expert qui a requis l’anonymat : il
dévoile que la BCE a entrepris ces mesures, car les nouveaux
entrants sur le marché n’ont pas rempli leurs engagements
vis-à-vis la BCE concernant l’augmentation de leur capital.
Mahmoud Abdel-Aziz, l’adjoint du gouverneur de la BCE,
souligne que certaines banques ont augmenté leur capital
au-dessus du taux minimum fixé par la BCE pour varier entre
800 millions et 1 milliard de L.E. Alors que quelques
grandes banques privées telles que la banque libanaise Bloom
et PNB Parisbas n’ont pas entrepris cette étape.
La BCE tente de remédier à un autre déséquilibre concernant
les crédits. Car elle a découvert, lors de la révision
annuelle des bilans, que certaines banques s’étaient lancées
dans l’octroi de crédits de financement immobilier, avec
remboursement sur 10 ans, alors que leurs actifs, surtout
les dépôts sont à terme de 5 ans seulement. C’est pourquoi,
la BCE a limité l’octroi de ce genre de crédit à 5 % du
capital de la banque.
Ces nouvelles règles représentent la seconde vague de
réformes et font également partie du plan de réforme
bancaire adopté par la BCE en 2004 visant à restructurer le
secteur en vue de créer des grandes entités compétentes. Le
nombre de banque en Egypte devrait passer fin 2009 à 25
banques. « Je prévois un nouveau changement de la structure
du marché. Les banques de mauvaises performances n’auront
que le choix de fusionner avec d’autres plus performantes »,
estime Ismaïl Hassan, ancien gouverneur de la BCE et
président de la banque Misr Iran.
(voir
encadré).