Al-Ahram Hebdo, Voyages | Voyage au cœur  de la grâce
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 Semaine du 16 au 22 juillet 2008, numéro 723

 

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Voyages

Livre. Quel statut avaient les reines d’Egypte, une question que pose un nouvel ouvrage publié par l’AUC Press et qui témoigne non seulement de la splendeur de ces reines, mais aussi de celle de la femme en général.  

Voyage au cœur  de la grâce 

L’Unique, la bien-aimée, la sans pareille

La plus belle du monde,

Regarde-la semblable à l’étoile brillante de l’an nouveau,

au seuil d’une belle année

 

celle dont brille la grâce, dont la peau rayonne,

A des yeux au regard clair

et des lèvres au doux parler,

Jamais elle ne prononce une parole superflue

 

Elle, dont le cou est long, la poitrine lumineuse,

Possède une chevelure de lapis véritable,

Ses bras surpassent l’éclat de l’or,

Ses doigts sont semblables aux calices des lotus.

 

Un chant d’amour de l’Egypte ancienne témoignant du rang qu’occupaient les femmes, reines, princesses, prêtresses, paysannes, femmes au foyer, musiciennes. Si aujourd’hui elles sont célébrées à Monte Carlo, un ouvrage « The Queens of Ancien Egypt » de Rosana Pirelli, publié par l’AUC Press, tente de répondre à peu près à la même question que celle de l’exposition. Ces reines étaient-elles égales à leurs homologues masculins, beaucoup plus nombreux. La royauté féminine était-elle exceptionnelle ? Voire était-elle légale ? Dans l’ouvrage on met l’accent sur un paradoxe. L’historien égyptien Manethon, auteur de listes chronologiques et qui fut grand prêtre d’Héliopolis sous Ptolémée et Soter (305-282 av. J.-C.), a évoqué la légitimité du règne féminin. Mais l’auteure de l’ouvrage évoque l’un des mythes fondateurs, celui d’Isis et Osiris, où la déesse après la mort de son époux tué par Seth, ayant retrouvé les fragments de son époux, les réunit et put donner naissance à un fils Horus.

De plus, la langue égyptienne n’avait pas de mot spécifique ou séparé pour dire reine. Malgré tout, les femmes furent nombreuses à s’associer aux responsabilités royales pour plus de 3 000 ans dans ce pays qui fut sans doute le plus puissant du Moyen-Orient antique. De toute façon, la question est posée par le livre et au fil de la lecture, on se rend compte de la diversité et de la complexité de la donne. Mais il est sûr qu’une Hatchepsout est l’une des reines les plus brillantes de l’histoire avec son expédition à Pount, qu’une Hetephérés, Néfertiti ou Néfertari sont des figures quasi légendaires, témoignant d’un statut féminin qui dépasse celui de la plupart des civilisations antiques. L’ouvrage est de toute façon d’une grande richesse avec des illustrations magnifiques où se manifestent la splendeur des femmes célèbres, leur accoutrement d’or et de bijoux très riches et surtout d’un goût et d’une esthétique des plus raffinés.

Et la suite du poème est bien révélatrice : 

Celle dont les reins sont alanguis, et les hanches minces,

Celle dont les jambes défendent la beauté,

Celle dont la démarche est pleine de noblesse, lorsqu’elle pose les pieds sur terre

De son baiser me prend le cœur.

Ahmed Loutfi

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The Queens of Ancient Egypt,

de Rosanna Pirelli.

Introduction de Dorothea Arnold,

AUC Press,

Cairo 2008.

 




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