Festival National du Théâtre.
La troisième édition (5-16 juillet) est marquée par un
nombre croissant de spectacles. Une trentaine de pièces,
majoritairement jeunes, sont au menu.
Une fraîcheur propre à l’âge
Le
festival soulève des controverses depuis son lancement en
2006. Comment placer amateurs et professionnels sur un même
pied d’égalité ? Reconnaît-on les troupes indépendantes et
libres ? Est-ce injuste de comparer les pièces produites par
les théâtres de l’Etat et celles du théâtre privé ou
universitaire ?
Si les prix décernés lors de la première édition ont
encouragé certains jeunes indépendants, ceux de la deuxième
édition ont tenté de créer un équilibre entre les jeunes
débutants et les noms confirmés.
Cette édition, dédiée à l’homme de théâtre récemment disparu
Saad Ardach, rend également hommage à d’autres figures de
proue comme Samir Khafagui, Ragaa Hussein, Sanaa Fathallah,
et feu, Nabil Al-Alfi … S’ajoute à la liste des honorés,
Hoda Wasfi, la directrice du centre Hanaguer (qui continue à
soutenir financièrement les jeunes créateurs, en dépit des
travaux de restauration).
Les stars s’abstiennent cette année, et la plupart des
productions participantes sont l’œuvre d’une jeune
génération qui commence à percer. Certains optent pour les
adaptations classiques et littéraires, tels Hicham Atwa
lequel a monté Les Misérables de Victor Hugo, Adel Hassan
qui donne La Mort accidentelle d’un anarchiste de Dario Fo,
Sameh Bassiouni avec Les Incendiaires de Max Frisch et
Mohsen Rizq adaptant Le Chant du courlis de Taha Hussein.
L’Université de Aïn-Chams présente aussi deux spectacles
classiques Romeo et Juliette et Jeanne d’Arc.
Suivant
la vogue des adaptations littéraires, le Centre Hanaguer
présente Oscar et la dame en rose d’Eric Emmanuel Schmit,
selon une mise en scène de Hani Al-Métnaoui ainsi que deux
autres spectacles de jeunes troupes indépendantes. Des
spectacles qui introduisent non seulement des jeunes
metteurs en scène, mais aussi des comédiens et plusieurs
nouveaux talents qui ont émergé tout au long de l’année.
Il s’agit d’une solution pour contrer les cachets élevés des
stars et leurs caprices. Ainsi, le metteur en scène, Khaled
Galal a eu recours aux jeunes du Centre de la créativité
artistique (Ibdae), qu’il a lui-même formés dans son Studio
de l’acteur (à savoir : Magued Al-Kedouani, Noha Lotfi,
Bayoumi Fouad, etc. ). Galal a eu aussi recours à des jeunes
chorégraphes : Diaa Chafiq, et Mohamad Moustapha, à la
styliste Marwa Auda (voir article ci-dessous sur la pièce
Qahwa Sada ou Café sans sucre)
Le chorégraphe et metteur en scène Adel Abdou a opéré son
casting à travers les feuilletons et les émissions
télévisés, comme c’est le cas avec Rim Al-Baroudi, et Chérif
Madkour. Deux comédiens qui ont fait leur première
apparition sur les planches à travers Zay Al-foll au théâtre
Al-Balloun.
L’académicien et metteur en scène, Sanaa Chafie, après 20
ans d’absence, retourne avec une production du Théâtre
National, Romeo et Juliette, mettant en avant les jeunes
diplômés de l’Académie des arts. Mais malheureusement, la
pièce qui vient de commencer quelques jours avant le
festival a donné la parole à des débutants qui manquent
d’expérience et de talent.
L’Organisme des Palais de la culture, l’Association des
amateurs du théâtre et le Centre de la créativité artistique
(Ibdae) ont produit à leur tour des pièces jeunes de A à Z.
Seulement, deux ou trois spectacles rompent avec l’étiquette
jeunesse ; ils sont produits par le théâtre de l’Etat :
Histoire d’amour joué par Sami Abdel-Halim et monté par Hani
Metawie et Une Tourterelle blanche de Hassan Abdel-Salam
basé sur l’interprétation des chanteurs vedettes Ali Al-Haggar
et Hoda Amar.
May
Sélim