La discipline qui nous fait défaut
Morsi Attalla
Il
existe un énorme fossé entre le développement de l’Europe et
des Etats-Unis et l’arriération qui sévit dans notre nation
comme une maladie maligne inguérissable. Cependant, ceux qui
prennent les sociétés occidentales comme exemple du
développement ont tendance à exagérer au point de les
présenter comme une incarnation de l’utopie. Ces sociétés
humaines ont elles aussi leurs défauts et leurs erreurs.
Elles regorgent de différentes formes de corruption et de
pots-de-vin ainsi que de tous genres de crimes politiques et
sociaux.
Mais ceci n’empêche qu’il faut reconnaître que ces sociétés
occidentales développées possèdent de nombreux aspects
positifs qui nous font défaut. En effet, elles sont régies
par des systèmes et des critères qui, en fin de compte,
assurent l’atmosphère saine et sereine indispensable à faire
tourner la roue du travail et de la production. Et ce, sous
une ombrelle de règlements stricts et sévères autour de la
sanction et de la récompense loin de tout sentiment, de tout
favoritisme ou de toute complaisance.
Grâce à ces systèmes et critères, ces sociétés ne
connaissent dans aucun lieu de travail le surplus de
main-d’œuvre. Elles n’acceptent pour aucune raison de perdre
une seule minute des heures de travail. Dans les lieux de
travail et de production disparaissent totalement les
complications routinières et les obstacles bureaucratiques.
Leur méthode pour assurer des offres d’emploi est totalement
éloignée de l’emploi social qui ouvre la porte à la
main-d’œuvre excédante et au chômage masqué. Les sociétés
occidentales ont plutôt tendance à créer de nouveaux projets
et de nouvelles agglomérations urbaines pouvant assimiler
les personnes cherchant des emplois et désireuses de trouver
un logement et de commencer une nouvelle vie loin des
embouteillages et de la cherté des vieilles grandes villes.
Nous avons commencé depuis quelques années à adopter cette
tendance. Cependant, le rythme est de loin inférieur au
volume du défi pour des raisons sociales, démographiques et
culturelles auxquelles il faut remédier et qu’il faut
changer le plus vite possible.
Dans ce contexte, il est indispensable d’établir une
séparation entre notre besoin de profiter des expériences
des autres et celui de nous arrêter, d’adopter les
politiques d’autoflagellation. Nous devons réaliser le
danger que représente l’exagération des défauts de nos
sociétés. Nous ne sommes pas sans ressources ni sans
compétences. Tout ce dont nous avons besoin est de nous
empresser de retrouver la capacité d’organiser nos rangs et
de régler les roues du travail sous l’ombrelle de la
précision, du sérieux et de la discipline.
Les éléments égyptiens honorables dans les divers pays du
monde et dans les différentes spécialisations confirment le
génie des Egyptiens qui ont besoin d’une atmosphère
administrative sévère et d’une atmosphère médiatique
prometteuse pour s’épanouir.
Les Egyptiens qui ont pris la décision de partir vers
l’inconnu, vers des sociétés aux cultures et aux langues
différentes de notre culture et de notre langue, ne
portaient avec eux que l’insistance à prouver leurs
compétences. Ceci les a aidés à s’adapter rapidement à ces
sociétés selon leur rythme de vie précis et minutieux qui
nous fait défaut: