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Secteur Bancaire.
La Banque du Caire n’a pas trouvé d’acquéreur et demeure sur
les bras du gouvernement qui doit procéder à une
réévaluation de sa valeur. Un échec à multiples
répercussions. Dossier.
Une privatisation
qui a tourne court
Deux
causes principales sont à l’origine de l’échec inattendu de
la privatisation de la Banque du Caire, troisième banque
publique : la surévaluation faite par le gouvernement et la
mauvaise performance de la banque. « L’évaluation du
gouvernement effectuée il y a un an devrait être révisée
avant l’adjudication. Le montant de 2,5 milliards de dollars
est trop exagéré pour la Banque du Caire. Par ailleurs, la
majorité des banques étrangères vivent une mauvaise année,
en raison des retombées de la crise des subprimes aux
Etats-Unis et sont ainsi affectées par des dépréciations de
leurs actifs », explique Hani Tewfiq, PDG de la banque
d’investissement Naim Group, et de souligner que cette crise
a contraint les banques américaines à passer entre 100 et
130 milliards de dollars de dépréciations d’actifs. Mohamad
Noureddine, ex-directeur de recherches auprès de la Banque
arabe, assure qu’il vaut mieux que le gouvernement attende
au moins trois ans, le temps que le climat d’investissement
international s’améliore. « Le gouvernement devra réévaluer
la valeur de la banque, une procédure qui prend au moins un
an. Cette période sera une grande opportunité pour les
banques égyptiennes privées qui pourront ainsi former des
cartels en vue de trouver un acquéreur », renchérit-il.
Cependant, pour Tewfiq, le gouvernement aurait dû accepter
l’offre de la banque grecque « car il y a un risque que la
valeur de la Banque du Caire baisse davantage, si l’on
révise son évaluation ».
Il est vrai que la performance de la Banque du Caire laisse
à désirer. Contrairement à la Banque d’Alexandrie, vendue à
San Paolo en 2006, celle-là n’a pas réussi à mener à bien
son plan de restructuration. Même si Mohamad Barakat, PDG de
la Banque Misr, assure que la Banque du Caire a amélioré sa
performance après la fusion avec la Banque Misr : « Le
plan de restructuration de la Banque du Caire continue. Nous
avons résolu tous les problèmes et nous espérons avoir de
bons résultats qui seront publiés le plus vite possible »,
explique-t-il, en ajoutant que le dossier des crédits
insolvables s’élevant à 15 milliards de L.E., et
représentant le problème le plus grave, a été transféré à la
Banque Misr.
Cependant, le peu de chiffres disponibles révèlent que la
part du marché de cette banque a rétréci lors de cette
dernière année.
Son agence située au centre-ville, rue Adli, en est le
meilleur exemple. On ne se bouscule plus aux portes. «
L’activité de la banque se limite à payer les retraites et à
accorder de petits prêts aux fonctionnaires avec un taux
d’intérêt inférieur à celui de nos concurrents », avoue
Mohamad Oweis, ex-vice-directeur auprès de la Banque du
Caire (voir encadré).
Le ciel de la Banque Misr sera-t-il plus dégagé d’ici un an
? Le gouvernement l’espère et table sur la réussite du plan
de restructuration et donc sur un prix à la hausse. Or, ce
plan souffre de beaucoup de lacunes (voir encadré). Sans
compter que la conjoncture mondiale risque de se détériorer
davantage. Et pour une grande partie de l’opinion publique,
il vaut mieux que la banque reste égyptienne, qu’elle soit
publique ou privée.
Dossier réalisé par Dahlia Réda et Gilane Magdi
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Une situation lamentable
« Pourquoi voulez-vous publier un article sur le statut de
la banque ? Cela aura un impact négatif sur la vente », nous
a lancé un responsable de la banque, une semaine avant
l’échec de la vente de la Banque du Caire. Un an après le
début de sa restructuration, cette banque fragile, bien que
sous la tutelle de la Banque Misr, est passée par une longue
démarche suite à la décision gouvernementale de la fusionner
avec la Banque Misr avant de revenir sur sa décision pour
passer de la fusion à l’acquisition. Pour finir, on a décidé
de la vendre, une mesure qui a été désapprouvée par les
différents secteurs de l’opinion publique même les plus
libéraux. Une opposition justifiée par la faible performance
de la banque. Les profits nets de la banque, qui n’ont pas
été publiés depuis 2005, se chiffrent à 56 millions de L.E.
en 2004/2005 contre 54,9 millions de L.E. en 2003/2004. Une
évolution très faible. D’ailleurs, le quotidien indépendant
Al-Masri Al-Yom a dévoilé le
recul des activités de la banque. Le total du montant des
dépôts a reculé de 3,6 millions de L.E. pour atteindre 34,04
millions de L.E. en mars 2008 contre 38,6 millions de L.E.
en juin 2007. « Ce recul est le résultat de la décision de
la vente de la banque. Certains clients ont préféré retirer
leur argent alors qu’une minorité s’est abstenue d’ouvrir
des nouveaux comptes », explique Ahmad
Qoura, ex-président de la banque Al-Watani
Al-Masri, en ajoutant que les
caisses d’épargne ont également reculé de plus de 1,6
million de L.E. depuis juin 2007 et jusqu’à mars 2008. En
revanche, la position de la liquidité en livres égyptiennes
a beaucoup progressé au sein de la banque. La meilleure
preuve est le recul du déficit de 1,2 milliard de L.E. en
juin 2007 à 30,3 millions de L.E. en mars 2008. Cette
progression est le résultat du plan de restructuration
financière adoptée par la Banque Misr après la fusion. Cette
dernière s’est transféré le portefeuille des crédits
insolvables de la Banque du Caire, évalués à 15 milliards de
L.E. (dont 5,3 milliards ont été remboursés). De plus, le
gouvernement a remboursé les dettes du secteur publique des
affaires (1,2 milliard de L.E.) auprès de la Banque du
Caire. La Banque du Caire, troisième banque publique du pays
possède un réseau de 215 agences et une part du marché de 6
%. Le président de la Banque Misr, Mohamad Barakat, assure
que seulement 11 agences ont été transférées à la Banque
Misr, dont 5 branches existent dans les pays arabes. Quant à
la position des employés, plus de 7 000 employés ont quitté
la banque en retraite anticipée durant l’année 2007. Il ne
reste actuellement que 5 000 employés seulement qui n’ont
subi aucune formation.
Les dessous d’une vente avortée
Après un an d’attente, le gouvernement égyptien a surpris le
marché en annulant mercredi dernier la vente de 67 % de la
Banque du Caire, troisième banque publique. « Les offres
proposées ont été en dessous de l’estimation du comité
d’évaluation », a déclaré Mohamad Barakat, PDG de la Banque
Misr, lors de la conférence de presse tenue le 25 juin après
l’échec de l’adjudication.
Les détails de cet échec sont encore plus étonnants. La
liste des 5 banques candidates a été réduite à 3 noms, à
savoir la National Bank of Greece, l’émiratie Mashreq Bank,
un consortium de la saoudienne Arab National Bank et sa
filière jordanienne l’Arab Bank Group. La Standard Chartered
PLC et Samba (saoudienne) se sont retirées trois jours avant
l’adjudication. Puis, la journée prévue pour l’adjudication
a vite pris fin après que les deux banques arabes se sont
aussi retirées. Leurs offres respectivement de 1,2 et 1,3
milliard de dollars ont en effet été fermement rejetées. La
banque grecque, qui offrait quand même 1,35 milliard, s’est
donc retrouvée seule, ce qui n’a pas plu aux vendeurs.
La National Bank of Greece avait au début proposé 1,9
milliard de dollars pour l’achat de 100 % de la banque. Mais
« le comité responsable de la vente nous a demandé, lors des
longs cycles de négociations, d’augmenter le montant de
l’achat à 2,02 milliards de dollars », confie une source
auprès de la National Bank of Greece qui a requis
l’anonymat. Il a qualifié d’intransigeant le comité
responsable de la vente soulignant que sa banque estimait
impossible d’élever ce montant « car après l’achat, la
banque devra financer le processus de restructuration des
agences, ce qui est un investissement énorme », ajoute-t-il.
Dans l’autre camp, le comité de vente perçoit les offres
reçues comme bien en dessous des estimations de la Banque du
Caire effectuée par le Conseil des ministres il y a un an.
Ce
dernier l’a
évaluée à 2,5 milliards de
dollars.
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